chercheur, anthropologue, pédagogue

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Retour en vidéo sur Geste’Stations (2016)

Geste’Stations – Les saisons du geste en scène – Opus 1
Journée d’étude autour de Marcel Jousse en compagnie d’Edgard Sienaert :
Rejouer les gestes de l’Univers

Edgard Sienaert entouré d’une vingtaine d’artistes-chercheurs qui ont proposé de multiples échos, au travers de courtes performances artistiques, démonstrations, mini-ateliers, chansons…

Cette journée du 28 mai 2016 a été filmée et un montage a été réalisé en deux vidéos :

  • la première rassemble des extraits des interventions artistiques et pédagogiques (durée 1h08)
  • la seconde rassemble les communications d’Edgard Sienaert faites tout au long de la journée, ponctuées d’extraits de cours de Marcel Jousse lus par Gérard Rouzier  (durée 55 minutes)

C’est là : http://www-artweb.univ-paris8.fr/?Geste-Stations-Les-saisons-du

Les  intervenantes et intervenants :

Jean-Michel Daganaud, comédien, metteur en scène, professeur de placement du corps et de la voix
Lina Do Carmo, chorégraphe, danseuse-mime, doctorante
Régine Géraud, mime, comédienne, coach, performer
Marcos Malavia, acteur, metteur en scène
Géraldine Moreau, mime, médiatrice culturelle
Frédéric Pagès, chanteur, comédien, pédagogue
Marie Potapushkina-Delfosse, professeure des écoles, docteure en sciences du langage
Muriel Roland, actrice, metteuse en scène, doctorante
Gérard Rouzier, comédien
Elena Serra, pédagogue, metteuse en scène et comédienne
Laurence de Sève, chanteuse
David Sire, chanteur
Érico José Souza de Oliveira, metteur en scène, chercheur
Alain d’Ursel, kinésithérapeute
Nadia Vadori-Gauthier, artiste de performance, praticienne somatique, docteure en esthétique, EDESTA, EA 1573, Paris 8
Clara-Elisabeth Vasseur, philosophe
Olivier Viaud, danseur
Claire Willemann, plasticienne

Suite à cette journée, Edgard Sienaert a publié un article intitulé “Le geste doit précéder la parole. De l’anthropologie du mimisme de Marcel Jousse” dans la revue Degrés (Bruxelles). Il s’agit du n°171-172, automne-hiver 2017 de cette revue de sémiologie, sur le thème “L’interdisciplinarité entre recherche et création”.

On y trouve aussi un article de Nadia Vadori-Gauthier . A découvrir, la présentation de son projet “Une minute de danse par jour” sur You Tube et sur son propre site.

Merci à Muriel Roland (Compagnie SourouS / Université Paris 8) d’avoir initié et coordonné ce projet jusqu’à cette belle restitution.

“In search of coherence” : la première introduction en anglais sur l’ensemble de l’œuvre de Jousse

Edgard Sienaert a récemment publié son dernier ouvrage intitulé : “In Search of Coherence. Introducing Marcel Jousse’s anthropology of mimism.” (Pickwick Publications, Eugene, Oregon, USA, 2016) Il a eu l’honneur que Werner Kelber, enthousiasmé par le manuscrit, lui ait demandé d’en rédiger la préface.

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Marcel Jousse se dit méthodologiste, orienteur, poteau indicateur. Ce n’est pas lui, « En quête de cohérence », c’est lui nous montrant la voie vers une cohérence perdue : l’Homme séparé en corps et âme, l’Humanité divisée en un avant et après l’écriture, et Homme et Humanité à la poursuite d’un progrès technologique qui les sectionne de leur environnement. Jousse plaide pour une triple recomposition : un composé humain, s’exprimant comme un tout, et en échange permanent avec un cosmos qu’il prend en conscience et qu’il conscientise. Il faut une évolution, ni régressive ni progressive, mais une évolution en profondeur, reconnectant le nouveau et l’ancien – bref, une cohérence.

« In search of coherence » est la première introduction de l’ensemble de la pensée et de l’œuvre de Jousse en langue anglaise.

Traduction de la 4ème de couverture :

« L’œuvre de Marcel Jousse sur l’anthropologie du mimisme est un plaidoyer pour un changement radical de civilisation. Dans nos sociétés contemporaines, nous avons décomposé l’être humain entre, d’une part, l’esprit, l’intelligence et l’âme, et d’autre part, le corps, ce qui fait de l’homme un conquérant du monde dans lequel il vit. Jousse plaide, au contraire, pour un réexamen complet du “composé humain”, tant à l’intérieur de chaque personne que dans la relation de l’être humain avec le  cosmos, que d’une certaine manière il “incorpore” et “rejoue” sans le savoir. Jousse préconise une évolution en profondeur de notre approche de ce qu’est l’être humain, une approche qui ne soit ni régressive ni progressive, mais qui rétablisse le lien entre l’ancien et le nouveau, le cosmos et la parole humaine ».

Quelques échos :

« Après « Au commencement était le mimisme », « In Search of Coherence » constitue une nouvelle synthèse splendide de la pensée et de l’enseignement de Marcel Jousse. La loi anthropologique du mimisme nous est présentée comme une théorie unifiant les sciences humaines et dont la recherche de plus de réel établit une cohérence éthique entre la parole humaine et l’action humaine, entre le dire et le faire humain. »
Gabriel Bourdin, Institut de recherches anthropologiques, Université autonome du Mexique.

« « In Search of Coherence » est une borne dans le panorama des études en culture et tradition orales. La profondeur scientifique et l’acribie impressive qui imprègnent son discours herméneutique font du travail d’Edgard Sienaert un indispensable instrument épistémologique, tant pour l’analyse de la contribution de Marcel Jousse aux études en oralité que pour l’enseignement universitaire au sens large. »
Francesco Perono Cacciafoco, Université Technologique Nanyang, École des humanités et des sciences sociales, Section de linguistique et études multilingues, Singapour.

« Les recherches de Marcel Jousse ont ouvert au vingtième siècle des voies modernes pour comprendre les puissances inhérentes à la performance orale. Edgard Sienaert est son traducteur le plus éloquent et son interprète le plus avisé. Ce nouveau livre nous rend un Jousse vivant et nous montre combien nous devenons le plus finement humain quand nous reconnaissons qu’un style est une vertu permanente et non éphémère, quand nous croyons en la cohérence du mouvement et de la métaphore, du corps et de l’esprit. Nous qui célébrons les humanités, avons un devoir de reconnaissance envers à la fois Marcel Jousse et Edgard Sienaert. »
J. Edward Chamberlin, Professeur émérite d’anglais et de littérature comparée de l’Université de Toronto, Canada. Auteur de The Banker and the Blackfoot: A Memoir of My Grandfather in Chinook Country

L’Homme est mémoire : le colloque à Bordeaux en 2014

Affiche-colloqueL’Homme est mémoire. Rencontre transdisciplinaire entre l’anthropologie de Marcel Jousse et les sciences cognitives

Cette manifestation scientifique s’est tenue à l’espace Agora, domaine universitaire de Bordeaux, du 24 au 26 septembre 2014. Elle a été organisée conjointement par l’Institut des maladies neuro-végétatives IMN, CNRS, UMR 5293 et l’Institut de neurosciences cognitives et intégratives d’Aquitaine(INCIA), CNRS 52875 (Université de Bordeaux).

Étaient également partenaires de l’événement, l’Association Marcel Jousse (Paris) ainsi que l’EA 4196 CLIMAS (Université Bordeaux Montaigne).

Le programme complet

La liste des orateurs et les résumés des interventions

Les vidéos d’un certain nombre d’interventions sont disponibles :

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Marcel Jousse, l’anthropologie du geste et du rythme

Dynamiques des mémoires

Mémoires et dysfonctionnements, prise en charge et accompagnement

Mémoires et comportements

Ethno-mémoires

Anthropologie culturelle et psychiatrique

Le 27 septembre, des conférences et projections dédiées à un plus large public

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L’anthropologie de Marcel Jousse d’après ses cours oraux

Une intervention d’Edgard Sienaert au colloque à l’université Lyon 3 en 2011

Cette intervention est une composition de synthèse à partir d’un grand nombre de citations issues des cours de Jousse.

Suite aux retours très positifs sur cette présentation, l’association Marcel Jousse a organisé deux séminaires autour d’Edgard Sienaert. De ce travail est né l’ouvrage : Au commencement était le mimisme.

Marcel Jousse praticien : astronome, artilleur et cavalier

Intervention de Rémy Guérinel au colloque à Lyon (2011)

Marcel Jousse en son temps

Intervention de Titus Jacquignon au colloque à Lyon (2011)

L’anthropologie de la mémoire, du geste et du rythme de Marcel Jousse

Intervention filmée de Titus Jacquignon

Colloque “L’Homme est mémoire” à Bordeaux en septembre 2014 (26 minutes)

Quelques échos des ouvrages d’Edgard Sienaert

La pensée de Marcel Jousse fait son chemin dans différents milieux.

Témoignage reçu par Edgard Sienaert en janvier 2017 de la part d’un ingénieur travaillant dans l’industrie :

Vos livres (“Au commencement était le mimisme” et “In search of coherence”) m’ont accompagné pendant 2 ans dans ma mission de chef projet, sur un gros projet technique. J’ai eu l’occasion de faire plusieurs fois référence à Jousse pour orienter la méthode de travail des chercheurs et vis-à-vis des relations et du travail en équipe. Voici entre autres les quelques lignes que j’ai emprunté de votre livre et que j’ai partagé avec l’équipe :

N’est véritablement savant qu’un homme qui n’a pris qu’un petit coté du réel et qui le défonce autant qu’une vie d’homme peut le permettre.

Ce qui nous manque en temps ordinaire, c’est ce très rare mécanisme expressif qui permet d’épouser les sinuosités du réel tel qu’il est.

Il faut, comme disait St Paul, dépouiller le vieil homme et revêtir le nouveau. Or c’est extraordinairement difficile.

Le seul moyen de penser frais, c’est de penser en face des choses, et après seulement de nommer les choses par des termes qui ne seront pas contaminés par les anciennes erreurs de notre milieu ethnique.

Le génie, c’est celui qui observe les choses comme elles sont, qui se laisse informer par les choses comme elles sont, et qui les rejoue avec tout son être, donc avec tous ses gestes.

Quand vous vous trouvez en face de quelqu’un, je ne dis pas qu’il faut que vous vous compreniez à demi-mot, mais arriver à ce que vous vous compreniez sans mots.

Ne croyez pas que nous pensons de la même façon parce que nous avons employé les mêmes mots.

L’illusion que nous avons de nous comprendre doit se changer en prise de conscience que nous ne pouvons pas nous comprendre et donc qu’il faut que nous nous ajustions lentement, longuement, minutieusement.

Collaborer, c’est essayer de s’infléchir souplement, à avoir les mêmes compréhensions.

Restez vous, implacablement vous, formidablement vous – j’ajouterais nécessairement vous, vous ne pourrez jamais vous échapper de vous-même, mais faites « comme si ». (1)

A titre personnel et professionnel, Jousse m’a beaucoup appris et depuis un an j’ai commencé à utiliser le corps pour apprendre et pour travailler de nouveaux comportements utiles pour un chef projet et manager. Cela a été très efficace.

(…)  Votre travail sur Jousse inspire profondément d’autres personnes, dont moi, et que vos livres ont de mon point de vue un apport indiscutable par rapport aux ouvrages existants. Je dis même que sans vos ouvrages, je n’aurais pas compris Jousse. Car en plus d’être fidèle à la pensée de Jousse, vous avez su rendre cela accessible, facile à lire, avec un fil conducteur très bien construit.

Merci.

Dr. Ing. Pierre Février

(1) Citations tirées des cours de Marcel Jousse, rassemblées par Edgard Sienaert dans “Au commencement était le mimisme” (La Procure, Paris, 2014).

Oral-Scribal Dimensions of Scripture, Piety, and Practice – Judaism, Christianity, Islam

couverture

About the book

In April 2008 a conference was convened at Rice University that brought together experts in the three monotheistic religions of Judaism, Christianity, and Islam. The papers discussed at the conference are presented here, revised and updated. The thirteen contributions comprise the keynote address by John Miles Foley; three essays on Judaism and the Hebrew Bible; three on the New Testament; three on the Qur’an; and two summarizing pieces, by the Africanist Ruth Finnegan and the Islamicist William Graham respectively.
The central thesis of the book states that sacred Scripture was experienced by the three faiths less as a text contained between two covers and a literary genre, and far more as an oral phenomenon. In developing the performative, recitative aspects of the three religions, the authors directly or by implication challenge their distinctly textual identities. Instead of viewing the three faiths as quintessential religions of the book, these writers argue that the religions have been and continue to be appropriated not only as written but also very much as oral authorities, with the two media interpenetrating and mutually influencing each other in myriad ways.

Edited by Werner H Kelber, Paula A. Sanders.

L’être humain dans la fluidité – Le formulisme des gestes

Par une soirée d’automne tardif, vous est-il arrivé quelquefois de rester pendant une heure au milieu d’une forêt ?

On a là une sensation étrange et très instructive. C’est, de seconde en seconde, un écoulement de toutes choses : ce sont les feuilles qui tombent une à une comme le déclic d’une pendule, ce sont les branches mortes qui, avec un bruit sec, viennent frapper sur les feuilles mortes, ce sont des morceaux d’écorces qui se détachent et tombent avec un bruit sourd. On sent là comme la pulsation de l’écoulement des choses.

Parmi les philosophes grecs, l’un d’entre eux est resté particulièrement célèbre pour avoir eu de cet écoulement des choses un sentiment qu’on peut dire unique dans l’Histoire : Héraclite : ‘Tout coule’.

Extrait d’un cours de Marcel Jousse donné à la Sorbonne le 6 février 1936.

C’est là, j’allais dire le grand fondement et la grande angoisse de la science possible ou impossible.

Alors que fait instinctivement le composé humain dans ce perpétuel écoulement, dans cette impossibilité de retrouver le lendemain ce qu’il a fait la veille ou ce qu’il était la veille ? Il a fait ou plutôt le Formulisme s’est fait en lui.
Ce Formulisme fait que nos mécanismes tendent à remonter le courant de ce fleuve héraclitien. ‘Tout coule’ dit ce mécanisme de fluidité. ‘Tout doit s’arrêter quand nous en avons besoin’, dit le Formulisme.

C’est pour cela que dès ses premières minutes, le petit enfant est ‘formulé’ dans chacun de ses gestes. Il aura très vite la façon de boire à la poitrine de sa mère, il aura très vite la façon d’ouvrir ses petites mains et de saisir les choses, il aura très vite la façon de remuer ses jambes. Et ce n’est là que le commencement si j’ose dire, de la ressaisie, de la remontée du flot. Quand il jaillit hors du sein de sa mère, il est pour ainsi dire fluide, c’est tout-à-fait le fleuve héraclitien, il est capable de tout. Maintenant, au fur et à mesure qu’il va vivre, et même au bout d’une heure, il n’est déjà plus la fluidité de la seconde, et d’heure en heure, de jour en jour, de semaine en semaine, de mois en mois, vous pouvez voir ce que nous pourrions appeler ses ‘tics’, ce que vous appellerez exactement de la même manière, ses habitudes, ce que nous appelons, ses formules.

C’est la seule façon de résister, je ne dis pas de vaincre, de résister à cette grande loi de la fluidité des gestes humains. Qu’est-ce qui va se passer ? C’est que précisément ce qui est en nous, sans nous, va faire cette immense et merveilleuse chose qu’on appelle le Mimage. Il est, lui, homme ou enfant, plein d’un appareil récepteur qu’on n’avait pas étudié jusqu’ici, le Mimisme.

Quand il va se trouver en face d’un objet, en lui, miroir fluide et cependant statique, va se jouer, se répercuter, se réverbérer cette interaction. Il va être capable de la redonner, une fois, 10 fois, 100 fois.

C’est cela le Formulisme interactionnel propositionnel que nous avons schématisé de cette façon :

l’Agent agit sur l’Agi

Extrait d’un cours de Marcel Jousse donné à l’école des Hautes-Études le 16 avril 1940.

C’est l’interaction qui est primordiale dans le mécanisme du Mimisme.

L’enfant n’est pas un miroir statique morcelé. Il n’est pas,
1° le Kangourou statique qui mange,
donc 2ème attitude : la manducation,
3° l’aloès qui a une forme caractéristique, si tant est qu’il y en ait en face de lui, non.

Il va être précisément le kangourou-qui mange-l’aloès, c’est-à-dire une interaction. Et il va jouer au kangourou-qui-mange-l’aloès. Il va jouer à des agents agissant sur des agis sans découpage et c’est cela qui va nous donner précisément l’étude du Formulisme.

Extrait d’un cours de Marcel Jousse donné au Laboratoire de Rythmo-pédagogie le 18 janvier 1939.

Ce “collier” de citations est proposé par Edgard Sienaert, auteur de “Au commencement était le mimisme“.

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