Marcel Jousse

chercheur, anthropologue, pédagogue

Auteur : Administrateur du site (Page 2 of 7)

Jean-Rémi Lapaire : un linguiste qui rejoint l’anthropologie du geste

Jean-Rémi Lapaire étudie et enseigne la linguistique anglaise et les études gestuelles à l’Université de Bordeaux.

Dans cette intervention au colloque « L’homme est mémoire » (2014), il nous présente différents exemples de gestes présents dans l’expression corporelle spontanée que nous avons lorsque nous communiquons avec autrui. Il retrace également les apports à ses recherches d’auteurs n’ayant pas connu les travaux de Jousse tels que Birdwhistel, Goffman, Malinowski. Il présente enfin ce qu’il retire de la pensée de Jousse dans sa pratique d’enseignant de l’anglais, en lien avec les travaux de James Asher, du phonéticien Dennis Fry, et de Kendon.

La vidéo sur le site de l’Université Bordeaux Montaigne

Psychologie de l’enseignement : Le contact avec l’auditeur individuel

 

Nous partageons ici la transcription du cours de Marcel Jousse à la Sorbonne, le 23 janvier 1936. C’est un cours émouvant et passionnant dans lequel il s’analyse lui-même en tant que professeur s’efforçant d’être réellement en relation avec son auditoire.

Il fait partie de la 6ème année de son enseignement libre à la Sorbonne, qui a pour thème général :

La Psychologie du Geste et la Psychologie de l’Enseignement

Les titres des cours précédents sont :

  1.  Mimisme humain et Psychologie de l’Enseignement
  2.  Le Sens des Mots et l’Expression individuelle
  3.  L’Action des Mots et la Déformation individuelle
  4.  L’Illusion de la « Communication » des Idées
  5.  La Sympathie intellectuelle de l’Auditeur

Télécharger le cours intégral

L’introduction :         De l’Auditeur collectif à l’Auditeur individuel

En préparant l’introduction à cette conférence, je n’ai pu m’empêcher de me souvenir de la première conférence que nous avons eue ici, il y a six ans, je me souviens que le long des grands vestibules de la Sorbonne, je ressentais une certaine émotion parce qu’aussi sûr soit-on du sujet qu’on doit enseigner, il y a un contact qui est toujours redoutable : c’est ce que nous avons appelé le contact collectif avec l’Auditeur.

C’est la première fois que l’homme se présente devant une Assemblée de professeurs et d’étudiants. Pendant les premières phrases qui doivent toujours constituer l’entrée en matière d’une leçon bien ordonnée, on voit en face de soi un peu ce qu’on aperçoit certains matins, lorsque, sur le haut d’une colline, on essaie de distinguer le paysage qui vous entoure. Il a une sorte de brouillard très fin, très délicat, irradiant la sympathie sans doute, mais du brouillard tout de même.

Et c’est un peu cela que vous avez senti, que nous avons tous senti (puisqu’ici, nous sommes presque tous des professeurs), c’est cela que nous tous senti en face de cet étrange assemblage de pensées humaines.

Rien n’est distinct. Quelles sont les lignes qui vont se dessiner dans ce paysage humain ? Nous n’en savons encore rien. Des nuances, sans doute, certaines ombres qui s’accentuent un peu, mais c’est tout.

Et puis, de cinq minutes en cinq minutes, de six minutes en dix minutes, ce brouillard bleu se fond, et nous voyons apparaître les contours des choses. Et quelquefois, tout se résout dans une grande limpidité du paysage environnant.

Depuis six ans que nous sommes ici, je pourrais dire que ce beau paysage d’un auditoire sympathique m’est apparu avec un tempo plus lent que pour cette sorte de limpidité de l’atmosphère qui enveloppe le paysage car les hommes sont beaucoup plus lents que les choses. On ne force pas l’entrée d’un être humain comme on déchire un brouillard physique.

C’est sur ce grand problème de la déchirure collective pour arriver à ce cœur à cœur (j’allais dire à cette « pensée à pensée »), que nous voudrions aujourd’hui faire porter notre analyse psychologique.

C’est un sujet très délicat. Je vous avoue que toute la journée j’y ai pensé avec une certaine angoisse. D’ordinaire, un sujet ne me fait pas peur. Soit en psychologie normale, soit en psychologie enfantine, soit en psychologie psychiatrique, je commence à sentir que mes doigts se sont un peu assouplis à cette extraordinaire souplesse des choses vivantes.

Et cependant aujourd’hui, je sens que le sujet est d’une délicatesse exquise, parce que là, nous n’allons plus avoir affaire à une collectivité mais à une individualité.

En quoi la pensée de Jousse nous est-elle nécessaire aujourd’hui ?

Muriel Roland a proposé que cette question serve de fil rouge pour les 50 ans de l’Association Marcel Jousse. A notre demande, elle s’est lancée pour offrir une première contribution sur cette question.

Nous souhaitons faire redécouvrir la pensée anthropologique de Jousse dans toute sa richesse, et mettre en lumière comment elle reste une puissante source d’inspiration pour de nombreuses personnes dans des domaines de pratique et de réflexion très variés.

L’intention est de susciter la curiosité, le questionnement, et le dialogue.

Vous pouvez vous abonner à notre chaîne You Tube, y partager vos commentaires (avec un compte utilisateur, à créer avec l’adresse courriel de votre choix).

Vous souhaitez vous aussi être interviewé(e) ? (c’est possible à distance, via un ordinateur équipé d’une webcam)

N’hésitez pas à prendre contact avec Thomas !

Ressources complémentaires :

 

Les cours de Marcel Jousse disponibles en téléchargement

En tant que président de l’Association Marcel Jousse, je suis heureux de vous présenter la toute dernière version de ce corpus de textes d’une grande richesse.

Dans l’intention de diffuser davantage la pensée vivante de Marcel Jousse, l’association a voulu faciliter le travail des chercheurs et des praticiens en France et dans le monde entier, et ceci de plusieurs manières :

  • ­d’abord en demandant à une société spécialisée d’effectuer une correction des textes issus de la numérisation, disponible depuis 2003 ;
  • ensuite en choisissant de placer l’ensemble de ces textes sous une licence Creative Commons, permettant d’en favoriser l’utilisation et la circulation dans un cadre juridique adapté ;
  • enfin, en les rendant accessibles au téléchargement depuis le site de l’association.

Nous mettons à votre disposition un guide pour vous aider à explorer ces cours, qui restent une source d’inspiration vivifiante pour le présent.

Edgard Sienaert

Chercheur honoraire de l’Université de Bloemfountain, Afrique du Sud

Téléchargez les cours de Jousse !

L’Association Marcel Jousse diffuse via internet les 20 000 pages des transcriptions de cours de Jousse !
Nous avons décidé de favoriser leur utilisation et leur large diffusion dans le monde par le biais d’une licence Creative Commons.


Vous pourrez télécharger un dossier contenant tous les cours, dans 2 formats :

  • Au format pdf, vous avez sous les yeux une version scannée de chaque cours de Jousse, dans sa transcription originale.
  • Au format doc, vous disposez d’une version texte reproduisant l’original avec une fiabilité de 99,9 %. Votre lecture et votre travail seront ainsi facilités.

Cette seconde version a été réalisée à notre demande en 2017 par une société spécialisée.
Nous vous remercions pour votre contribution financière qui permettra à l’association de financer de nouvelles actions !
Nous vous tiendrons informés de futures nouveautés relatives aux cours de Jousse.

Merci de nous contacter à l’adresse webmaster [arobase] marceljousse.com :

  • si vous rencontrez des difficultés techniques lors de votre inscription,
  • si vous vivez dans un pays ayant un fort écart de niveau de vie avec la zone euro.

Remarque : Le formulaire ci-dessous est géré par une plateforme sécurisée de paiement pour les associations, HelloAsso. Votre contribution vous permettra d’accéder au téléchargement des documents. Le service de cette plateforme est gratuit pour l’association : vous serez sollicité pour leur verser un pourboire, si vous le souhaitez.

Il est possible de payer :

  • par carte bancaire (la transaction est immédiate, sous réserve d’acceptation du paiement par votre banque) ;
  • par chèque (finalisation sous quelques jours, après réception de votre courrier par Lemonway, prestataire de HelloAsso) ;
  • par prélèvement SEPA (avec votre numéro de compte IBAN – puis vous recevrez sur votre téléphone mobile un code pour la validation du paiement).

Information sur les paiements depuis un autre pays que la France

Les conférences de Jousse qui n’ont pas été transcrites

Entre la publication du Style Oral (1925) et le début de ses cours réguliers à la Sorbonne, à l’Ecole d’Anthropologie :

1927 : 3 conférences à l’Institut Biblique Pontifical, à Rome

1930 : 3 conférences à l’Université catholique de Louvain, Institut Supérieur de Philosophie

1 conférence donnée à l’Instituut Voor Opvoedkunde, St Lucasschool, à Gent

1931 : 3 conférences données au Foyer international des étudiants catholiques, à Paris

1931 : 1 conférence donnée à la salle de la Société de Géographie, à Paris

1932 : 3 conférences données à l’Institut international d’Anthropologie, à Paris

 

Il est aussi sollicité par des théologiens :

1937 : 1 conférence donnée à la Faculté libre de théologie protestante, à Paris

Entre 1934 et 1937, 3 cycles de leçons données à la Faculté de Philosophie de Jersey (lieu de formation des Jésuites)

 

> Le catalogue des conférences et leçons de Marcel Jousse qui n’ont pas été transcrites.

Jousse selon le TIME Magazine le 6 Novembre 1939

Rythmocatéchiste

Au sein de la Compagnie de Jésus, ces défenseurs militants de l’orthodoxie catholique romaine, un jésuite français nommé Marcel Jousse a longtemps été un « enfant terrible ». Ancien capitaine d’artillerie qui a commencé à étudier dans cet ordre religieux après la Première Guerre mondiale, le père Jousse, âgé de cinquante ans, avec des cheveux blancs, a inventé et enseigne aujourd’hui ce qu’il appelle le Rhythmocatéchisme, ou prêcher avec des gestes.

Sa théorie a commencé à prendre forme quand il a remarqué une distinction entre le mimétisme des humains et celui des singes : les enfants peuvent imiter des actions telles que le rasage et le tir sans utiliser de rasoirs ou d’armes à feu ; mais les singes ne le peuvent pas, ou ne le font pas. Le père Jousse est convaincu que mimer et faire des gestes a existé avant d’écrire ; les hiéroglyphes, croyait-il, n’étaient pas des idéogrammes, mais des mimogrammes, des représentations de gestes significatifs.

De ses recherches, le Père Jousse a conclu qu’il était possible de reconstruire non seulement ce que Jésus disait, mais aussi comment il le disait, à partir de textes en araméen – langue que beaucoup croient que Jésus parlait, et que le Père Jousse considère admirablement apte à exprimer des gestes éloquents. Pour d’autres jésuites, ses théories sentaient l’hérésie. Mais le père Jousse se défendit lui-même d’être hors de cause, et convainquit même feu le pape Pie XI, dans une interview personnelle dont les paroles et les gestes ne furent pas rapportés, qu’il était foncièrement orthodoxe.

Malgré la guerre, à Paris, la semaine dernière, le père Jousse se préparait à reprendre à la Sorbonne son cours de rythmocatéchisme. Son titre : Les Rhythmes Formulaires de l’Apocalypse d’Ezdras et le Style Oral Palestinien. La première disciple du père Jousse, sa fidèle amie et collaboratrice, est une minuscule vieille fille aux cheveux blancs, du nom de Mlle Gabrielle Desgrées du Lou. Cette dame, qui doit s’inscrire en tant qu’étudiante pour entrer à la Sorbonne, fait pour le père Jousse les gestes à la tribune, en chantant, par exemple, la parabole de Jésus des maisons construites sur le sable et sur le roc. Mlle Desgrées du Lou tourne les yeux, agite les bras, se tord et se balance comme une danseuse de ballet. Quand le père Jousse donne des conférences, 200 personnes regardent, les yeux grands ouverts : des médecins, des spiritualistes, des philologues, des étudiants de ballet, des poètes (parmi eux Paul Valéry) — et deux théologiens jésuites, en oiseaux de proie guettant les hérésies.

Le rapport moral de l’Association en novembre 2017 – Edgard Sienaert

Association Marcel Jousse : Allocution pour l’Assemblée Générale annuelle 2017

Je vous souhaite la bienvenue à cette 49ème assemblée générale annuelle de notre Association. En 1968, en effet, a été créée la Fondation Marcel Jousse, l’Association Marcel Jousse vingt ans plus tard, en 1988. Nous allons donc célébrer notre cinquantenaire l’année prochaine et nous aurons d’ici-là amplement le temps de réfléchir au chemin accompli et encore à parcourir. Je rappelle, à toutes fins utiles, la raison d’être de l’Association, formulée dans l’article 2.1 de nos statuts :

Cette Association a pour but de promouvoir et développer l’étude et la diffusion fidèle de la pensée du professeur Marcel Jousse, par la connaissance de son œuvre et la continuation de ses travaux et plus généralement de promouvoir l’étude interdisciplinaire des fondements anthropologiques des traditions orales et de toute pédagogie.

Voici maintenant ce qui a été fait depuis notre dernière réunion en novembre dernier. Certains points ont été abordé dans ma récente Lettre aux adhérents, mais pas tous.

Le 28 mai 2016 notre Association a été heureuse de pouvoir collaborer à une initiative de Muriel Roland, dans le cadre de son programme Geste’Stations, initiative intitulée Rejouer les gestes de l’Univers – Sur les pas de Marcel Jousse. Les performances et interventions de cette journée peuvent être visitées ou revisitées sur deux vidéos, mises en ligne sur Artweb Paris 8. Les deux vidéos et le PDF explicatif qui les accompagne se trouvent aussi sur le site www.marceljousse.com

Cette journée se prolonge d’autre part dans la publication internationale trimestrielle Degrés, revue de synthèse à orientation sémiologique, qui consacre son numéro de septembre aux Poïétiques du spectacle vivant entre recherche et création. Ce numéro inclut un article de Nadia Vadori-Gauthier, danseuse et praticienne somatique qui a participé à la journée du 28 mai, ainsi que le texte de référence de cette journée, et mon analyse de ce texte : Le geste doit précéder la parole. De l’anthropologie du mimisme de Marcel Jousse.

Le bureau de l’Association a pris la décision importante de commander une nouvelle numérisation des CD des cours oraux de Marcel Jousse. Cette mise à jour des cours les rendra plus facilement lisibles pour les lecteurs et plus facilement consultables et publiables pour les chercheurs et praticiens de Jousse. Après avoir examiné plusieurs estimations de durée et de coût de l’opération, le bureau a opté pour la Société Arkhênum de Bordeaux, qui travaille notamment pour les Archives Nationales. Titus Jacquignon est l’intermédiaire entre la Société Arkhênum et notre Association. Jusqu’ici, l’ensemble des cours a été traité et une deuxième lecture est en cours. Il faudra une troisième lecture, celle-ci par des personnes connaissant l’œuvre de Jousse. Pour cela, il faudra constituer un comité éditorial.

Une initiative en emmenant inévitablement une autre, cette digitalisation a induit notre webmestre Thomas Marshall à soulever la question de la gestion des droits d’auteur sur l’œuvre de Jousse et des cours en particulier. La question est importante, intellectuellement et légalement. Dans l’article fondateur de nos statuts, que j’ai cité, il y a un mot qui résume la difficulté : notre but est de promouvoir et développer l’étude et la diffusion fidèle de la pensée du professeur Marcel Jousse. Fidèle : comment décider de cette fidélité et comment la garantir, sans censurer ?

Du point de vue international, l’année a été très fructueuse.

L’anthropologue Gabriel Bourdin, de l’Université Autonome du Mexique, à Mexico, vient de terminer la traduction en espagnol du Style oral qui devrait être publiée dans le cours de l’année prochaine. Gabriel Bourdin est en train en même temps d’achever un long essai – il a aussi rédigé un essai de 160 pages sur la vie, l’œuvre et la pertinence (vigencia) de l’enseignement de Jousse dans le domaine des études anthropologiques.

Avec l’Italie, nous avons depuis longtemps le contact suivi du musicologue Antonello Colimberti qui a publié, en 2012, une traduction de cours de Jousse en Sorbonne (1942-43) traitant du paysanisme (« Il contandino come maestro » – Le paysan comme maître) et plusieurs articles appuyés sur Jousse depuis. D’autre part, les éditions San Paolo veulent publier, en 2018 et 2019, les trois volumes de l’Anthropologie du geste, séparément en formats broché et électronique (« ebook »).

Et surtout, nous avons avec nous Barbara Grespi, de l’Université de Bergame, et Chiara, qui a fait son doctorat en France et qui a traduit les cours de Jousse sur le cinéma dont Barbara nous parlera aujourd’hui.

Un professeur de l’Université de Salvador de Bahia, Erico José Souza de Oliveira a commencé à écrire autour de Jousse.

Quant au monde anglophone, j’ai eu publié, fin novembre dernier, « In search of coherence » – En quête de cohérence –, une présentation en anglais de l’ensemble de l’anthropologie du mimisme de Jousse. Il paraîtra, au début de l’année prochaine, une traduction des Dernières Dictées et des mémoires de Jousse sur la tradition orale araméo-galiléenne. Pour ces deux publications, j’ai eu l’appui très ferme de trois autorités en études néo-testamentaires : Werner Kelber, Richard Horsley et Kelly Iverson, tous les trois appuyant l’approche de Jousse en la matière. Il est évident que les joussiennes choses commencent à bouger dans ce monde-là. On me dira qu’après quarante ans d’efforts ce n’est pas trop tôt, mais le moulin universitaire moud lentement.

J’aimerais terminer quelque peu par où j’ai commencé, et ce par le biais d’une anecdote personnelle que je voudrais tourner en proposition à discuter à un moment propice.

J’ai fait un court séjour à l’hôpital universitaire à Bloemfontein et la veille de ma sortie, un médecin que m’était tout à inconnu m’a donné sa carte de visite, et puis a disparu. Or, sur cette carte de visite il a écrit de sa main : « Omnes una manet nox » – Une même nuit nous attend tous, ou, Tous nous entrerons dans la même nuit. Il s’avère que c’est un vers du poète latin du premier siècle, Horace, et un vers qui en explique un autre du même poète, mais beaucoup plus connu : « Carpe diem ». En effet, si nous sommes tous destinés à entrer dans une même nuit éternelle, pourquoi ne pas profiter du jour où nous sommes ?

Jousse n’aimait guère Horace. Il rappelle dans un cours : « On nous a fait scander Horace et toute sa turpitude » (Sorbonne du 19 mars 1936) et, ailleurs, il parle de « ce sinistre Horace » (École des hautes études, le 27 janvier 1937). Il est vrai que Jousse est à l’opposé d’Horace. Pour Jousse, c’est notre ignorance qui nous fait appeler « la mort » ce qui est en réalité un mimodrame « qui est peut-être la vraie vie » parce que nous participons tous au grand souffle primordial de l’énergie universelle et que notre dernier souffle « remonte en Haut d’où il est venu ! » (Sorbonne du 3 mars 1955). A la nuit – nox – d’Horace, Jousse oppose la lumière – lux : « Je suis, dit-il, le grand angoissé de la clarté » (École d’anthropologie, le premier janvier 1937) ; ou encore : « Nous avons à vivre dans la clarté » (École d’anthropologie, le 18 janvier 1943). Ma proposition ainsi est que, si l’Association devait se chercher une devise, celle-ci pourrait bien être, et surtout dans les temps de confusion que nous vivons : « Vivre dans la clarté. »

Je vous remercie,  Edgard Sienaert

Paris, le 12 novembre 2017

Marcel Jousse : The Oral Style and the Anthropology of Gesture

Edgard Sienaert a publié un article en anglais sous ce titre dans la revue Oral Tradition, 5/1 (1990).

Il inclut une large bibliographie des travaux de et à propos de Marcel Jousse.

Lire l’article

A propos de l’influence de Marcel Jousse sur le travail de Ivan Illich

Rencontre annuelle de l’association les 11 et 12 novembre 2017

L’association Marcel Jousse vous propose cette année :

Samedi 11 novembre

de 14h à 17h – une conférence-atelier de mime avec Muriel Roland : « L’Ostention de l’intention dans le geste »

Muriel Roland est comédienne et metteuse en scène, formée à l’école de mimodrame Marcel Marceau. Elle travaille dans le cadre de la compagnie SourouS. Elle mène également un travail de recherche dans le cadre d’un doctorat en études théâtrales à l’université Paris 8.

Dimanche 12 novembre

– de 9h30 à 11h30 : Assemblée Générale de l’association

Vous pouvez adhérer à l’association.

– de 11h30 à 12h30 : « Le cinéma comme geste. La perspective joussienne sur l’image en mouvement »
par Barbara Grespi

Maître de conférences en études cinématographiques et visuelles à l’Université de Bergame, Italie, elle appartient à “Punctum”, un centre de recherche consacré à l’étude de la culture visuelle. Elle a écrit sur le thème du geste entre cinéma et photographie, sur le rapport entre cinéma et mémoire et sur les théories du montage. Elle appartient depuis 2007 au comité de sélection du Festival du film de Turin.

– de 14h à 17h : Diverses interventions des membres, échanges

Si vous souhaitez avoir un temps dans l’après-midi, merci d’envoyer un message avec le sujet et le temps souhaité, à :
association /arobase/ marceljousse.com

Jousse Philosophe, Dialogue avec Bergson, enjeux d’une thèse en histoire de la philosophie – par Clara Vasseur

Lieu : 92 bis Bd du Montparnasse – 75014 Paris

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