Marcel Jousse

chercheur, anthropologue, pédagogue

Catégorie : Interventions de colloques (Page 1 of 2)

D’un passage par le laboratoire de prise de conscience : Edgard Sienaert

Dans cette intervention au colloque « L’homme est mémoire » à Bordeaux (2014), Edgard Sienaert se livre à travers une sorte de biographie anthropologique, suivant l’invitation de Jousse à pratiquer le « laboratoire de prise de conscience ».

Suite à une introduction basée sur des citations de cours de Jousse, Edgard Sienaert retrace chronologiquement quelques unes de ses expériences significatives face aux langues et aux cultures, de son enfance en Belgique, jusqu’à l’Afrique du Sud et au Lesotho où il vit aujourd’hui.

Il les relie au mimisme humain décrit par Jousse, fondement d’une triple cohérence de l’humain avec lui-même, avec le cosmos, et des hommes entre eux… qui peut être menacée :

  • par le psychisme : séparation factice de l’humain entre corps et esprit ;
  • par l’algébrosisme : perte de contact du langage oral et écrit avec le monde ;
  • et par le racisme : perte de l’appartenance commune entre les hommes.

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Jean-Rémi Lapaire : un linguiste qui rejoint l’anthropologie du geste

Jean-Rémi Lapaire étudie et enseigne la linguistique anglaise et les études gestuelles à l’Université de Bordeaux.

Dans cette intervention au colloque « L’homme est mémoire » (2014), il nous présente différents exemples de gestes présents dans l’expression corporelle spontanée que nous avons lorsque nous communiquons avec autrui. Il retrace également les apports à ses recherches d’auteurs n’ayant pas connu les travaux de Jousse tels que Birdwhistel, Goffman, Malinowski. Il présente enfin ce qu’il retire de la pensée de Jousse dans sa pratique d’enseignant de l’anglais, en lien avec les travaux de James Asher, du phonéticien Dennis Fry, et de Kendon.

La vidéo sur le site de l’Université Bordeaux Montaigne

Retour en vidéo sur Geste’Stations (2016)

Geste’Stations – Les saisons du geste en scène – Opus 1
Journée d’étude autour de Marcel Jousse en compagnie d’Edgard Sienaert :
Rejouer les gestes de l’Univers

Edgard Sienaert entouré d’une vingtaine d’artistes-chercheurs qui ont proposé de multiples échos, au travers de courtes performances artistiques, démonstrations, mini-ateliers, chansons…

Cette journée du 28 mai 2016 a été filmée et un montage a été réalisé en deux vidéos :

  • la première rassemble des extraits des interventions artistiques et pédagogiques (durée 1h08)
  • la seconde rassemble les communications d’Edgard Sienaert faites tout au long de la journée, ponctuées d’extraits de cours de Marcel Jousse lus par Gérard Rouzier  (durée 55 minutes)

C’est là : http://www-artweb.univ-paris8.fr/?Geste-Stations-Les-saisons-du

Les  intervenantes et intervenants :

Jean-Michel Daganaud, comédien, metteur en scène, professeur de placement du corps et de la voix
Lina Do Carmo, chorégraphe, danseuse-mime, doctorante
Régine Géraud, mime, comédienne, coach, performer
Marcos Malavia, acteur, metteur en scène
Géraldine Moreau, mime, médiatrice culturelle
Frédéric Pagès, chanteur, comédien, pédagogue
Marie Potapushkina-Delfosse, professeure des écoles, docteure en sciences du langage
Muriel Roland, actrice, metteuse en scène, doctorante
Gérard Rouzier, comédien
Elena Serra, pédagogue, metteuse en scène et comédienne
Laurence de Sève, chanteuse
David Sire, chanteur
Érico José Souza de Oliveira, metteur en scène, chercheur
Alain d’Ursel, kinésithérapeute
Nadia Vadori-Gauthier, artiste de performance, praticienne somatique, docteure en esthétique, EDESTA, EA 1573, Paris 8
Clara-Elisabeth Vasseur, philosophe
Olivier Viaud, danseur
Claire Willemann, plasticienne

Suite à cette journée, Edgard Sienaert a publié un article intitulé « Le geste doit précéder la parole. De l’anthropologie du mimisme de Marcel Jousse » dans la revue Degrés (Bruxelles). Il s’agit du n°171-172, automne-hiver 2017 de cette revue de sémiologie, sur le thème « L’interdisciplinarité entre recherche et création ».

On y trouve aussi un article de Nadia Vadori-Gauthier . A découvrir, la présentation de son projet « Une minute de danse par jour » sur You Tube et sur son propre site.

Merci à Muriel Roland (Compagnie SourouS / Université Paris 8) d’avoir initié et coordonné ce projet jusqu’à cette belle restitution.

L’Homme est mémoire : le colloque à Bordeaux en 2014

Affiche-colloqueL’Homme est mémoire. Rencontre transdisciplinaire entre l’anthropologie de Marcel Jousse et les sciences cognitives

Cette manifestation scientifique s’est tenue à l’espace Agora, domaine universitaire de Bordeaux, du 24 au 26 septembre 2014. Elle a été organisée conjointement par l’Institut des maladies neuro-végétatives IMN, CNRS, UMR 5293 et l’Institut de neurosciences cognitives et intégratives d’Aquitaine(INCIA), CNRS 52875 (Université de Bordeaux).

Étaient également partenaires de l’événement, l’Association Marcel Jousse (Paris) ainsi que l’EA 4196 CLIMAS (Université Bordeaux Montaigne).

Le programme complet

La liste des orateurs et les résumés des interventions

Les vidéos d’un certain nombre d’interventions sont disponibles :

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Marcel Jousse, l’anthropologie du geste et du rythme

Dynamiques des mémoires

Mémoires et dysfonctionnements, prise en charge et accompagnement

Mémoires et comportements

Ethno-mémoires

Anthropologie culturelle et psychiatrique

Le 27 septembre, des conférences et projections dédiées à un plus large public

affiche-27septembre2014

L’anthropologie de Marcel Jousse d’après ses cours oraux

Une intervention d’Edgard Sienaert au colloque à l’université Lyon 3 en 2011

Cette intervention est une composition de synthèse à partir d’un grand nombre de citations issues des cours de Jousse.

Suite aux retours très positifs sur cette présentation, l’association Marcel Jousse a organisé deux séminaires autour d’Edgard Sienaert. De ce travail est né l’ouvrage : Au commencement était le mimisme.

Marcel Jousse praticien : astronome, artilleur et cavalier

Intervention de Rémy Guérinel au colloque à Lyon (2011)

Marcel Jousse en son temps

Intervention de Titus Jacquignon au colloque à Lyon (2011)

L’anthropologie de la mémoire, du geste et du rythme de Marcel Jousse

Intervention filmée de Titus Jacquignon

Colloque « L’Homme est mémoire » à Bordeaux en septembre 2014 (26 minutes)

L’oralité des milieux créoles à la lumière des travaux de Marcel Jousse

C’est le sujet de l’intervention de Daniella POLICE-MICHEL, University of Mauritius, faite le 3 novembre 2016 lors du XVème Colloque International des Etudes Créoles.

« Pourquoi étudier les langues, cultures et sociétés créoles aujourd’hui ? »
Baie Mahault, 31 octobre 2016, 1er, 2, 3 & 4 novembre 2016

Voici le résumé de cette intervention :

Alors que les efforts d’instrumentalisation des langues créoles se multiplient au niveau de l’écrit pour que ces langues prennent leur place en milieux institutionnels, se pose la question des moyens disponibles pour assurer la valorisation de leur oralité ; ce, si l’on veut éviter que les pratiques de ces langues se retrouvent prises dans un paradigme qui confère aux pratiques écrites un statut supérieur aux pratiques orales.
Si la dynamique des langues créoles est sans doute à mettre sur le compte de leur oralité culturelle, cette oralité se prête difficilement aux méthodes d’analyse linguistiques qui ramènent le plus souvent l’objet d’étude à des séquences de formes linguistiques (orales ou écrites).
Or dans le domaine de l’oralité, les formes linguistiques ne sont que des indices du sens véhiculé pour l’essentiel par la parole gestuelle et le contexte (Sperber, 2000) ainsi que par la parole musicale dans une plus forme élaborée.
Nous nous proposons lors de cette communication de présenter quelques aspects fondamentaux de l’anthropologie du geste de Marcel Jousse, dont l’essentiel des travaux repose sur son expérience de l’oralité paysanne de son enfance et de sa jeunesse, celle des Amérindiens qu’il a fréquentés et celle des enfants qu’il a observés. (Jousse, 1969 ; Lapaire, 2014)
À cet effet, nous nous appuierons sur une analyse du séga mauricien selon l’approche de Marcel Jousse. Celle-ci révèle cette pratique musicale créole comme une parole tri-modale, un lieu de construction et de transmission de connaissance, le lieu d’émergence d’un embryon de culture, d’un nouvel anthropos (Police-Michel, 2006).
Cette pratique de l’oralité prise comme exemple, sera ensuite confrontée au contexte d’une institution telle que l’école afin de faire ressortir à quel point le nouvel anthropos se retrouve dans l’obligation de renoncer aux dimensions de son oralité pour conquérir les institutions d’état.
Nous entendons ainsi soulever la question des moyens à mettre en place pour que la promotion des langues créoles dans les institutions, en particulier dans l’institution scolaire, ne soit pas synonyme de délaissement ou de dévalorisation de leur oralité. Cette question conduit à remettre en cause les systèmes d’éducation fondés sur l’écriture (Terrail, 2009).

Bibliographie sommaire

  • Calvet, L.-J. (1984). La tradition orale . Paris: PUF.
  • Jousse, M. (1969). L’Anthropologie du geste. Paris: Les Éditions Resma, 1969, 395 pp. Édition numérique réalisée par Marcelle Bergeron, coll. Les classiques des sciences sociales. Université du Québec à Chicoutimi. http://dx.doi.org/doi:10.1522/030181269
  • Sur les pas de Marcel Jousse – La mémoire, le geste et le vivant. Film documentaire réalisé par J-C. Cheyssial et produit par J.-R. Lepaire. Une co-production: Université Bordeaux Montaigne & Association Marcel Jousse. Septembre 2014. https://www.youtube.com/watch?v=_J063QlYcUU
  • Police-Michel, D. (2006). “Le séga traditionnel mauricien : lieu de naissance d’un nouvel anthropos”, In Revue Études Océan Indien. No 37.
  • TERRAIL Jean-Pierre. (2009) De l’oralité. Essai sur l’égalité des intelligences. Paris : La Dispute/Snédit, 286 p.
  • Sperber, D. (2000). « La communication et le sens ». Dans Yves Michaud (éd.) Qu’est-ce que l’humain? Université de tous les savoirs, volume 2. Paris: Odile Jacob. Pp. 119-128

Colloque : « Jeux en jeu dans l’enseignement – apprentissage des langues en Lansad »

Lansad = enseignement des « langues à des spécialistes d’autres disciplines »

à l’IUT de Lyon les 2, 3, 4 juin 2016

Dans son ouvrage intitulé L’anthropologie du geste, Marcel Jousse décrit l’homme comme “un animal interactionnellement mimeur” ([1974] 2008) ne pouvant s’empêcher de rejouer les actions qu’il voit autour de lui, actions qui s’im-priment en lui et qu’il ex-prime ensuite au travers de rejeux. L’homme construit donc son identité, son « je » en rejouant les actions du monde. Jouer lui permet de « faire corps avec » et, par là, de mieux comprendre et mémoriser (Lecoq 1997). Par conséquent, l’acte de jouer (et de rejouer) permet d’acquérir des connaissances et compétences tout en se reliant à autrui puisque tout jeu implique une reconnaissance et une adaptation à l’autre. Enfin, pour Jousse, jouer est un acte de création puisque le rejeu n’est jamais une réverbération, une simple imitation fidèle de ce qui a été perçu mais une réponse personnelle et dynamique. Il ne s’agit pas de représenter de manière figurée l’objet observé mais « d’agir » sa dynamique intérieure.

Ainsi, le jeu peut être un amusement, une activité divertissante que l’on pourrait proposer aux étudiants dans une perspective (re)motivationnelle ; toutefois, il reste fondamentalement un comportement qui nous est propre, « quelque chose de profondément anthropologique » (ibid). Dans cet esprit, Berthoz considère qu’il ne peut y avoir d’apprentissage sans action puisque « l’origine de la pensée réside dans la nécessité de bouger » (2009). D’autres chercheurs en neurosciences mettent en évidence l’importance du corps dans l’apprentissage, comme Rizzolatti, qui  suggère l’existence des neurones miroirs qui nous permettent inconsciemment de simuler les actions d’autrui.

Les liens entre jeu et apprentissage sont nombreux et tous deux sont des phénomènes éminemment sociaux qui relient l’individu à son environnement. Ils favorisent « la mise en je » de son identité et rappellent le rôle du corps dans la compréhension d’autrui. Le jeu reste néanmoins marginalisé en cours de langue (Lapaire & Masse, 2008 ; Aden 2008). Comment, dans ces conditions, penser l’enseignement/apprentissage dans le secteur LANSAD afin de redonner toute leur place aux jeux quels qu’ils soient ? Telle sera la question à laquelle nous tenterons de répondre lors du prochain congrès de l’APLIUT à Lyon. La notion de jeu pourra être envisagée dans ses nombreuses acceptions (théâtraux, stratégiques, vidéo, tangibles, pour n’en citer que quelques-uns) et ses enjeux en termes d’enseignement/apprentissage (motivation, plaisir, autonomie, mémorisation).

Références

Aden J. 2008. « Compétences interculturelles en didactique des langues : développer l’empathie par la théâtralisation », Apprentissages des langues et pratiques artistiques, Paris, Édition le Manuscrit, p. 67-102.

Berthoz A. 2009. La simplexité, Paris : Odile Jacob.

Jousse M. 2008. L’Anthropologie du Geste, Paris : Gallimard (1978)

Lecoq J. 1997. Le corps poétique : un enseignement de la création théâtrale, Arles : Actes Sud.

Lapaire, J.-R. & Masse J. (2008). « Danser la grammaire de l’anglais », dans Aden J., Apprentissages des langues et pratiques artistiques, p. 149-176.

Rizzolati G., Sinigaglia C. 2007. Mirrors in the Brain. How our minds share actions and emotions, Oxford : Oxford University Press.

Lien vers la source :
http://www.aplv-languesmodernes.org/spip.php?article6033

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