chercheur, anthropologue, pédagogue

Catégorie : Médiathèque Page 1 of 8

“Geste et liturgie” : un article publié dans une revue internationale

Francisco García-Baca est membre de l’Association Marcel Jousse depuis plusieurs années. Il vient de terminer une thèse de doctorat en théologie en Espagne à propos de l’intérêt de l’anthropologie du geste de Jousse pour la théologie spirituelle.
Il partage ici la nouvelle de la publication d’un article à la fin du mois de juin, dans la revue hispanophone Scripta Theologica. Bravo pour ce double accomplissement qui est le fruit d’un travail long et approfondi !
Son texte est suivi par des notes visant à clarifier le sens de différents termes.


Cette publication présente, me semble-t-il, un intérêt particulier pour la famille joussienne, et cela pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, Scripta Theologica constitue aujourd’hui une revue de référence dans le domaine des études théologiques. Publiée par la Faculté de théologie de l’Université de Navarre depuis 1969, elle bénéficie d’une reconnaissance académique internationale et figure parmi les revues les mieux positionnées dans le domaine des études religieuses. Selon le classement international Scimago Journal Rank (SJR), fondé sur les données de la base Scopus, la revue est classée dans le premier quartile (Q1), c’est-à-dire parmi les 25 % des revues scientifiques les mieux positionnées dans sa catégorie au niveau mondial. Cette présence dans les classements internationaux témoigne de la qualité scientifique des travaux publiés et de la visibilité croissante de la revue dans le dialogue théologique contemporain.

Son rayonnement international, son système d’évaluation par les pairs et son ouverture aux différentes disciplines théologiques en font un espace particulièrement significatif pour la diffusion de recherches théologiques innovantes.

Ensuite, cette publication marque, à ma connaissance, une étape significative dans l’introduction de l’anthropologie du geste de Marcel Jousse au sein de la réflexion théologique et liturgique contemporaine. Les perspectives ouvertes par cette anthropologie trouvent ainsi un nouvel espace de dialogue avec la recherche théologique actuelle, en particulier dans le domaine de la liturgie.

Enfin, il convient de souligner l’accueil très favorable réservé à cet article par la revue. Évalué selon la procédure du double blind peer review, il a été accepté à peine un mois après sa soumission. Les deux rapporteurs lui ont attribué la note maximale (5/5) pour chacun des critères d’évaluation : pertinence du sujet, originalité et qualité scientifique de l’article, cohérence dans l’exposition des objectifs, actualisation de la bibliographie, rigueur méthodologique, développement de l’exposé et solidité des conclusions.

Il est également significatif de noter que, parmi les différents articles publiés dans ce numéro, les éditeurs ont retenu celui-ci pour ouvrir la série des contributions, en le plaçant en première position dans l’ordre de parution. Cette disposition éditoriale témoigne de l’attention particulière portée à cette étude au sein du volume.

Pour toutes ces raisons, cette publication constitue un véritable motif de joie pour la famille joussienne. Elle contribue à faire entrer l’anthropologie du geste de Marcel Jousse dans le champ de la réflexion théologique et liturgique contemporaine par l’intermédiaire d’une revue de référence. Elle représente également une nouvelle étape dans la diffusion de la pensée joussienne dans le monde hispanophone, ouvrant de nouvelles possibilités de dialogue avec les chercheurs et les théologiens intéressés par l’anthropologie du geste.

Voici le lien vers l’article tel qu’il a été publié par la revue, en espérant qu’il pourra susciter l’intérêt des lecteurs et des chercheurs :
https://revistas.unav.edu/index.php/scripta-theologica/article/view/54711

Pour le moment, et dans l’attente de savoir si la revue autorise une traduction française de l’article, je me permets de partager avec vous le résumé (abstract) traduit en français.


GESTE ET LITURGIE
L’anthropologie de Marcel Jousse et la signification cosmique-doxologique du geste liturgique

Résumé :
Cet article présente l’anthropologie du geste de Marcel Jousse appliquée à l’analyse symbolique du geste liturgique, en particulier dans la doxologie finale de la Prière eucharistique. À partir d’un bref diagnostic de l’expression humaine face au phénomène liturgique et de l’exposition d’un ensemble choisi de lois anthropologiques, une mise en dialogue critique est établie avec des sources bibliques, patristiques et théologiques, afin de redécouvrir la densité anthropologique et la portée cosmique-doxologique du geste liturgique. Cette étude constitue la première exploration de l’anthropologie du geste de Marcel Jousse comme discipline particulièrement adaptée à la réflexion liturgique contemporaine.

Mots-clés :
Geste, Liturgie, Anthropologie, Marcel Jousse, Liturgie cosmique, Doxologie, Mimisme, Bilatéralisme.

Francisco García-Baca


PS : pour les lecteurs qui ne seraient pas familiers avec le vocabulaire théologique ou la terminologie joussienne, voici quelques brèves définitions accompagnées de leur étymologie et commentées au besoin. Jousse apportait en effet une grande importance à la clarté de la terminologie, qui constitue un outil déterminant pour la connaissance du réel.

Selon l’article Wikipedia (19/08/2026), “une doxologie est une formule de louanges employée dans la liturgie juive puis chrétienne. Elle est en général exécutée en tant que finale de prières.
Le terme « doxologie » vient du grec ancien doxa (δόξα, « gloire ; opinion ») et logos (λόγος, « parole ; discours »). Il signifie : « parole de gloire ».

Selon l’article Wikipedia (19/08/2026) : “Le mot liturgie (du grec λειτουργία / leitourgía ; « le service du peuple ») désigne l’ensemble des rites, cérémonies et prières dédiés au culte d’une ou plusieurs divinités, tels qu’ils sont définis selon les règles éventuellement codifiées dans des textes sacrés ou une tradition. Ce terme s’applique le plus souvent à la religion chrétienne où il désigne un culte public et officiel institué par une Église.

Selon l’article Wikipedia (19/08/2026) : “Le terme anthropologie vient de deux mots grecs, anthrôpos, qui signifie « homme », et logos, qui signifie science, parole, discours. L’anthropologie constitue jusqu’au XIXe siècle une branche du savoir philosophique plaçant l’homme au centre de ses préoccupations mais, avec la naissance des « sciences sociales et humaines », le terme change de sens pour désigner essentiellement la nouvelle science. La démarche anthropologique « prend comme objet d’investigation des unités sociales de faible ampleur à partir desquelles elle tente d’élaborer une analyse de portée plus générale, appréhendant d’un certain point de vue la totalité de la société où ces unités s’insèrent ».
Cette dernière signification ne correspond pas à l’usage en langue française au début du 20° siècle : “Depuis les années 1950, les expressions anglaises « social anthropology » (en particulier britannique) et « cultural anthropology » (en particulier américaine) ont été assimilées par les chercheurs et tout le monde utilise le terme « anthropologie ».

Dans la continuité de l’héritage théologique et philosophique, et à rebours de l’autonomisation de l’anthropologie en tant que science sociale, le terme ‘anthropologie’ peut désigner également une branche de la théologie. C’est dans ce sens qu’on parle d’anthropologie chrétienne.

Chez Marcel Jousse, le terme anthropologie prend un sens spécifique, en décalage avec les usages mentionnés ci-dessus, ce qui peut être source de malentendus.

  1. Jousse se place dans la filiation d’une anthropologie en tant que science de la nature (l’anthropologie physique, étudiant les squelettes des hominidés), tout en proposant de l’élargir par l’adoption d’un nouvel objet d’étude : le geste, considéré comme une unité élémentaire de l’expression humaine (incluant le langage verbal mais sans s’y limiter). Avant d’adopter le terme “anthropologie du geste”, il a parlé aussi de “psychophysiologie du geste” et de “psychologie du langage”. Il distingue la portée universelle de phénomènes dits “anthropologiques” par rapport à des phénomènes dits “ethniques” (propres à un groupe humain donné). C’est dans cette perspective qu’il a parlé de “lois anthropologiques” : une expression qui n’a plus de sens du point de vue de l’anthropologie sociale et culturelle contemporaine. Car aujourd’hui, les mêmes sujets étudiés par Jousse tels que le langage, la mémoire, la perception ou l’apprentissage sont académiquement rattachés aux sciences cognitives, et non à l’anthropologie.
  2. Jousse dispose d’une importante culture théologique du fait de sa formation au séminaire à l’issue de laquelle il devient prêtre, puis d’un parcours de formation religieuse ultérieur qui le conduit à devenir Jésuite. En outre, sa passion précoce pour les Évangiles l’avait conduit à apprendre l’hébreu et l’araméen (en plus du grec et du latin faisant alors partie des études classiques). Toutefois, il n’est pas satisfait par les méthodes livresques d’étude des textes religieux, sur lesquelles se fondent la réflexion des exégètes et des théologiens. C’est pourquoi il préconise un approfondissement scientifique de la connaissance de la tradition biblique et évangélique, par le biais de sa “méthode anthropologique” – développée au fil d’un enseignement ayant “pour but de rechercher une liaison entre les disciplines psychologiques, ethnologiques et pédagogiques“.

L’enseignement de Jésus situé dans son milieu socio-historique et culturel de langue araméenne, a donc constitué un “terrain” privilégié orientant le développement des recherches anthropologiques de Jousse. Toutefois, ce dernier a toujours mis à distance dans son enseignement la démarche spéculative de ceux qu’il appelait les “métaphysiciens” et les “théologistes”. Il a revendiqué le primat d’une méthode basée sur l’observation rigoureuse des faits ; l’interprétation devant venir dans un second temps s’appuyer sur des faits établis. Ainsi, il invitait les théologiens à faire un pas de côté de façon à refonder leur travail sur la connaissance des lois structurant les gestes humains, tant au niveau anthropologique qu’ethnique.

C’est dans ce champ sémantique complexe et traversé de conflits que se situent les travaux cherchant à mettre en dialogue la discipline théologique contemporaine avec l’anthropologie joussienne.

Thomas Marshall, président de l’Association Marcel Jousse

Les présentations du colloque 2025

Le Style Oral de Marcel Jousse, cent ans après

En introduction

Cet événement a été organisé par l’Association Marcel Jousse à l’occasion du centenaire de la publication de : Études de psychologie linguistique. Le Style oral rythmique et mnémotechnique chez les Verbo-moteurs (Jousse, 1925). L’ouvrage est nommé en raccourci Le Style Oral.

Avec ce colloque, l’Association Marcel Jousse a tenu à rassembler des chercheurs de différents horizons géographiques et disciplinaires autour de ce livre si particulier qui inaugura la carrière scientifique de Marcel Jousse. Nous les remercions chaleureusement pour leur confiance et pour la qualité de leur travail : il a fait de cet événement anniversaire un moment exceptionnel.

Le colloque a eu lieu samedi 22 mars 2025 au Collège des Bernardins à Paris et en visioconférence. 170 personnes s’étaient inscrites pour le suivre soit sur place, soit à distance.

Cette réussite doit beaucoup au travail de Titus Jacquignon, responsable du comité d’organisation ; secondé par Thomas Marshall pour la partie technique.

Nous remercions également les partenaires qui ont appuyé et fait connaître le colloque en France et sur différents continents :

Le colloque en replay

Nous avons enregistré les différentes présentations et réalisé un montage vidéo afin de les rendre accessibles en différé, de façon pérenne et gratuite :

  • à l’attention des personnes inscrites qui n’ont pas été disponibles pour le suivre en direct ;
  • à l’attention des participants qui souhaitent approfondir leur étude en revenant sur telle ou telle intervention – il faut reconnaître en effet que les contraintes d’organisation matérielle conduisent à grouper dans une journée bien plus que ce que nous sommes en capacité de recevoir et d’assimiler !
  • et aussi en pensant à d’autres personnes qui pourront trouver cette page par le bouche à oreille ou via leur moteur de recherche. Bienvenue !

Les orateurs qui l’ont souhaité ont également fourni une version écrite de leur communication à publier sur cette page, afin d’en faciliter la consultation.

A lire pour en savoir plus : sur Le Style Oral de 1925, les enjeux du colloque, le programme annoncé pour le colloque.

La journée a été pensée autour de 2 axes :

  • Le matin, des recherches mettant en perspective cette publication inaugurale de Marcel Jousse – un programme de recherches qu’il a développé ensuite pendant une trentaine d’années ;
  • L’après-midi, des recherches contemporaines sur les mondes de l’oralité en dialogue avec l’anthropologie de Marcel Jousse.

1. Autour du Style Oral de Marcel Jousse

Titus Jacquignon, Docteur en sciences du langage de l’Université Bordeaux-Montaigne :

Le problème des deux modèles dans l’anthropologie joussienne.
De la publication du Style Oral (1925) aux cours d’anthropologie du geste (1931-1957) : continuités et changements au sein de l’œuvre de Marcel Jousse.

La version écrite de l’exposé transmise après le colloque


Rémy Guérinel, Association Marcel Jousse :

Enquête autour d’un objet étrange et singulier
« Archives de philosophie. Etudes de psychologie linguistique. Le Style oral rythmique et mnémotechnique chez les Verbo-moteurs » par Marcel Jousse, ou les coulisses du Style Oral.

Le diaporama de la présentation transmis après le colloque


Pierre-Yves Testenoire, Université de la Sorbonne (Paris) :

Qu’entendait-on par “style oral” au temps de Marcel Jousse ?


Florence Louvet, doctorante contractuelle
Chaire ICP-ESSEC Entreprises et bien commun à l’Institut Catholique de Paris (elle a soutenu sa thèse depuis) :

Le Style Oral : Méthode, sources et réception critique


Duoduo Xu, Post-doc à l’Université de Singapour (présentation en anglais, en visioconférence) :

Le travail de traduction de Marcel Jousse accompli par Edgard Sienaert

Voici son parcours académique :

  • Tsinghua University Department of Chinese Language and Literature, Master of Arts, Bachelor of Arts
  • Nanyang Technological University, Division of Chinese, PhD
  • Nanyang Technological University, School of Humanities, Post-Doc
  • National University of Singapore, Asia Research Institute, Post-Doc
  • National University of Singapore, Chinese Studies, Post-Doc

La traduction en français du texte de sa présentation


Table-ronde animée par Jean-Rémi Lapaire, professeur émérite de linguistique de l’Université Bordeaux-Montaigne, avec les intervenants de la matinée.

2. Les études contemporaines sur les mondes de l’oralité en dialogue avec l’anthropologie de Marcel Jousse

Dominique Casajus, directeur de recherche émérite au CNRS :

Le Style écrit en situation d’oralité

Dominique Casajus a consacré l’essentiel de ses travaux à la culture et à la poésie des Touaregs. Il a également étudié les travaux linguistiques de Charles de Foucauld, dont il a publié une biographie en 2007 (Charles de Foucauld. Moine et savant) et a étendu son intérêt à la tradition orale en général (L’aède et le troubadour. Essai sur la tradition orale, 2012) ainsi qu’aux alphabets touaregs (L’alphabet touareg. Histoire d’un vieil alphabet africain, 2015).

La version écrite de l’exposé transmise après le colloque :
De Marcel Jousse aux Touaregs en passant par Homère : écriture dans un monde d’oralité


Gabriel Luis Bourdin, professeur d’anthropologie à l’UNAM (Mexique) :

Le style oral et l’écriture dans la civilisation Maya

Gabriel Luis Bourdin est chercheur à l’Institut de Recherches Anthropologiques (IIA) et enseigne l’anthropologie du langage à l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM).
Ses recherches se concentrent sur la langue et la culture du peuple Maya. Il a publié, en espagnol, Le corps humain chez les Mayas. Une approche linguistique (2007), Les émotions chez les Mayas. Le lexique des émotions en maya yucatèque (2014) et La jungle anthropologique. Une introduction à l’anthropologie du geste et du mimisme de Marcel Jousse (2019). Il a donné des cours et des conférences sur l’anthropologie du langage et la culture maya dans des universités au Mexique, en Amérique du Sud et en Europe. En 2020, il a publié la traduction en espagnol de Études de Psychologie Linguistique. Le style oral, rythmique et mnémotechnique chez les Verbo-moteurs, de Marcel Jousse, avec une préface d’Edgard Sienaert. Depuis 2022, il fait partie du Bureau de direction de l’Association Marcel Jousse.

Invité pour le colloque, il a pu être présent à Paris.


Daniella Police-Michel, maître de conférences émérite en linguistique à University of Mauritius (en visioconférence) :

La pertinence de la théorie de Marcel Jousse pour aborder la créolité

Daniella Police-Michel a enseigné la linguistique à l’Université de Maurice de 1996 à 2019. Ses publications se situent dans les domaines des Études Créoles et du Plurilinguisme. Elles portent entre autres sur la culture et la langue créoles dans le contexte mauricien, sur la pédagogie convergente et l’intercompréhension des langues et des cultures.
Par son engagement aux côtés de son époux, Sylvio Michel, elle a participé à la lutte pour la protection de la montagne du Morne, site de mémoire du marronage, inscrit depuis 2009 sur la liste des patrimoines mondiaux de l’UNESCO. Elle a aussi contribué à la mise en place d’une Commission Justice et Vérité sur l’esclavage et l’engagisme ainsi qu’à l’introduction de la langue Kreol Morisien dans les programmes universitaires d’une part, et d’autre part, dans le cursus scolaire du primaire et du secondaire.
Elle est actuellement Vice-Présidente de la Green Reparations Foundation, membre du parti écologiste Verts Fraternels et du comité de rédaction du mensuel Lekolozis.

La présentation est basée sur le contenu de l’article suivant : Police-Michel, D. (2006). “Le séga traditionnel mauricien : lieu de naissance d’un nouvel anthropos”, In Revue Études Océan Indien. N°37.


Willy Bongo-Pasi Moke Sangol, professeur émérite de philosophie à l’Université de Kinshasa (en visioconférence) :

L’anthropologie du geste et le style oral de Marcel Jousse face à la littérature orale africaine

Docteur en Philosophie, sa thèse soutenue en 1996 et publiée en 2011 est intitulée : L’Intussusception selon Marcel Jousse : lieu théorique d’une anthropologie épistémique, Thèse de doctorat en philosophie, Département de Philosophie, Faculté des Lettres,
Université de Kinshasa, 1996, 759 pages.
Son domaine de recherche est l’Épistémologie. Il s’intéresse également aux questions des Droits humains et de la Bioéthique. Spécialiste de Marcel Jousse, il est auteur de plusieurs publications scientifiques (livres et articles).
Ses principaux enseignements (dans les universités congolaises et étrangères) portent sur l’épistémologie, la métaphysique, la bioéthique, la logique, l’anthropologie philosophique et la philosophie du droit.
Il est actuellement Professeur Émérite de l’Université de Kinshasa, Promoteur de plusieurs thèses de doctorat, Doyen honoraire du Département de Philosophie de Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Kinshasa et Membre actif de plusieurs sociétés savantes.
Il est aussi Vice-Président du Comité d’Éthique de l’École de Santé Publique de l’Université Kinshasa, Membre du Comité national de Bioéthique et Recteur (Président) de l’Université Panafricaine du Congo (UPAC) en République Démocratique du Congo.

Invité pour le colloque, il a malheureusement été empêché de venir à Paris.


Augustin Ahoga, docteur et enseignant-chercheur en dialogue interreligieux et anthropologie culturelle (en visioconférence) :

Parole et rythme comme critère d’identité chez le peuple verbomoteur Maxi du Bénin

Dah Cossi Augustin Ahoga est le Président de l’Association des Chercheurs pour la Promotion des Réalités Endogènes Africaines, en abrégé ACPREA, dont le siège est au Bénin.
« Dah » est le titre accordé aux sages savants représentant d’un clan chez tous les peuples verbomoteurs dont l’identification linguistique est « Gbe ».
L’Association a créé le Laboratoire Interdisciplinaire des Réalités Endogènes de l’Afrique (LIRE-Afrique). Dah Ahoga a consacré depuis 1987 ses recherches sur les Religions Traditionnelles Africaines qui servent plusieurs universités et facultés. Il a consacré plus de 8 ans à la résolution de conflit interreligieux chez le peuple verbomoteur les Maxi (Mahi), son ethnie au centre du Bénin. De ces travaux du terrain, il en a proposé une approche africaine de faire le dialogue religieux et des recherches chez les peuples verbomoteurs (Approche MADIR 2022, publié par Langham). Cumulativement aux travaux de recherche de laboratoire, Dah Ahoga est associé à l’établissement d’un département des religions à l’université d’Abomey-Calavi.

La version écrite de l’exposé transmise après le colloque :
Parole et rythme comme critère d’identité chez le peuple verbomoteur Maxi du Bénin

Découvrir le fondateur de la phonétique expérimentale

Un dossier sur l’abbé Rousselot, un des maîtres de Marcel Jousse, est publié par la revue Transversalités. Et les vidéos des conférences du colloque en hommage à l’abbé Rousselot : « De la création au rayonnement de la phonétique expérimentale » sont désormais disponible en ligne.

Pour en savoir plus sur les liens entre l’abbé Rousselot, professeur au Collège de France, et Marcel Jousse, vous pouvez lire un article que j’avais publié à ce sujet dans un ouvrage collectif, à l’occasion du centenaire de la mort de Jules-Etienne Marey (1904-2004). 1

I – Le dossier de Transversalités

Ce dossier, composé à l’occasion du centième anniversaire de la mort de l’abbé Rousselot, prend la forme d’un recueil d’études qui narre l’itinéraire exceptionnel d’un savant, tout en s’exerçant à recueillir en même temps la contemporanéité d’une pensée et d’une pragmatique de la langue.

Au sommaire (avec lien vers les résumés)  :

Pour commander un exemplaire papier, il y a deux possibilités.

  • Écrire à la revue :
    Revue Transversalités, Institut catholique de Paris, Vice-rectorat à la recherche – 21, rue d’Assas – 75270 Paris Cedex 06
    ou à l’adresse transversalites [AROBASE] icp.fr
  • ou s’adresser à son libraire qui fera la commande.

Le prix de vente est de 16 euros. Pour les commandes qui arrivent à la revue, l’envoi est fait à réception d’un chèque de 16 euros à l’ordre de “Institut catholique de Paris”.

Le numéro en version numérique peut être acheté directement auprès de Cairn pour 12,90 euros ou chaque article au prix de trois euros.

II – Les vidéos des interventions du colloque des 28 et 29 octobre 2024

« De la création au rayonnement de la phonétique expérimentale »

Ce colloque s’est tenu à l’Institut Catholique de Paris.

28 octobre 2024

29 octobre 2024

Les laboratoires de phonétique en France

  1. Rémy Guérinel, « Dans la succession de l’abbé Rousselot : Marcel Jousse, s.j. (1886-1961) », dans Thierry Lefebvre, Jacques Malthete et Laurent Mannoni (éd.), Sur les pas de Marey. Science(s) et cinéma, Paris, L’Harmattan, 2004, p. 243-251. ↩︎

Invitation à un colloque le 22 mars 2025

1er février 2026 : les présentations du colloque sont disponibles en vidéo !

Nous vous invitons à assister à un colloque interdisciplinaire et international sur le thème :

Le Style Oral de Marcel Jousse,
100 ans après

Préambule
Introduction
Informations et inscriptions
Programme

Ressources au sujet du style oral selon Marcel Jousse


Cet événement est organisé par l’Association Marcel Jousse à l’occasion du centenaire de la publication de : Études de psychologie linguistique. Le Style oral rythmique et mnémotechnique chez les Verbo-moteurs (Jousse, 1925). Nous désignons l’ouvrage ci-dessous par Le Style Oral.

Avec ce colloque, l’Association Marcel Jousse a tenu à rassembler des chercheurs de différents horizons géographiques et disciplinaires autour de ce livre si particulier qui inaugura la carrière scientifique de Marcel Jousse.
Nous faisons aussi le pari que ce colloque attirera un public varié, à Paris et en ligne : des chercheurs, des étudiants, des personnes ayant déjà une connaissance de la pensée de Jousse ou une expérience d’une forme de style oral, et aussi un public plus large.
Le Style Oral fournit à la curiosité pour l’autre un instrument souple et universel pour mieux comprendre notre humanité commune. Ce sera donc un défi pour les intervenants de communiquer en surmontant les barrières culturelles et académiques.

Merci de nous aider à diffuser l’information !
Voici un communiqué de presse.

Introduction

Marcel Jousse (1886-1961) était dans tous les sens du terme un homme de parole. Désireux de rendre compte du rôle et du fonctionnement de l’oralité dans les sociétés humaines en adoptant une méthode qu’il qualifiait alors de « psycho-physiologique », il resta fidèle à la nature même du processus qu’il étudiait. Jousse privilégia ainsi la parole pour rendre compte de la parole. Il écrivit peu, choisissant de se comporter jusqu’au bout en penseur vivant du vivant. Il proposa, on le sait, des actes de réflexion et d’enseignement pleinement incarnés, portés par sa propre vocalité et gestualité. Le centenaire de cette publication fournit ainsi l’occasion rare de « lire Jousse dans le texte », en tenant compte de la textualité tout à fait particulière auquel le lecteur aura affaire : Le Style Oral est entièrement tissé de citations issues de presque 300 auteurs sur lesquels Jousse appuie sa thèse et son argumentaire – Marcel Jousse écrit uniquement les éléments de liaison entre les citations. Cet ouvrage est donc un livre à considérer en tant que tel, dans sa forme et dans son originalité ; il porte en lui des observations et des réflexions fondamentales qui irrigueront ses cours d’anthropologie la décennie suivante. Nous nous proposons donc de restituer cette publication-clé dans son contexte intellectuel et historique, tout en la mettant en dialogue avec la recherche contemporaine. Est-il possible de mettre en relation les observations et réflexions de Jousse avec les recherches actuelles sur l’oralité, dans les sociétés anciennes ou modernes, ou encore de les rattacher aux problématiques de la mise par écrit de la parole, de l’oraliture (qui concerne toute production de style oral, conçue indépendamment du rapport à l’écriture) ?

Informations et inscriptions

Cet événement exceptionnel rassemblera un panel de chercheuses et chercheurs issus de 4 continents.

Il aura lieu samedi 22 mars 2025 de 9h à 18h.

Vous pouvez y assister :

  • au Collège des Bernardins, 20 rue de Poissy, à Paris
  • ou en visioconférence sur Zoom

Dans l’objectif de faire connaître le style oral à un large public, l’accès au colloque est gratuit. Et pour des raisons d’organisation, une inscription préalable est nécessaire.

Inscription pour l’entrée au collège des Bernardins

Elle vous permettra de recevoir par e-mail votre billet personnel pour une participation sur place.

Nous vous remercions de remplir le formulaire en ligne pour vous inscrire. Disposer d’une carte bancaire ne vous sera utile que si vous souhaitez verser à l’association une participation libre aux frais de ce colloque (location de la salle, frais de transport…).

Inscription pour la visioconférence

Le lien d’accès Zoom sera envoyé automatiquement suite à votre inscription sur ce formulaire et à votre confirmation en répondant au message qui vous sera envoyé : à chercher éventuellement dans un dossier ‘Spam’ ou autre, si vous ne voyez rien arriver au bout de 5 minutes.

Si vous rencontrez des difficultés techniques pour vous inscrire via ce formulaire, vous pouvez nous contacter, jusqu’au 20 mars.

Programme

La préparation du colloque est assurée par Titus Jacquignon, membre du bureau de l’Association Marcel Jousse.

Voici le programme détaillé de la journée et son déroulement résumé en une page.

Il sera structuré autour de 2 axes, pour chaque demi-journée :

1. Autour du Style Oral de Marcel Jousse

Le matin, nous écouterons les présentations et échangerons avec :

  • Titus Jacquignon, Docteur en sciences du langage de l’Université Bordeaux-Montaigne, mettra en perspective cette publication initiale de Jousse, par rapport à l’évolution ultérieure de sa pensée : Le problème des deux modèles dans l’anthropologie joussienne. De la publication du Style Oral (1925) aux cours d’anthropologie du geste (1931-1957) : continuités et changements au sein de l’œuvre de Marcel Jousse.
  • Rémy Guérinel, Association Marcel Jousse : Enquête autour d’un objet étrange et singulier « Archives de philosophie. Etudes de psychologie linguistique. Le Style oral rythmique et mnémotechnique chez les Verbo-moteurs » par Marcel Jousse, ou les coulisses du Style Oral.
  • Pierre-Yves Testenoire, Université de la Sorbonne (Paris), un spécialiste de l’histoire de la linguistique, interrogera la notion de « style oral » mise en circulation par cet ouvrage : Qu’entendait-on par “style oral” au temps de Marcel Jousse ?
  • Florence Louvet, doctorante contractuelle
    Chaire ICP-ESSEC Entreprises et bien commun à l’Institut Catholique de Paris, nous en présentera la genèse et la réception scientifique : Le Style Oral : Méthode, sources et réception critique.
  • Duoduo Xu, Université de Singapour, nous parlera (en visioconférence) de l’apport d’Edgard Sienaert, malheureusement disparu en janvier 2024 : Le travail de traduction de Marcel Jousse accompli par Edgard Sienaert.

Jean-Rémi Lapaire, professeur émérite de linguistique de l’Université Bordeaux-Montaigne sera le modérateur de la table ronde sur ce 1er axe. Il fera également la traduction simultanée depuis l’anglais de la présentation de Mme Xu.

2. Les études contemporaines sur les mondes de l’oralité en dialogue avec l’anthropologie de Marcel Jousse

L’après-midi, nous écouterons les présentations et échangerons avec :

  • Gabriel Luis Bourdin, professeur d’anthropologie à l’UNAM (Mexique) nous fera l’honneur de sa présence à Paris. On lui doit la traduction et publication du Style Oral en espagnol. Il partagera le fruit de ses recherches sur Le style oral et l’écriture dans la civilisation Maya.
  • Dominique Casajus, directeur de recherche émérite au CNRS, qui a consacré l’essentiel de ses travaux à la culture et à la poésie des Touaregs. En examinant l’usage que les Touaregs font de leur alphabet traditionnel, il explorera : Le Style écrit en situation d’oralité.
  • Daniella Police-Michel, professeur émérite en études françaises de University of Mauritius (île Maurice). Elle présentera (en visioconférence) La pertinence de la théorie de Marcel Jousse pour aborder la créolité.
  • Willy Bongo-Pasi Moke Sangol, professeur émérite de philosophie à l’Université de Kinshasa, Recteur de l’Université Panafricaine du Congo, a été empêché de venir à Paris. Sa thèse de doctorat en philosophie portait sur l’anthropologie joussienne. Il éclairera (en visioconférence), à partir du contexte des cultures bantoues, très répandues en Afrique centrale et australe : L’utilité de l’anthropologie du geste et du style oral de Marcel Jousse pour l’étude des traditions africaines et pour la pédagogie en Afrique.
  • Augustin Ahoga, docteur et enseignant-chercheur en dialogue interreligieux et anthropologie culturelle. Il a créé le Laboratoire Interdisciplinaire sur les Réalités Endogènes de l’Afrique (Cotonou, Bénin) qui s’appuie en particulier sur l’anthropologie joussienne. Il présentera (en visioconférence) le fruit de ses recherches concernant son ethnie d’origine : Parole et rythme comme critère d’identité chez le peuple verbomoteur Maxi du Bénin.

Jean-Rémi Lapaire, professeur émérite de linguistique de l’Université Bordeaux-Montaigne sera le modérateur de la table ronde sur ce second axe.

Ressources au sujet du style oral selon Marcel Jousse

Un extrait d’un cours de Marcel Jousse à propos de sa formation dans un milieu paysan de style oral, lu par Céline Perrot, une artiste de cirque. Ce texte fait partie de l’introduction à la réédition du Style Oral en 1981.

Bibliographie sélective

  • Pédagogie et rééducation

Notre article à propos du livre de Willy Bakeroot : Musicothérapie active, Dunod (2021)

Roberte Langlois, « Marcel Jousse (1886-1961) : Anthropologie du geste et « style oral », la parole et le geste au cœur du processus de cognition », Pratiques [En ligne], 183-184 | 2019.

  • Sciences du langage

Notre présentation de l’article de Pierre-Yves Testenoire : “Les recherches sur la poésie orale autour d’Antoine Meillet : Jean Paulhan, Marcel Jousse, Milman Parry.Histoire Épistémologie Langage, 44-2 (2023)

Un article introductif d’Edgard Sienaert. Marcel Jousse : The Oral Style and the Anthropology of Gesture. Oral Tradition, 5/1 (1990)

  • Études bibliques

Notre présentation du livre collectif dirigé par Werner H. Kelber et Bruce D. Chilton : The Forgotten Compass – Marcel Jousse and the Exploration of the Oral World. Biblical Performance Criticism Volume 19, Cascade Books (2022)

Notre présentation du livre publié par Edgard Sienaert à partir de textes de Marcel Jousse : Memory, Memorization and Memorizer. The Galilean Oral-Style Tradition and Its Traditionists. Biblical Performance Criticism Volume 15, Cascade Books (2018)

Colloque en hommage à l’un des maîtres de Jousse

Marcel Jousse dédicaçait ainsi son ouvrage publié en 1925, Le Style oral rythmique et mnémotechnique chez les Verbo-moteurs :

À LA MÉMOIRE DE MON MAÎTRE DE PHONÉTIQUE EXPÉRIMENTALE AU COLLÈGE DE FRANCE M. L’ABBÉ JEAN-PIERRE ROUSSELOT CETTE ESQUISSE D’UN TRAVAIL QU’IL ENCOURAGEA EST PIEUSEMENT DÉDIÉE

Nous avons le plaisir de vous annoncer le Colloque anniversaire en hommage à l’abbé Rousselot : de la création au rayonnement de la phonétique expérimentale.

Informations pratiques

Il aura lieu les lundi 28 et mardi 29 octobre 2024 à la salle des Actes de l’Institut Catholique de Paris (74 rue de Vaugirard, 75006 Paris), lieu où la phonétique expérimentale a été enseignée pour la première fois.

Le colloque est gratuit mais l’inscription est obligatoire à partir de ce lien, ou en écrivant à Rémy Guérinel.

L’inscription par le lien nécessite la création d’un compte sur sciencesconf si vous n’en avez pas déjà un.

Il est demandé aux personnes inscrites de s’engager à venir afin de permettre de gérer l’événement dans les meilleures conditions possibles.

La date limite d’inscription est fixée au 20 octobre 2024.

Vous trouverez le programme ci-dessous et en ligne via ce lien. Les interventions seront filmées.

Une semaine avant paraîtra un dossier consacré à l’abbé Rousselot, inventeur de la phonétique expérimentale, dans la revue de l’Institut catholique Transversalités.

Le programme

28 octobre 2024

Matin

9h : Ouverture puis lecture partielle de la leçon inaugurale de l’abbé Rousselot au Collège de France en 1923 par Gérard Rouzier

10h : Remy Guérinel (ICP) – L’abbé Rousselot vu de l’Institut Catholique de Paris

10h45-11h15 : pause

11h15 : Didier Demolin (LPP, Sorbonne Nouvelle) – Rousselot et l’étude des langues du monde

12h-12h45 : Jean-Léo Léonard (Dipralang, Montpellier 3) – L’enquête sociophonétique de l’abbé Rousselot à Cellefrouin : un terrain pionnier en dialectologie sociale

Après-midi

14h15 : Enrica Galazzi (Università Cattolica Milano) – P.J. Rousselot, un bâtisseur : les appareils, les laboratoires, les revues

15h :  Giusy Pisano (ENS Louis Lumière) – Autour de l’abbé Rousselot et la rééducation de la parole chez les sourds et malentendants

15h45-16h15 : pause 

16h15 : Valérie Spaeth (Sorbonne Nouvelle) – La phonétique pour l’enseignement du français aux étrangers avec l’abbé Rousselot : que faire des différences ?

17h : Pavel Stürm (Charles Université, Prague) – From Paris to Prague: Joseph Chlumský’s enduring commitment to Rousselot’s experimental phonetics

17h45 : Pierre-Yves Testenoire (Sorbonne Nouvelle) – Par les portes entr’ouvertes du laboratoire poétique : les recherches d’André Spire (fin 18h30)

18h30 : Cocktail et exposition “Les instruments de la parole” (Université Montpellier 3, Paul Valéry)

29 octobre 2024

Matin

9h30 : Jacques Baudet (historien, ancien président de la Société Archéologique et Historique de la Charente) – Du cartulaire de l’abbaye de Cellefrouin en Charente aux études linguistiques de l’abbé Rousselot.

10h15 : Florence Louvet (ICP) – Marcel Jousse, élève de l’abbé Rousselot

11h-11h30 : pause 

11h30-11h50  : Chris Mustazza (Université de Pennsylvanie, USA) – Abbé Rousselot and the Birth of the Poetry Sound Archive

11h50-12h10 : Nicolas Quint (LLACAN, Villejuif) et Maximilien Guérin (STL Lille) – Dans le Croissant charentais, sur les traces de l’abbé Rousselot

12h10-12h30 : Didier Demolin et Angélique Amelot (LPP, Sorbonne Nouvelle) – Les modifications du langage dans le parler de Cellefrouin du 19è au 21è siècle

12h30-12h50 : Angélique Amelot, Stéphane Hans, Lise Crevier Buchman et Didier Demolin (LPP, Sorbonne Nouvelle & Service ORL de l’Hôpital Foch) – Rousselot et la phonétique clinique

Après-midi : Les laboratoires de phonétique en France

14h30-15h : Coriandre Villain et Nathalie Vallée (GIPSA Lab, Grenoble Alpes) – L’héritage de Rousselot à Grenoble : création et développement d’un des tout premiers instituts de phonétique

15h-15h30 : Fabrice Hirsch (PRAXILING UMR 5267, Montpellier 3) et Christelle Dodane  (CLESTHIA, Sorbonne Nouvelle) – Le laboratoire de phonétique de Montpellier comme héritage de l’abbé Rousselot

15h30-16h : Yohann Meynadier, Alain Ghio (Laboratoire de Phonétique Parole et Langage, Aix-en-Provence) & Didier Demolin – Dans les pas de l’abbé : la saga instrumentale d’Aix

16h-16h30 : pause

16h30-17h : Rudolph Sock (LiLPA, Strasbourg) – Les débuts de la phonétique expérimentale à l’Institut de Phonétique de Strasbourg : de l’Abbé Rousselot à Georges Straka

17h-17h30 : Cécile Fougeron, Angelique Amelot et Annie Rialland (LPP UMR 7018 – Université Sorbonne Nouvelle) – Sur l’histoire de l’institut de phonétique de Paris de 1911 à 1950

17h30 : Clôture

Le geste à l’ère numérique

Que de changements dans notre univers technique et médiatique depuis les derniers cours de Jousse dans les années 1950 ! Chaque génération d’enfants a grandi dans un monde différent de celui de ses parents, et ce n’est pas terminé ! L’anthropologie du geste et du rythme de Jousse – aussi appelée anthropologie du mimisme – est donc appelée à se renouveler dans l’observation et la prise de conscience des transformations induites par notre entrée dans l’ère numérique.

L’Association Marcel Jousse a souhaité mettre en avant ce thème lors d’un séminaire public qui a eu lieu samedi 18 novembre 2023 à Paris et en visioconférence.

Nous partageons ici les vidéos des présentations réalisées à cette occasion. Nous pourrons aussi compléter cette page au fil du temps avec d’autres contributions et ressources.

Voici quelques questions en toile de fond de notre réflexion.

  • Comment la méthode et la terminologie joussiennes peuvent-elle nous être utiles pour mieux comprendre nos usages des médias, des techniques et des technologies, ainsi que les effets qu’ils ont sur nous, tant qu’individuellement que culturellement ?
  • En quoi ces évolutions sociales, mais aussi scientifiques et techniques, nécessitent-elles de reprendre la pensée de Jousse en la complétant ou la rectifiant – comme il y invitait lui-même ses auditeurs ? « Retournez au réel, mes paroles ne sont que des panneaux indicateurs… »
  • Le modèle de l’anthropologie joussienne – le mimisme – replace au centre de la science, de la société et de la culture, l’Homme vivant et mouvant en son expression multimodale. Cette pensée actualisée peut-elle servir de base à une critique de certaines de ces évolutions technologiques et des idéologies qui les accompagnent ? Peut-elle proposer une alternative pratique ?

Titus Jacquignon : une introduction

Thomas Marshall

“Sentir et voir le numérique en dessous des mots”

Thème annoncé dans le programme du séminaire

Cette présentation propose un essai d’utilisation de la méthode de l’anthropologie du geste pour décrire ce que sont les technologies numériques, en dessous des mots conventionnels utilisés pour les nommer : quels sont leurs gestes caractéristiques et leurs gestes transitoires ? De quoi sont-elles des gestes analogiques ? Quelles histoires nous racontent le vocabulaire du numérique ? L’industrie numérique met-elle en place une stratégie de colonisation culturelle ? Je partirai de mon expérience pour prendre conscience de ce que le mimisme humain fait du numérique, et ce que le numérique fait du mimisme humain. Il sera question de simulation, de simulateurs et de simulacres.

Le texte de la présentation avec des compléments

Rémy Guérinel

“Une prise en main artisanale des outils numériques – de la machine à écrire augmentée à la bureautique digitale”

Thème annoncé dans le programme du séminaire

Mon expérience professionnelle a constitué principalement à accompagner des collaborateurs en entreprise face au changement technologique. Le déploiement des nouvelles applications, qualifiées successivement de micro-informatiques, de bureautiques, de numériques et de digitales, a été progressif, ininterrompu et constamment accéléré. Ma recherche sur l’approche anthropologique singulière de Marcel Jousse s’est faite en parallèle.
Mon milieu professionnel a été pour moi un “laboratoire de prise de conscience”. Mon approche singulière actuelle sur ces sujets se résume en un fait simple : ces éléments “virtuels” nouveaux peuvent être considérés comme des outils à prendre en main comme un artisan traditionnel prend en main un outil face à un matériau brut. Cette analogie se révèle être le fil conducteur de ma pratique.
En cela, rien de neuf, “l’homme est un complexus de gestes”. Face à la nouveauté, il s’agit plus ou moins de monter des gestes nouveaux, dans le changement, de les démonter et de les remonter. Par contre, ces nouveaux outils et matériaux, moins visibles, sont plus complexes à saisir et à empoigner.

Muriel Roland

“De l’homme sans geste au monde sans homme ? Technique versus technologie”

Thème annoncé dans le programme du séminaire

L’inachèvement natif de l’Anthropos, en le privant de comportement d’espèce (instinct naturel), l’oblige à apprendre par le geste mimique, un comportement culturel constitué de « techniques du corps » (Marcel Mauss), les unes universellement humaines (verticalisation, bipédie, langage), les autres propres à sa communauté (langue, savoir-faire quotidien et artisanal, tradition).
Si c’est bien « la Technicité qui fait l’homme » (André Leroi-Gourhan), que nous nous auto-produisons nous-mêmes par le geste interactionnel, quelles sont les conséquences du surdéveloppement des technologies exosomatiques, rendu possible par le numérique, qui font de nous les exécutants d’un monde préfabriqué dans lequel nous nous trouvons sommés de vivre dans une réalité que nous ne pouvons plus co-œuvrer, ni somatiser par le geste ? N’est-ce pas là la promesse d’une réduction drastique des savoir-faire, savoir-être, savoir-sentir et savoir-penser humains que cette même technologie se propose alors « d’augmenter » par ses propres avatars (algorithmes, IA, smart cities, QR codes, nano-puces sous-cutanées, implants cérébraux, robotisation, etc.) ? Si, comme le dit Marcel Jousse, « le geste, c’est l’homme », que peut-il advenir de lui s’il est privé du geste ?

Gabriel Bourdin

“Pensée gestuelle et algèbre numérique”

Thème annoncé dans le programme du séminaire

Jousse a conçu le déroulement de la pensée humaine comme une séquence de styles expressifs. Cette séquence n’est pas linéaire. Les styles expressifs concourent, se chevauchent et fusionnent en unités mimodramatiques multimodales. L’anthropologie du geste reconnaît l’interaction de ces styles dans l’humanité d’aujourd’hui, même si les ressources gestuelles de l’expression et de la pensée sont souvent atrophiées par la pédagogie moderne de tradition livresque. En effet, et malgré l’algébrose de la pensée moderne et écrite qui prévaut dans la société occidentale ou occidentalisée, l’individu moyen reste une manifestation plus ou moins congruente de tous ces modes d’expression combinés. Sauf handicap éventuel ou carence psychosociale et éducative, nous pouvons encore tous chanter, danser et inventer de petites histoires comiques lors d’une fête. Cependant, le spectre de la déshumanisation par ce que l’on peut appeler une civilisation technologique basée sur des circuits logiques-numériques nous guette. L’anthropologie du geste peut-elle nous apporter de la lucidité face aux promesses de l’idéologie transhumaniste et de ses applications technologiques ?

Résumé de la présentation en français, espagnol et anglais

Le texte préparé pour cette communication (Ajout le 18/09/2024)

Présentation sur Jousse au Comité International de la Danse – 2/12/2023

Le Conseil International de la Danse est une ONG internationale sans but lucratif, qui est partenaire de l’UNESCO depuis sa fondation en 1973. Elle fédère plusieurs milliers de membres (personnes et organisations) dans 170 pays. Ils ont lancé le programme « Danse et Spiritualité » qui traite du rapport de la danse et des artistes avec le spirituel.

Suite à la suggestion de France Schott Billmann, l’Association Marcel Jousse a été contactée par le responsable de ce programme, Constantin Kontogiannis. Les premiers échanges ont abouti à la programmation d’une conférence de Titus Jacquignon. Une belle occasion de faire découvrir les recherches anthropologiques de Jousse dans ce milieu qui se préoccupe des danses en tant que patrimoine culturel vivant à reconnaître et à préserver.

Marcel Jousse : Anthropologie de l’Expression

Présentation par Titus Jacquignon, Docteur en sciences du langage

Samedi 2 décembre à 16h00 (heure de Paris)

Programme prévisionnel

Langage : en français, avec traduction en anglais

Lien zoom : https://us02web.zoom.us/j/9414526266

Pour vous inscrire, écrire à DanceAndSpirituality@gmail.com

Pour en savoir plus :

  • Le document de présentation du programme Danse et Spiritualité

Présentations des recherches de Muriel Roland (2023)

Nous avons le plaisir d’annoncer la prochaine soutenance de la thèse de Muriel Roland, membre active de l’Association Marcel Jousse, ainsi que deux occasions de l’entendre présenter les fruits de son travail, en novembre et décembre.

Qui est Muriel Roland ?

Muriel Roland, artiste de théâtre, formée à l’École Internationale de Mimodrame Marcel Marceau de Paris (1983-86), co-fondatrice de la Cie SourouS, du Festival Auteurs en Acte, de l’Escuela nacional de teatro – Santa Cruz-Bolivie, vient d’achever une thèse de doctorat sur le geste de l’acteur, sous la direction du Pr. Katia Légeret, (Université Paris 8). Depuis 30 ans, l’œuvre de Marcel Jousse est pour elle une source vive et intarissable d’inspiration.

Lors des années passées, elle a proposé plusieurs interventions dans le cadre de l’Association Marcel Jousse, notamment lors des séminaires dont les vidéos sont publiées sur notre chaîne You Tube. Elle s’intéresse aussi beaucoup à la pensée de René Girard, qu’elle met en lien avec celle de Jousse, notamment pour mieux comprendre la violence.

Sa thèse de doctorat

Faisant retour sur une riche carrière artistique et pédagogique, Muriel Roland a réussi à aboutir son projet de recherche et d’écriture, dans le cadre exigeant d’une thèse de doctorat – tout en continuant en parallèle ses activité théâtrales ! Nous lui adressons toutes nos félicitations pour cet aboutissement et sommes impatients de pouvoir lire son travail. Le résumé ci-dessous, qu’elle a rédigé, montre bien l’ambition et la richesse intellectuelle d’un travail, qui est à la fois profondément incarné dans ses expériences.

Le rituel universitaire de la soutenance de sa thèse sera l’occasion de la réception de ce travail dans le cadre de la communauté scientifique interdisciplinaire des études théâtrales. Cet événement aura lieu lundi 20 novembre à l’Université Paris 8 à Saint Denis. Il n’est malheureusement pas ouvert au public du fait de la petite taille de la salle disponible.

Poïétique du geste de l’acteur au théâtre – Thèse sous la direction de Madame Katia Légeret. Laboratoire de rattachement : Scènes du monde, création, savoirs critiques – UFR : Arts, philosophie, esthétique

Membres du jury :

  • Nathalie Coutelet, professeure, Université Paris 8.
  • Katia Légeret, professeure, Université Paris 8.
  • Doina Petrescu, professeure, Université de Sheffield
  • Jean-Pierre Triffaux, professeur, Université Côte d’Azur

 

Résumé :

La présente thèse trouve son origine dans la pratique du théâtre et du métier d’actrice de son autrice ; elle vise à penser la nature du geste, et plus particulièrement celle du geste théâtral dans une perspective cosmologique, anthropologique et historique.

En prenant appui sur l’anthropologie du geste de Marcel Jousse, la philosophie taoïste, la logique antagoniste de Stéphane Lupasco et ses développements par Basarab Nicolescu, elle envisage le corps humain comme « le microcosme qui réverbère le macrocosme », c’est-à-dire comme étant régi par les lois même de l’univers et de la nature, ce qui fait l’objet de la première partie.

En s’arrêtant sur les conséquences de la verticalisation de l’humain et de son inachèvement à la naissance (néoténie), la seconde partie pointe les particularités d’un comportement d’espèce qui conduit l’humain à intégrer ses traits invariants (verticalisation, bipédie, langage) et particuliers (cultures) par le biais d’un processus d’apprentissage qui le singularise et le caractérise : le geste mimique.

La troisième partie examine – à partir du théâtre grec antique et à l’aune notamment de la pensée de René Girard – comment le théâtre, en représentant à la fois le peuple (à travers le chœur) et l’ancien sacrifié (à travers l’acteur) opère le prolongement de la scène rituelle ainsi que sa mise à distance pour le spectateur (ancien lyncheur). Cette évolution informe en profondeur les « techniques du corps » (Marcel Mauss) de l’acteur, qui retourne optiquement l’ancienne aire sacrée pour la transformer en scène d’incarnation agonistique (agôn, « lutte, combat »). Simultanément, en frère du poète-dramaturge et du didascalos-metteur en scène, l’acteur est aussi porteur du récit et compositeur méticuleux de la conduite de sa partition gestuelle dans l’espace et la durée. Il lui faut alors combiner transe et maîtrise. L’inscription corporelle de ce paradoxe est évoquée à travers les techniques de l’acteur marionnettique et des « trois corps en un » de la tradition chinoise (Shēn Tĭ- marionnette-corps physique ; Shēn Yì- marionnettiste- corps d’intention ; Shēn Qì- fil- corps énergétique) que l’on retrouve chez Marcel Marceau, Antonin Artaud, comme dans le Nāṭya-śāstra (traité antique de l’hindouisme donnant les bases et principes du théâtre indien).

L’ensemble de cette thèse vise à interroger les conditions par lesquelles le geste de l’acteur et l’art du théâtre tout entier pourraient contribuer à une ré-instauration de la poïèsis (art ou acte de fabriquer) dans nos vies marquées par la disparition accélérée – au profit des seules technologies exosomatiques – des techniques gestuelles, corporelles et relationnelles constitutives de notre humanité.

 

Présentations publiques

Vous aurez l’opportunité d’entendre et de voir Muriel Roland partager les fruits de son travail à deux occasions.

  • Samedi 18 novembre (16 h 15-17h) : “De l’homme sans geste au monde sans homme ? Technique versus technologie”

A Paris ou en visioconférence, Muriel Roland présentera cette facette de sa thèse qui questionne les impacts des nouvelles technologies, dans le cadre du séminaire organisé par l’Association Marcel Jousse : “Le geste à l’ère du numérique” (14h-18h).
Pour en savoir plus

  • Mardi 5 décembre (13 h 30-14h45) : “Les trois corps de l’acteur, enraciné-suspendu, entre transe et maîtrise”

Cette conférence gestuée aura lieu au Théâtre L’Echangeur à Bagnolet, dans le cadre des Rencontres publiques autour du Vaudou haïtien, des pratiques rituelles et des arts de la transformation. Elle abordera de nombreuses thématiques de ses recherches. Elle sera suivie d’une courte pratique (pour les volontaires) et d’une discussion.

Si le trac est le souvenir corporel d’une ancienne traque ; si tragédie, « chant du bouc » (émissaire) signifie d’abord le chant rituel accompagnant le sacrifice du bouc aux fêtes de Dionysos à l’époque archaïque ; « si le théâtre est fait pour permettre à nos refoulements de prendre vie » (Antonin Artaud), nous pouvons considérer l’acteur comme le fantôme de la victime sacrificielle, relevé de son cadavre, revenant jouer « comme un supplicié que l’on brûle et qui fait des signes sur son bûcher » (Antonin Artaud). Ceci éclaire la fabrique de nombreuses « techniques du corps » de l’acteur qui retourne optiquement l’ancienne aire rituelle pour la transformer en scène d’incarnation agonistique (agôn, « lutte, combat »). Simultanément, en frère du poète-dramaturge et du didascalos-metteur en scène, l’acteur est aussi porteur du récit et compositeur méticuleux de la conduite de sa partition gestuelle dans l’espace et la durée. Il lui faut alors combiner transe et maîtrise. C’est l’inscription corporelle de ce paradoxe qui sera ici explorée, à travers l’évocation gestuelle de l’anthropologie du geste de Marcel Jousse, de l’acteur marionnettique et des « trois corps en un » de la tradition chinoise (Shēn Tĭ- marionnette-corps physique ; Shēn Yì- marionnettiste- corps d’intention; Shēn Qì- fil- corps énergétique) que l’on retrouve chez Marcel Marceau, Antonin Artaud, dans le Nāṭya-śāstra (traité antique de l’hindouisme donnant les bases du théâtre indien) ainsi que dans le texte de Heinrich von Kleist Sur le théâtre de marionnettes.

Cette présentation s’inscrit dans le cadre des rencontres publiques autour du vodou haïtien, des pratiques rituelles et des arts de la transformation : Interventions scientifiques, artistiques et projections de films anthropologiques avec des enseignants chercheurs d’universités françaises et haïtiennes – LUNDI 4 & MARDI 5 DÉCEMBRE 2023 | 13h30 > 19h00

Réservation gratuite en ligne pour les rencontres

Autres activités autour des arts vivants du vodou haïtien

Muriel Roland collabore depuis quelques années avec des chercheurs explorant les arts de la transformation, sur et en dehors de la scène théâtrale. Nous relayons donc à sa demande l’annonce des autres activités prévues sur ce thème au théâtre de Bagnolet.

Programme général

Pour réserver gratuitement (et rapidement), cliquez sur les liens ci-dessous :

  • SAMEDI 2 & DIMANCHE 3 DÉCEMBRE 2023 | 10h00 > 13h00
    Ateliers pratiques de chants et danses vodou haïtien
    Dirigés par Mambo Ninie et 4 artistes haïtiens des communautés du vodou Madame Nerval et Legphibao

Réservation gratuite en ligne pour les ateliers

  • MARDI 5 DÉCEMBRE 2023 | 19h30
    Performance sur la piété et l’échange entre les hommes et les dieux
    De Stéphane Poliakov & Hugues Badet

Réservation gratuite en ligne pour cette performance

  • MERCREDI 6 DÉCEMBRE 2023 | 19h30
    Performance. Action rituelle
    Laboratoire international des arts de la transformation ; rituels du vodou haïtien et tragédies grecques et classiques françaises
    Avec Marie-Suze Jean-Baptiste, Dalia Jean, Mirlande Merville, Nadilie Charles, Saintelus Candy, Luis Strong Megie, Sarah Periquet. Direction Fabrice Nicot.

Réservation gratuite en ligne pour cette performance

  • JEUDI 7 DÉCEMBRE 2023 | 19h30
    Franchir la barrière
    Performance. Action rituelle
    Avec Marie-Suze Jean-Baptiste, Dalia Jean, Mirlande Merville, Nadilie Charles, Saintelus Candy, Luis Strong Megie. Direction Fabrice Nicot.

Réservation gratuite en ligne pour cette performance

  • 9-13 JANVIER 2024
    Les Bonnes – Matériau
    Performance. Spectacle
    Institut Grotowski de Wroclaw et Atelier Wachowicz/Fret
    Avec Marie Suze Jean Baptiste, Katya Egorova, Elisa Guarraggi, Aleksandra Kugacz-Semerci, Monika Wachowicz, Marie Walker, Gey Pin Ang.

Présentation et réservation

“Marcel Jousse, lecteur de Bergson” est publié

Nous sommes heureux d’annoncer la publication aux éditions du Cerf de cet ouvrage d’Elisabeth (Clara) Vasseur. Il est dérivé de la thèse de doctorat en philosophie qu’elle a soutenu en décembre 2019 à l’Institut Catholique de Paris sous le titre “Marcel Jousse, philosophe, Dialogue avec Bergson.”

Voici la présentation donnée sur le site de l’éditeur :

« Jousse – il a trouvé un filon, comme on dit », confie Bergson dans un entretien avec Lydie Adolphe.
La relation que Marcel Jousse, chercheur, professeur, homme d’Église, entretient tout au long de ses quelque quarante ans d’enseignement avec le philosophe Henri Bergson est pour le moins paradoxale. Entre admiration et rejet, Jousse revendique « sa » lecture de Bergson. Libre et inspirante, souvent critique, voire frôlant la caricature, cette lecture tonique agit en retour sur le lecteur, qu’il soit connaisseur de l’œuvre de Bergson ou pas. Selon Jousse, le geste corporel-manuel, le geste global, est au cœur de la pensée du philosophe. Bergson joue sa pensée avec ses mains, avec tout son corps avant de la jeter dans ses livres. La connaissance des lois anthropologiques du Style oral formulées par Jousse permet de mieux saisir la particularité du style de Bergson, proche de celui de Péguy, et qui s’apparente au style oral des rythmo-mimeurs. Jousse, Bergson : deux noms qui ont marqué leur époque. Le lien fort qui unit les deux penseurs est au cœur de cette enquête – que l’on pourrait aussi écrire « en quête » – à la fois philosophique et historique. Ce livre s’inscrit dans la longue liste des « lecteurs de Bergson » qu’ils soient ou non bergsoniens.

Élisabeth Vasseur, docteur en philosophie, vit en Allemagne. Elle a contribué à faire connaître l’œuvre de Marcel Jousse par ses travaux, en particulier outre-Rhin.

Cette publication est l’aboutissement d’un long travail de l’autrice, qui a démarré en 2016 par la mise en place d’une co-tutelle pour sa thèse entre l’Institut Catholique de Paris et l’université catholique de Eichstätt-Ingolstadt en Allemagne. Son travail de recherche a été suivi par les professeurs Emmanuel Falque et Walter Schweidler. Il a permis également le développement d’un lien entre l’Association Marcel Jousse et l’Institut Catholique de Paris, aboutissant à la réception des archives Jousse par cette institution, et à la publication à cette occasion d’un volume de la revue Transversalités entièrement consacré à Marcel Jousse.

Son travail a bénéficié d’un soutien financier de l’Association Marcel Jousse. Il nous a semblé en effet important, par cette recherche, de continuer à retisser des liens entre Marcel Jousse, perçu comme un chercheur jésuite inclassable, et l’histoire intellectuelle du 20ème siècle. Si, un siècle plus tard, son œuvre semble plutôt être le fruit d’une trajectoire isolée, il est important de souligner que Jousse a entretenu de son vivant de nombreux dialogues, de façon directe ou indirecte, avec de grands penseurs et chercheurs français de son époque.

Rémy Guérinel par exemple avait montré l’importance de ses liens avec ses maîtres du Collège de France, le psychologue Pierre Janet et l’Abbé Rousselot, fondateur de la phonétique expérimentale, deux figures importantes mais néanmoins un peu oubliées.
Clara-Élisabeth Vasseur a eu le courage de s’attaquer au dossier philosophique et historique des liens entre Jousse et Bergson, le philosophe français le plus renommé lorsque Jousse commence à enseigner en 1931. Comme elle l’avait expliqué en 2020 lors d’une présentation (disponible en vidéo pour les membres de l’association), elle n’a pas fait “la thèse sur Jousse et Bergson” mais “une thèse” sur le sujet, en espérant susciter un intérêt et être suivie par d’autres. Ayant disposé de seulement 3 ans pour aboutir son projet, elle a donc dû choisir certaines pistes et en écarter d’autres.

Son travail ne manque pourtant pas d’ambition : l’autrice s’appuie sur une bonne connaissance à la fois de l’œuvre de Bergson et de celle de Jousse ; mais elle ne s’est pas arrêtée à une exégèse comparative des écrits de ces deux penseurs. Dans une démarche d’enquête, elle a aussi cherché à croiser et mettre en lien ce que dit Jousse au sujet de Bergson dans ses cours, ce que dit de Jousse la collaboratrice de Bergson, Lydie Adolphe, et des traces de cette relation intellectuelle conservées dans les archives de l’un et de l’autre, publiées avec d’autres inédits en annexe du livre. Le lecteur y trouvera de nombreux extraits de cours relatifs à Bergson, cours donnés en Sorbonne par Marcel Jousse. Un de ces cours est entièrement consacré à l’intuition bergsonienne.

Espérons qu’à travers ce livre, un dialogue puisse se poursuivre entre les personnes intéressées par l’œuvre de l’anthropologue du geste et celles intéressées par l’œuvre du philosophe !

Thomas Marshall

Membre du Bureau de l’Association Marcel Jousse

Les recherches sur la poésie orale autour d’Antoine Meillet : Jean Paulhan, Marcel Jousse, Milman Parry

Pierre-Yves Testenoire, Maître de Conférences en Sciences du langage à la Sorbonne, vient de publier sous ce titre un article dans la revue Histoire Épistémologie Langage. Il a également écrit l’article de présentation de ce dossier thématique “Linguistique et anthropologie au début du 20e siècle”. Le dossier est composé de 4 articles étudiant les liens entre ces disciplines, alors récentes, à travers les positions de chercheurs répartis dans les communautés scientifiques suivantes : nord-américaine, allemande, française et britannique.

Voici le résumé de l’article publié par son auteur :

“Cet article porte sur trois recherches autour de la poésie orale menées dans le premier tiers du xxe siècle : le travail de Jean Paulhan (1884-1968) sur la poésie populaire traditionnelle à Madagascar, l’anthropologie linguistique de Marcel Jousse (1886-1961) et les recherches de Milman Parry (1902-1935) sur la composition formulaire des poèmes homériques. Ces trois recherches ont en commun d’avoir été dirigées ou en partie inspirées par Antoine Meillet (1866-1936). Elles sont une des manifestations concrètes de l’ambition portée par Meillet de faire dialoguer la linguistique avec l’ethnographie. L’article présente la spécificité de ces trois recherches mais aussi ce qui les réunit dans un objectif commun de décrire ou de théoriser l’oralité poétique. On s’intéresse, en particulier, à l’apport de l’enseignement de Meillet dans ces trois entreprises ainsi qu’à l’accueil qu’il leur réserve dans ses comptes rendus pour les Bulletins de la Société de linguistique de Paris. L’objectif est aussi d’évaluer la contribution de Meillet à l’émergence du concept de « formule » qui prend corps à travers ces travaux et qui deviendra la pierre angulaire des théories oralistes.”

Lire l’article

Voir le sommaire de la revue

 

Il est intéressant que Pierre-Yves Testenoire reprenne des extraits de cours de Jousse dans lesquels ce dernier parle d’échanges qu’il a eu avec Meillet. Notons que Jousse ne présente pas ce dernier comme l’un de ses maîtres, au même titre que Pierre Janet en psychologie, Marcel Mauss en ethnologie et l’abbé Rousselot en phonétique expérimentale – chercheurs dont il a suivi les enseignements à Paris suite à son retour des États-Unis en 1919. En revanche, Jousse s’appuie sur l’autorité scientifique de ce linguiste reconnu, de 20 ans son aîné, afin de montrer à son auditoire que ses travaux sont pris au sérieux – Meillet ayant notamment publié un compte-rendu du Style oral (1925). Hier comme aujourd’hui, un chercheur n’est rien sans la reconnaissance que d’autres chercheurs lui accordent. Et cela d’autant plus pour Jousse, qui est un “franc-tireur” en sciences humaines, sans poste universitaire, proposant rien de moins que la création d’une nouvelle science !
A ce titre, il est précieux que les travaux de Pierre-Yves Testenoire contribuent aujourd’hui à réintégrer, dans une histoire de la linguistique marquée par l’héritage de Saussure, ce courant d’études de l’oralité du début du 20° siècle dont fait partie Marcel Jousse.
Vous pouvez également lire le rendu compte d’un autre texte intéressant de Pierre-Yves Testenoire intitulé : Une sémiologie sans signe : Marcel Jousse et la linguistique de son temps

Thomas Marshall et Titus Jacquignon,
membres du Bureau de l’Association Marcel Jousse

Page 1 of 8

Propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén