Muriel Roland s’est jointe à Fabrice Nicot, un chercheur croisant lui aussi théâtre et anthropologie (Paris 8 / université d’Haïti), pour mettre en œuvre un projet de recherches interculturelles et de création, pendant 2 ans, autour du thème des « arts vivants de la transformation ».

L’Association Marcel Jousse est partenaire de ce projet, soutenu par plusieurs institutions dont la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord.

Pour en savoir plus sur le projet

Une première série d’activités publiques a lieu à Paris, avec des chercheurs et des représentants des communautés du vaudou haïtien, invités par Fabrice Nicot.

Au delà des clichés, qu’est-ce que le vaudou ?

Un témoignage de Muriel Roland

Programme des activités au théâtre Le Vent se Lève

Le vaudou : une culture animiste souvent réduite à des caricatures

Voici quelques extraits intéressants de l’article publié sur Wikipédia :

« Le vaudou désigne donc l’ensemble des dieux ou des forces invisibles dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance. Il est l’affirmation d’un monde surnaturel, mais aussi l’ensemble des procédures permettant d’entrer en relation avec celui-ci. »

« Le vaudou peut être décrit comme une culture, un héritage, une philosophie, un art, des danses, un langage, un art de la médecine, un style de musique, une justice, un pouvoir, une tradition orale et des rites. »

« La pratique de leur religion et culture était interdite par les colons, passible de mort ou d’emprisonnement, et se pratiquait par conséquent en secret. Le vaudou a cependant intégré les rites et conceptions catholiques, le rendant ainsi acceptable. Ainsi est né le « vaudou chrétien ». Dans les années 1950, le Vatican a fait la paix avec le culte vaudou. »

« Le vaudou vient d’Afrique de l’Ouest, mais on pratique aussi un vaudou partout où des esclaves africains ont été déportés. (…) À l’image des langues créoles parlées par les descendants d’esclaves à travers le monde, les vaudous des « nouveaux mondes » sont des mélanges entre différentes religions d’origines africaines (vaudou ou pas) et celles des sociétés esclavagistes.

La brutalité subie par les esclaves pour créer un climat constant « d’état de choc » chez les captifs est sans doute à l’origine de cette utilisation souvent de « terreur » et de vengeance du vaudou que l’on retrouve chez les pratiquants descendants d’esclaves, qui utilisèrent cette religion en réponse à des actes d’une cruauté difficilement concevable, commis par leurs maîtres européens.

Une stratégie de « terreur par le vaudou » utilisée contre les oppresseurs et transmise ensuite de génération en génération notamment chez les colons blancs, terreurs qui se sont finalement retrouvées dans les scénarios de films des studios hollywoodiens par exemple qui ont largement diffusé à grande échelle cette image négative et guerrière du vaudou. »

Témoignage de Muriel Roland (21/10/2018)

Après rencontre et travail avec les prêtresses vaudou et le tambourineur, je dois dire qu’on pourrait rajouter :

– Un énorme répertoire oral de chansons, récits, en plusieurs langues : créoles, mais aussi fons, yoruba – langues africaines qui perdurent dans le Vaudou

– Un énorme travail sur la mémoire et sa transformation

– Une énorme connaissance thérapeutique, quasi psychanalytique, à l’aide du chant, d’une sorte de « dramathérapie », de plantes, etc.

– Un énorme AMOUR et une COMPASSION incroyable, dont on se sent baignés lors du travail avec ces personnes. Les communautés vaudous sont d’ailleurs des familles, pas de sang, mais l’initiatrice est appelé Maman.

– Un travail sur le geste incarné qui va très loin, qui porte une connaissance du corps incroyablement savante, et qui rejoint beaucoup le travail sur les récitatifs, mais fait avec une admirable présence, un corps très bien placé. Des corps qui gestent et oralisent du matin au soir, comme ils respirent…

Enfin, c’est magnifique, c’est sublime, je suis conquise… Tout est geste dans cet art et cet art de vivre ! »

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