Marcel Jousse

chercheur, anthropologue, pédagogue

Catégorie : Association (Page 1 of 2)

Le changement humain, un geste après l’autre – Pierre Février

A l’invitation de l’Association Marcel Jousse, Pierre Février propose un atelier samedi 10 novembre 2018 à Paris.

Docteur en sciences, ingénieur chez Michelin, il est tombé sur l’ouvrage d’Edgard Sienaert « Au commencement était le mimisme » et cela a été pour lui une révélation (lire son témoignage publié sur le site). Ses recherches originales dans le domaine de la formation professionnelle et du développement personnel nous ont donné envie de l’inviter. Il nous fera expérimenter un processus issu de techniques théâtrales pour concrétiser nos intentions dans de nouvelles manières d’être et de faire.

L’atelier

Qui aurait l’idée d’offrir aux enfants pour Noël un livre pour leur apprendre à faire du vélo ? Alors que le fonctionnement d’une bicyclette suppose la maîtrise de phénomènes physiques complexes, on trouve tout naturel de l’apprendre avec son corps.

Mais lorsqu’un adulte veut apprendre comment être plus heureux dans sa vie, il achète des livres de développement personnel… Le constat que j’ai pu faire est que la lecture, même approfondie, de tels livres n’a pas eu beaucoup d’effet sur moi et sur mes comportements. De même, j’ai appris à être manager mais avec du recul c’est surtout en observant les autres manager et en me frottant au réel que j’ai appris à manager. Ce qui m’a conduit à explorer d’autres voies et sur ce chemin l’apport de l’anthropologie du Geste de Marcel Jousse a été déterminant.

Par des jeux corporels, nous ferons l’expérience de ses principes fondamentaux. Puis nous expérimenterons un processus pour l’incorporation de savoir-être, basé sur des techniques théâtrales. Le thème proposé pour l’atelier est celui du pardon.

Infos pratiques

Lieu :   92 bis Bd du Montparnasse – 75014 Paris

Repas possible sur place à partir de 12h avec d’autres participants, sur inscription préalable, pour 10 € par personne.

Pour vous inscrire, merci de contacter Élisabeth d’Eudeville

  • par mèl : elisabeth.deudeville*[arobase]*gmail.com
  • ou par courrier, avec votre chèque à l’ordre de l’Association Marcel Jousse, E. d’Eudeville, 108 avenue Denfert-Rochereau, 75014 Paris

Il est aussi possible d’apporter son pique-nique.

Atelier :  de 14h à 18h, ouvert à tous. Merci de vous inscrire par le formulaire ci-dessous afin de faciliter l’organisation.

Participation :

  • participation libre aux frais d’organisation
  • gratuit pour les adhérents de l’association

Afin de faciliter l'organisation, nous vous remercions de vous pré-inscrire à l'aide du formulaire ci-dessous.

Vos coordonnées resteront confidentielles.

Pierre Février

J’ai un diplôme d’ingénieur et un doctorat dans la spécialité dynamique des fluides. Après un post-doctorat aux États-Unis, j’ai rejoint le groupe Michelin en Recherche et Développement. J’ai travaillé pendant 9 ans dans le domaine de la recherche sur les problématiques d’adhérences, de sécurité routière et de comportement des véhicules, en tant que chercheur puis manager d’équipe. Puis j’ai été chef projet et manager pendant 7 ans dans la conception des pneumatiques tourisme. Depuis 2018, je travaille dans le service ressources humaines.

En parallèle, j’ai une pratique régulière du théâtre en tant qu’amateur dans une troupe depuis 15 ans.

L’article :

Les participants recevront sous forme d’une brochure un très bel article de 22 pages dans lequel Pierre Février présente ses recherches. Ainsi, nous pourrons consacrer l’essentiel du temps à l’expérimentation et aux échanges… suivant l’invitation de Marcel Jousse à nous plonger dans des « laboratoires de prise de conscience ».

Résumé

Lorsqu’il s’agit de se développer et d’acquérir de nouveaux savoir-faire ou savoir être, que ce soit à titre personnel ou professionnel, nous avons habituellement recours au savoir : livres en développement personnel, formations en entreprise, sont principalement basés sur des approches discursives. Mais plus l’individu pousse l’abstraction, plus il développe la connaissance intellectuelle et moins il est capable de mettre cet enseignement en geste. On retrouve là une des problématiques des comédiens qui veulent travailler un personnage : plus vous poussez la connaissance intellectuelle d’un personnage, moins vous avez de facilité à le jouer (M. Chekhov). Il nous faut donc changer de paradigme : l’acte doit précéder la pensée, et une habitude doit précéder la capacité de susciter la pensée à volonté (Dewey). Il s’agit d’opérer une inversion par rapport à la psychologie ordinaire d’une pensée qui dirigerait le geste. C’est parce que l’on a incorporé les gestes en nous, que nous pouvons les convoquer par la pensée. Et c’est parce que ces gestes sont devenus de nouvelles habitudes qu’ils peuvent être convoqués à volonté.

Devenir un homme libre, cela pourrait vouloir dire être dans la conduite et la conscience de ses gestes sans entrave extérieure, ni intérieure. La vraie liberté de la volonté implique de dégager celle-ci des attaches qui lient la spontanéité à l’habitude irréfléchie, de façon à pouvoir accomplir avec son corps les actions que l’on veut vraiment faire. Cette liberté n’est pas un don inné mais une compétence acquise (Dewey [1]). Pour qu’il y ait changement dans nos comportements, nous postulerons qu’il faut que ce changement se fasse dans le champ des habitudes. Comme le propose Alexander [1], il s’agit de remplacer les habitudes ‘inefficaces’ et ‘inintelligentes’ par de nouvelles habitudes positives ‘intelligentes’ et qui demeurent en permanence accessibles à un contrôle conscient. Ce travail est au cœur de la formule de Marcel Jousse : Il ne faut pas que le formulisme nous domine, il faut que nous utilisions le formulisme [2].

En puisant dans l’Anthropologie du Geste de Marcel Jousse et en faisant un parallèle avec les pratiques des comédiens, cet article vise à identifier des idées forces pour orienter un travail de recherche sur la reconstruction des gestes et des habitudes. Une des propositions est qu’il y a une gestualité de la cognition [3], un lien étroit entre la vie intérieure et l’expression extérieure, ce qui nous donne en perspective la possibilité d’étendre les « techniques du corps » aux techniques « corps-esprit » [4]. A l’instar des comédiens, nous pourrions travailler nos gestes de « l’extérieur » vers « l’intérieur », c’est-à-dire travailler des gestes propositionnels de manière ample pour façonner notre vie intérieure et les répéter jusqu’à former de nouvelles habitudes.

Quelques références :

[1] Shusterman Richard. Conscience du corps. Pour une soma-esthétique, 2007

[2] Sienaert Edgard. Au commencement était le mimisme. Essai de lecture globale des cours de Marcel Jousse. Association Marcel Jousse, 2014

[3] Olivier G. La cognition gestuelle. Ou de l’écho à l’égo. Presses universitaires de Grenoble, 2012

[4] Candau Joël, Gaucher Charles, Halloy Arnaud. « Geste et culture : état des lieux ». Anthropologie et sociétés, vol 36, N°3, 2012

Le rapport moral de l’Association en novembre 2017 – Edgard Sienaert

Association Marcel Jousse : Allocution pour l’Assemblée Générale annuelle 2017

Je vous souhaite la bienvenue à cette 49ème assemblée générale annuelle de notre Association. En 1968, en effet, a été créée la Fondation Marcel Jousse, l’Association Marcel Jousse vingt ans plus tard, en 1988. Nous allons donc célébrer notre cinquantenaire l’année prochaine et nous aurons d’ici-là amplement le temps de réfléchir au chemin accompli et encore à parcourir. Je rappelle, à toutes fins utiles, la raison d’être de l’Association, formulée dans l’article 2.1 de nos statuts :

Cette Association a pour but de promouvoir et développer l’étude et la diffusion fidèle de la pensée du professeur Marcel Jousse, par la connaissance de son œuvre et la continuation de ses travaux et plus généralement de promouvoir l’étude interdisciplinaire des fondements anthropologiques des traditions orales et de toute pédagogie.

Voici maintenant ce qui a été fait depuis notre dernière réunion en novembre dernier. Certains points ont été abordé dans ma récente Lettre aux adhérents, mais pas tous.

Le 28 mai 2016 notre Association a été heureuse de pouvoir collaborer à une initiative de Muriel Roland, dans le cadre de son programme Geste’Stations, initiative intitulée Rejouer les gestes de l’Univers – Sur les pas de Marcel Jousse. Les performances et interventions de cette journée peuvent être visitées ou revisitées sur deux vidéos, mises en ligne sur Artweb Paris 8. Les deux vidéos et le PDF explicatif qui les accompagne se trouvent aussi sur le site www.marceljousse.com

Cette journée se prolonge d’autre part dans la publication internationale trimestrielle Degrés, revue de synthèse à orientation sémiologique, qui consacre son numéro de septembre aux Poïétiques du spectacle vivant entre recherche et création. Ce numéro inclut un article de Nadia Vadori-Gauthier, danseuse et praticienne somatique qui a participé à la journée du 28 mai, ainsi que le texte de référence de cette journée, et mon analyse de ce texte : Le geste doit précéder la parole. De l’anthropologie du mimisme de Marcel Jousse.

Le bureau de l’Association a pris la décision importante de commander une nouvelle numérisation des CD des cours oraux de Marcel Jousse. Cette mise à jour des cours les rendra plus facilement lisibles pour les lecteurs et plus facilement consultables et publiables pour les chercheurs et praticiens de Jousse. Après avoir examiné plusieurs estimations de durée et de coût de l’opération, le bureau a opté pour la Société Arkhênum de Bordeaux, qui travaille notamment pour les Archives Nationales. Titus Jacquignon est l’intermédiaire entre la Société Arkhênum et notre Association. Jusqu’ici, l’ensemble des cours a été traité et une deuxième lecture est en cours. Il faudra une troisième lecture, celle-ci par des personnes connaissant l’œuvre de Jousse. Pour cela, il faudra constituer un comité éditorial.

Une initiative en emmenant inévitablement une autre, cette digitalisation a induit notre webmestre Thomas Marshall à soulever la question de la gestion des droits d’auteur sur l’œuvre de Jousse et des cours en particulier. La question est importante, intellectuellement et légalement. Dans l’article fondateur de nos statuts, que j’ai cité, il y a un mot qui résume la difficulté : notre but est de promouvoir et développer l’étude et la diffusion fidèle de la pensée du professeur Marcel Jousse. Fidèle : comment décider de cette fidélité et comment la garantir, sans censurer ?

Du point de vue international, l’année a été très fructueuse.

L’anthropologue Gabriel Bourdin, de l’Université Autonome du Mexique, à Mexico, vient de terminer la traduction en espagnol du Style oral qui devrait être publiée dans le cours de l’année prochaine. Gabriel Bourdin est en train en même temps d’achever un long essai – il a aussi rédigé un essai de 160 pages sur la vie, l’œuvre et la pertinence (vigencia) de l’enseignement de Jousse dans le domaine des études anthropologiques.

Avec l’Italie, nous avons depuis longtemps le contact suivi du musicologue Antonello Colimberti qui a publié, en 2012, une traduction de cours de Jousse en Sorbonne (1942-43) traitant du paysanisme (« Il contandino come maestro » – Le paysan comme maître) et plusieurs articles appuyés sur Jousse depuis. D’autre part, les éditions San Paolo veulent publier, en 2018 et 2019, les trois volumes de l’Anthropologie du geste, séparément en formats broché et électronique (« ebook »).

Et surtout, nous avons avec nous Barbara Grespi, de l’Université de Bergame, et Chiara, qui a fait son doctorat en France et qui a traduit les cours de Jousse sur le cinéma dont Barbara nous parlera aujourd’hui.

Un professeur de l’Université de Salvador de Bahia, Erico José Souza de Oliveira a commencé à écrire autour de Jousse.

Quant au monde anglophone, j’ai eu publié, fin novembre dernier, « In search of coherence » – En quête de cohérence –, une présentation en anglais de l’ensemble de l’anthropologie du mimisme de Jousse. Il paraîtra, au début de l’année prochaine, une traduction des Dernières Dictées et des mémoires de Jousse sur la tradition orale araméo-galiléenne. Pour ces deux publications, j’ai eu l’appui très ferme de trois autorités en études néo-testamentaires : Werner Kelber, Richard Horsley et Kelly Iverson, tous les trois appuyant l’approche de Jousse en la matière. Il est évident que les joussiennes choses commencent à bouger dans ce monde-là. On me dira qu’après quarante ans d’efforts ce n’est pas trop tôt, mais le moulin universitaire moud lentement.

J’aimerais terminer quelque peu par où j’ai commencé, et ce par le biais d’une anecdote personnelle que je voudrais tourner en proposition à discuter à un moment propice.

J’ai fait un court séjour à l’hôpital universitaire à Bloemfontein et la veille de ma sortie, un médecin que m’était tout à inconnu m’a donné sa carte de visite, et puis a disparu. Or, sur cette carte de visite il a écrit de sa main : « Omnes una manet nox » – Une même nuit nous attend tous, ou, Tous nous entrerons dans la même nuit. Il s’avère que c’est un vers du poète latin du premier siècle, Horace, et un vers qui en explique un autre du même poète, mais beaucoup plus connu : « Carpe diem ». En effet, si nous sommes tous destinés à entrer dans une même nuit éternelle, pourquoi ne pas profiter du jour où nous sommes ?

Jousse n’aimait guère Horace. Il rappelle dans un cours : « On nous a fait scander Horace et toute sa turpitude » (Sorbonne du 19 mars 1936) et, ailleurs, il parle de « ce sinistre Horace » (École des hautes études, le 27 janvier 1937). Il est vrai que Jousse est à l’opposé d’Horace. Pour Jousse, c’est notre ignorance qui nous fait appeler « la mort » ce qui est en réalité un mimodrame « qui est peut-être la vraie vie » parce que nous participons tous au grand souffle primordial de l’énergie universelle et que notre dernier souffle « remonte en Haut d’où il est venu ! » (Sorbonne du 3 mars 1955). A la nuit – nox – d’Horace, Jousse oppose la lumière – lux : « Je suis, dit-il, le grand angoissé de la clarté » (École d’anthropologie, le premier janvier 1937) ; ou encore : « Nous avons à vivre dans la clarté » (École d’anthropologie, le 18 janvier 1943). Ma proposition ainsi est que, si l’Association devait se chercher une devise, celle-ci pourrait bien être, et surtout dans les temps de confusion que nous vivons : « Vivre dans la clarté. »

Je vous remercie,  Edgard Sienaert

Paris, le 12 novembre 2017

Rencontre annuelle de l’association les 11 et 12 novembre 2017

L’association Marcel Jousse vous propose cette année :

Samedi 11 novembre

de 14h à 17h – une conférence-atelier de mime avec Muriel Roland : « L’Ostention de l’intention dans le geste »

Muriel Roland est comédienne et metteuse en scène, formée à l’école de mimodrame Marcel Marceau. Elle travaille dans le cadre de la compagnie SourouS. Elle mène également un travail de recherche dans le cadre d’un doctorat en études théâtrales à l’université Paris 8.

Dimanche 12 novembre

– de 9h30 à 11h30 : Assemblée Générale de l’association

Vous pouvez adhérer à l’association.

– de 11h30 à 12h30 : « Le cinéma comme geste. La perspective joussienne sur l’image en mouvement »
par Barbara Grespi

Maître de conférences en études cinématographiques et visuelles à l’Université de Bergame, Italie, elle appartient à “Punctum”, un centre de recherche consacré à l’étude de la culture visuelle. Elle a écrit sur le thème du geste entre cinéma et photographie, sur le rapport entre cinéma et mémoire et sur les théories du montage. Elle appartient depuis 2007 au comité de sélection du Festival du film de Turin.

– de 14h à 17h : Diverses interventions des membres, échanges

Si vous souhaitez avoir un temps dans l’après-midi, merci d’envoyer un message avec le sujet et le temps souhaité, à :
association /arobase/ marceljousse.com

Jousse Philosophe, Dialogue avec Bergson, enjeux d’une thèse en histoire de la philosophie – par Clara Vasseur

Lieu : 92 bis Bd du Montparnasse – 75014 Paris

Thomas Marshall

Pour me présenter

Je vis à Dijon (France), où je suis né en 1983. Après des études et des recherches en sciences humaines ayant l’anthropologie de Jousse en toile de fond, je me suis consacré depuis 2013 à développer le projet de La Croisée des Chemins : lieu associatif regroupant une école démocratique, un centre culturel et un organisme de formation. J’ai une pratique de formateur et de consultant en intelligence collective.

Je suis membre bénévole du Bureau de l’association Marcel Jousse depuis novembre 2015. J’ai la responsabilité d’administrateur de ce site.

Me contacter par courrier électronique   (enlever les *)

Mon intérêt pour Jousse

J’ai découvert l’œuvre de Marcel Jousse à la fin de mes études secondaires, grâce à mes grand-parents. Mon grand-père et ses frères, les Grozelier, ont fréquenté les cours de Jousse en Sorbonne dans les années 1930. Cela avait laissé une empreinte profonde dans sa vie. Il m’a transmis l’ensemble des ouvrages et des mémoires de Jousse qu’il conservait précieusement. A la lecture des premières pages de l’anthropologie du geste, je fus stupéfait : Cela m’est apparu comme une pensée de génie, ouvrant des perspectives fantastiques ; et pourtant plus de 30 ans après la publication de cet ouvrage, je n’avais jamais entendu parler auparavant de Marcel Jousse. Ce travail était-il tombé dans l’oubli ? Était-il dépassé ?

Pour répondre à cette question, j’ai cherché sur internet et j’ai pu établir le contact avec Rémy Guérinel. J’ai ainsi pu participer à des stages proposés dans le cadre de l’Institut Européen de Mimopédagogie.

Cette approche par l’expérience m’a confortée dans ma première intuition et j’ai voulu approfondir ma réflexion sur Jousse à l’issue de ma Licence de Philosophie. J’ai eu la chance de rencontrer Fabienne Martin-Juchat à l’Université de Bourgogne, qui s’intéressait à Jousse.

Mes travaux en lien avec Jousse

J’apprécie chez Jousse sa théorie de la connaissance qu’est la loi du mimisme, qui permet de fonder une nouvelle épistémologie pour les sciences humaines – c’est-à-dire une science sur ce que cela signifie d’étudier scientifiquement l’être humain : l’objet et le sujet de la recherche ne font qu’un. Cela m’a permis de développer un regard critique et à la fois ouvert sur les recherches plus récentes, mises en perspective avec les propositions de Jousse sur la mémoire, l’intelligence, le langage, la perception… C’est l’objet de mon mémoire de Master 1.
Il en découle une méthodologie que j’ai voulu mettre en œuvre à propos d’une question non explorée par Jousse, la transmission des métiers manuels. J’ai travaillé sur ce sujet et ai abouti à un mémoire de Master 2 puis, après une parenthèse d’une année comme apprenti cuisinier, à une recherche en thèse.

D’autres productions

  • Une année avec Marcel Jousse (septembre 2012) – Un article d’introduction rédigé pour la sortie du DVD réalisé par Christian Bois : Marcel Jousse – Le geste, le verbe et le souffle
  • Pendant le premier semestre 2013, j’ai réalisé une mission que j’avais proposée à l’association Marcel Jousse pour développer la communication sur internet. J’ai ainsi rédigé des textes de présentation et des synthèses de cours, qui sont réutilisés dans ce site.

Titus Jacquignon

Présentation

Doctorant en sociologie à l’université de Montpellier

Ses travaux sur Jousse

  • Initiation à l’anthropologie compréhensive de Marcel Jousse, édité par l’association Marcel Jousse en 2014

 

 

 

Edgard Sienaert

Présentation

Edgard Sienaert a travaillé dans le champ des recherches en oralité depuis sa thèse de doctorat sur Marie de France, qui a collecté et composé au 12ème siècle des « lais », récits traditionnels d’origine bretonne.

Depuis, ses recherches ont été principalement tournées vers les travaux de Marcel Jousse en anthropologie, ethnologie, psychologie, pédagogie et études bibliques. Comme membre du comité d’études de l’association Marcel Jousse (Paris), il a traduit et édité en anglais tous les ouvrages de Jousse publiés en français : Le Style oral (…) (1925), Les Rabbis d’Israël – Les Récitatifs rythmiques parallèles (1929), les 3 tomes posthumes de L’anthropologie du geste, ainsi que Les dernières dictées (édité par l’association Marcel Jousse).

Il a été enseignant-chercheur du Centre for Oral Studies, University of Natal, Durban, Afrique du Sud (1990-2000), où il a dirigé des thèses de Doctorat et mémoires de Master, dans le cadre du programme « Orality-Literacy Studies ».

Il est actuellement chercheur associé honoraire de l’Université du Free State à Bloemfontein, Afrique du Sud.

En novembre 2015, il a été élu au Bureau de l’association Marcel Jousse et occupe la fonction de président.

Bibliographie

– Les Lais de Marie de France. Du Conte merveilleux à la Nouvelle psychologique, Editions Champion, Paris, 1978 et 1984.

– « Reading a story carved in ivory. Oral Traditions and Literacy: Changing visions of the world. », Selected Conference papers, Natal University Oral Documentation and Research Centre, Durban, 1986.

– « Perspectives on and from an Oral Testimony : Piet Draghoender’s Lament. », Mosaic, 21/2-3. University of Manitoba : Winnipeg, Canada, 1988.

– « Marcel Jousse: The Oral Style and the Anthropology of Gesture. », Oral Tradition, 5/1: 91-106, 1990.

– « Marcel Jousse on Oral Style, Memory and the Counting-necklace », Denis (Ed) Orality, Memory & the Past. Listening to the Voices of Black Clergy under Colonialism and Apartheid. Pietermaritzburg: Cluster Publications, 2000.

– 3 articles dans le dossier Marcel Jousse de la revue Nunc n°25, ed. de Corlevour, octobre 2011 :

  • « Deux cours d’anthropologie de Marcel Jousse : une introduction » ;
  • « La plainte de Piet Draghoender : un exemple de rythmo-typographie » ;
  • « Traduire Jousse : quelques réflexions »

Traductions :

En collaboration avec Richard Whitaker de l’Université de Cape Town :

– The Oral Style, Garland Publishing , New York and London, 1990

En collaboration avec Joan Conolly (Durban Institute of Technology) – Mantis Publishing, Cape Town et Durban :

– The Anthropology of Geste and Rhythm, 1997 et 2000.

– Memory, Memorisation and Memorisers in Ancient Galilee, 2001.

– The Parallel Rhythmic Recitatives of the Rabbis of Ancient Israel, 2001.

– Holism and Education: Seven lectures by Marcel Jousse, 2004.

– The Fundamentals of Human Expression and Communication : Seven Lectures by Marcel Jousse, 2005.

– Be Your Self ! Seven Lectures by Marcel Jousse on Colonisation, Self-colonisation and Decolonisation, 2006.

Rétrospective des activités de 1986 à 2015

Choix de rencontres, colloques, actions, menées par notre Association ou soutenues par elle, de 1986 à 2015

1986 : année du centenaire de la naissance de Marcel Jousse

  • en Mars : Inauguration de l’année du centenaire de la naissance de Marcel Jousse lors de la soirée de conférences à l’Institut Catholique de Paris.
  • en Mai et Juin, le film « Vidéo-testament de Gabrielle Baron« , a été réalisé, quelques mois seulement avant sa mort.

A cette occasion et en sa présence, l’ensemble des récitatifs évangéliques créés par Marcel Jousse et Gabrielle Desgrées du Loû a été filmé. Ces récitatifs sont chantés par un groupe d’appreneurs, au cours des séances de travail au Laboratoire autour de Gabrielle Baron. Ces vidéos existent actuellement, à l’Association, sous forme de vidéo-cassettes.

  • 7, 8, 9 Mai, trois jours dans la Sarthe : conférences, exposition, inauguration d’une rue Marcel Jousse à Beaumont-sur-Sarthe et inauguration d’une plaque sur la maison où il est mort à Fresnay-sur-Sarthe.
  • Les 26 et 27 Juillet : Pèlerinage sur les pas de Marcel Jousse en Sarthe.

Novembre : Décès de Gabrielle Baron.

  • Du 8 au 11 Novembre : Rencontres interdisciplinaires au Centre Ephrem à Montmartre.
  • 21 et 22 Novembre : colloque « Du geste à la Parole » au Centre Sèvres, à Paris.

1987 :

Dans l’amphithéâtre Turgot de la Sorbonne : « Hommage à Marcel Jousse » par le président Léopold Senghor, ancien élève de Jousse, et conférence de Mr. Sallantin.

1991 :

22 et 23 novembre Colloque : Marcel Jousse à l’UNESCO : Parution du livre « The Oral Style » par Edgard Sienaert.

1992 :

20 et 21 novembre : Abbaye de l’Epau au Mans, « Un génie sarthois à découvrir » avec le concours du Conseil Général de la Sarthe.

1994 :

11 et 12 novembre : Colloque organisé par l’Association Marcel Jousse conjointement avec l’Association Amaryllis, dans les locaux des Frères St Jean de Dieu à Paris : « De l’homme dissocié à l’homme unifié ».  Organisateurs : Jacques et Madeleine Schmitt, Michel-Gabriel Mouret et des membres de l’Association Jousse.

1996 :

9 et 10 novembre : Les traditions orales : « une source vive pour l’homme d’aujourd’hui ». Les traditions orales : basque, celtique, catalane, de la Galice, africaine, du chant grégorien. Organisé par Y. Beaupérin et Jacques et Madeleine Schmitt.

La commission des Récitatifs (Père Pierre Scheffer s.j., François et Claire Mazas, Yves Beaupérin, Elisabeth d’Eudeville) entreprend la révision des textes des Récitiatifs évangéliques mis au point par Marcel Jousse dans les années 30. Ce travail sera achevé en 2002.

1997 :

8, 9, 10, 11 novembre ; quatre journées à Paris : parmi les thèmes abordés :

  • Le Rythmo-mimisme, avec Vittorio Possenti et Yves Beaupérin,
  • Le trésor des récitatifs par le Père Pierre Scheffer s.j. accompagné des témoignages d’une quinzaine de personnes.
  • Le Mimisme dans l’anthropologie judéo-chrétienne par Pierre Perrier
  • L’oralité dans la tradition religieuse juive par François Mazas

1999 :

13 novembre : « L’oralité de la tradition d’Israël ». Quelques aspects de sa pertinence pour l’œuvre de Marcel Jousse et de ses disciples, par le frère Pierre Lenhardt NDS.

2002 :

9, 10, 11 novembre : Trois journées d’étude au Collège St Louis de Gonzague rue Franklin, Paris : 28 intervenants sur le thème : « Marcel Jousse, un génie méconnu, actualité et avenir de sa pensée ». Publication des interventions dans le Cahier Marcel Jousse n° 9.

2004 :

11 et 12 novembre 2004 : à l’Université catholique d’Angers :

Deux journées sur le thème : « La pédagogie du geste. Fondements anthropologiques et pratiques éducatives », organisé par un des directeurs de l’université et Yvonne Langlois.

2005 :

A l’abbaye de l’Epau, dans la Sarthe : Conférences, à l’occasion de la sortie des deux cédéroms contenant l’intégralité des cours oraux de Marcel Jousse donnés en Sorbonne, à l’École d’Anthropologie, aux Hautes Études, au Laboratoire de rythmo-pédagogie (20 000 pages dactylographiées), grâce au concours du Conseil Général de la Sarthe.

2008 :

septembre : réédition en un seul volume, dans la collection « tel » de Gallimard, sous le titre : « L’Anthropologie du Geste », des 3 ouvrages épuisés :

« l’Anthropologie du Geste » (1974), « la Manducation de la Parole » (1975), « le Parlant, la Parole, et le Souffle » (1978).

Extrait de la post-face : « Il est des œuvres qui travaillent souterrainement, l’Anthropologie du Geste de Marcel Jousse est du nombre… Son œuvre, profondément originale bouscule les catégories et irradie dans toutes les disciplines ».

2011 :  Année du cinquantenaire de la mort de Marcel Jousse

21 et 22 janvier : Séminaire : « A la source de la science et de la pédagogie » : la prise de conscience selon Marcel Jousse entre mimisme et mémoire », préparé par Alain Mazas.

10 mars, soirée au Centre Sèvres : « Marcel Jousse 1886-1961, actualité du père Marcel Jousse et avenir de sa pensée ».

10 et 11 septembre : Journées à Vivoin, dans la Sarthe : « Un génie sarthois à redécouvrir à travers son œuvre : l’anthropologie du geste, repère pour aujourd’hui », organisées par Yvonne Langlois.

28, 29, 30 septembre et 1er octobre: colloque à l’Université Jean Moulin Lyon 3 : « A la recherche de l’homme vivant » : une rencontre entre chercheurs, praticiens et artistes autour de l’anthropologie linguistique de Marcel Jousse ; organisé par Mme Claudine Olivier et Rémy Guérinel.

Octobre : Publication dans le n° 25 de la revue anthropologique « NUNC » d’un dossier de 76 pages : « Marcel Jousse. Pour une anthropologie autre » – Onze articles sur l’œuvre de Marcel Jousse et ses prolongements.

19 novembre : journée au Collège des Bernardins à Paris : « A la lumière de l’œuvre de Marcel Jousse : éducation, mémoire, mimisme, mémorisation« .

Fin novembre : Dans la salle de théâtre du Centre Bernanos, à Paris, l’acteur Gérard Rouzier, a rejoué le cours donné par Marcel Jousse, le 7 novembre 1932, à l’École d’Anthropologie. Il l’avait préalablement entièrement mémorisé. Un public nombreux et enthousiaste l’a chaleureusement applaudi. Cette soirée a été filmée par Christian-Léon Bois.

Ce film a permis ultérieurement la parution d’un DVD qui contient également un très beau témoignage d’Albert Petit.

2013 :

Séminaire de 5 jours à Vauhallan autour du travail d’Edgard Sienaert sur « Au commencement était le Mimisme ».

Et, parution du livre d’Edgard Sienaert : « Au commencement était le Mimisme ».

2014 :

Parution du livre de Titus Jacquignon, en introduction au livre d’Edgard Sienaert sur le Mimisme : « Initiation à l’anthropologie compréhensive de Marcel Jousse ». Cet ouvrage est distribué par la Procure.

En septembre : quatre jours de colloque au Pôle neuro-sciences de l’Université de Bordeaux : « L’homme est mémoire. Rencontres transdisciplinaires entre l’anthropologie du geste et du rythme de Marcel Jousse et les sciences cognitives« , organisé par le Pr. Bruno Bontempi, le Pr. Jean-Rémy Lapaire, Dr. Jean du Camp d’Orgas, et Titus Jacquignon.

Les noms des 34 intervenants et les titres de leurs communications sont disponibles auprès de l’Association.

2015 :

– Les Archives personnelles de Marcel Jousse et de Gabrielle Baron, en dépôt à l’Association, sont en cours de classement en vue de les confier à la Bibliothèque Lévi-Strauss du Collège de France ou à une autre institution susceptible de les accueillir.

Rapport-synthèse du Bureau de l’Association Marcel Jousse (nov. 2015 à fév. 2016)

du 7 novembre 2015 au 13 février 2016 – rédigé par Edgard Sienaert

Sommaire :

  • Le nouveau Bureau de l’association
  • Le site www.marceljousse.com
  • Création d’un réseau de correspondants
  • Archives Marcel Jousse-Gabrielle Baron
  • Publications
  • Activités 2016

Le nouveau Bureau de l’association

Le nouveau bureau de l’Association a été élu par son assemblée générale le samedi 7 novembre 2015.

Lors de sa première réunion, à la même date, le bureau a réparti ses fonctions statutaires comme suit :

  • Edgard Sienaert : président
  • Rémy Guérinel : trésorier adjoint
  • Élisabeth d’Eudeville : secrétaire
  • Édith de Pontfarcy : administrateur
  • Thomas Marshall : secrétaire adjoint
  • Titus Jacquignon : administrateur
  • Jacques Schmitt : trésorier

Le bureau tient à rappeler le premier paragraphe des statuts de l’Association, fondée en 1968, qui en définit la raison d’être et qui doit le guider dans sa direction et décisions, à savoir :

« promouvoir et développer l’étude et la diffusion fidèle de la pensée du professeur Marcel Jousse, par la connaissance de son œuvre et la continuation de ses travaux, et plus généralement de promouvoir l’étude interdisciplinaire des fondements anthropologiques des traditions orales et de toute pédagogie. »

Le bureau s’est réuni le douze décembre 2015 et le treize février 2016, et a délibéré des affaires suivantes.

Le site www.marceljousse.com

Thomas Marshall est administrateur du site, il est secondé dans cette tâche par Rémy Guérinel.

Le premier travail de Thomas a été de reprendre le contrôle sur le site qui avait été piraté. Il a été obligé en conséquence de le réinstaller entièrement. Puis il a publié l’ensemble des contenus de présentation disponibles, issus pour l’essentiel de la mission qu’il avait effectué pour l’association au premier semestre 2013. Nous vous invitons à visiter le site et à partager si vous le souhaitez vos retours à l’adresse webmaster (arobase) marceljousse.com.

Ensuite, Thomas est parvenu à ce que Google référence de nouveau le site internet. Pour qu’il apparaisse en bonne place dans les recherches des internautes, vous pouvez nous aider si vous avez vous-même un site, un blog ou une page Facebook : créez un lien vers cette adresse !

Une nouveauté : Le site est doté d’un outil permettant l’envoi de lettres d’information à un grand nombre d’adresses courriel. Toutes les personnes intéressées peuvent s’inscrire simplement via la page d’accueil du site et se désinscrire par elles-même si elles le souhaitent.

Nous sommes conscients que le site est encore bien incomplet. La rédaction de nouvelles pages et d’articles demande du temps, et une bonne connaissance des sujets. Aucune compétence particulière en matière de site web n’est requise. C’est pourquoi Thomas et Rémy font appel aux personnes volontaires pour participer à cette tâche !

Par ailleurs, la diversité des pages disponibles sur d’autres sites web quand on tape le nom « Jousse » sur Google est signe que les 2 colloques précédents et les contacts variés commencent à porter leurs fruits.

Quelques pistes envisagées pour l’amélioration du site :

  • Pour faciliter la découverte de Jousse aux néophytes, le bureau préconise de compléter par des présentations grand public, avec des thèmes attractifs et intellectuellement facile d’accès, comme l’enfant ou la pédagogie, l’araméen ancien, le paysanisme ou la méthode paysanne…
  • Il serait aussi utile d’avoir une page répondant de façon simple et concise aux questions fréquentes sur la pensée de Jousse.
    Quelles questions voudriez-vous y voir figurer ?
  • Actualiser la page Wikipédia consacrée à Jousse par un nouveau texte de présentation de Jousse, avec un lien vers l’article d’Albert Petit pour l’Encyclopedia Universalis.
  • Un carrousel d’images sur la page d’accueil.
  • Ce site est équipé pour être multilingue. La partie anglophone est à développer, par la réutilisation des anciens contenus du site d’Edgard en anglais, comme les ‘Dernières Dictées’ en anglais – ‘Memory, memorisers and memorisation in Ancient Galilee’ – directement téléchargeables. Une page d’accueil en espagnol renvoie vers les vidéo des séminaires de Gabriel Bourdin à l’Université de Mexico.
  • Publier tous les ‘plans de cours’ de Jousse sur le site.
  • Numérisation et mise en accès libre sur le site des cinq recueils de cours thématiques réalisés par Edgard sur le mimisme, le rythmisme, l’éducation globale, la mémoire et l’invisible, qui offrent une entrée plus aisée dans l’anthropologie joussienne.
  • Si c’est légalement possible, numériser « Mémoire vivante » (Éditions du Centurion) et le rendre directement accessible sur le site.

Création d’un réseau de correspondants

Afin de favoriser les contacts et les échanges, le bureau souhaite constituer un réseau de correspondants de l’Association en France et à l’étranger.
Qui peut devenir « correspondant(e) » ?

Quiconque accepte :

  • d’être identifié par le public de notre site comme une personne-ressource intéressée à des échanges autour de l’œuvre de Marcel Jousse, en fonction d’une proximité géographique, linguistique, ou de centre d’intérêt (ex : sciences du langages / pédagogie / Évangiles, etc.)
  • de tenir informé le bureau de l’association de ses initiatives, activités, qui sont en lien avec l’œuvre de Jousse.

Pour faire part de votre demande de devenir correspondant(e), il suffit de nous écrire un court texte sur vous et votre intérêt pour Jousse, accompagné d’une photo et de vos coordonnées. Après validation du bureau, cette présentation sera publiée sur le site marceljousse.com (nous ferons en sorte que les adresses courriel ne soient pas exposées au spam).

Au niveau international, nous envisageons de solliciter pour ce rôle de correspondant des chercheurs comme Haun Saussy, Université de Chicago, États-Unis ; Gabriel Bourdin Rivero, Universidad Nacional Autonoma de Mexico, Mexique ; Stephanie Cawood, Free State University, Afrique du Sud ; Duoduo Xu et Francesco Perono Cacciafoco, Nanyang Technological University, Singapour ; Ondres Skovasja, Purkye University in Usti nad Labem, République Tchèque ; Muriel Roland, Université Paris 8, France…

Archives Marcel Jousse-Gabrielle Baron

Titus est en pourparlers avec la bibliothèque municipale de Lyon, qui dispose déjà d’un fonds Jousse composé majoritairement de ses livres d’hébreu et d’araméen et qui a aussi hérité du fonds Jersey et de celui des Fontaines. Il s’agit de la reprise, par la Bibliothèque Municipale de Lyon de la totalité du legs Marcel Jousse-Gabrielle Baron, à savoir cours, livres et mémoires, vidéos et disques ainsi que la correspondance.

Comme elles ne font pas partie intégrantes et directes du legs Marcel Jousse-Gabrielle Baron, les archives Pierre Scheffer ne seront pas prises en charge par l’Association. L’Association cherchant depuis longtemps à trouver une assise scientifique universitaire, il y a incompatibilité au moins actuellement, entre cette direction stratégique et la dimension religieuse de la pratique actuelle des récitatifs. Élisabeth et Édith travailleront à organiser le réseau actuel des récitatifs partir des trois groupes principaux existant.

Publications

Les CD-ROM des cours existants sont physiquement accessibles, mais difficilement utilisables à cause des erreurs typographiques parsemés dans les textes issus d’une reconnaissance automatique de caractères. Considérant le caractère essentiel des cours de Jousse pour la connaissance de la totalité de sa pensée, le bureau débloque les fonds nécessaires pour ce travail de perfectionnement.

Il est proposé aussi de numériser les traces audios et vidéos présentes à l’Association – récitatifs Jousse-Desgrées, puis Baron, séminaires ou autres manifestations.

La librairie La Procure garde en dépôt-vente

  • « Mémoire vivante » de Gabrielle Baron,
  • « Au commencement était le mimisme » d’Edgard Sienaert,
  • et « Initiation à l’anthropologie compréhensive de Marcel Jousse » de Titus Jacquignon.

Le site canadien « Les classiques des sciences sociales » a déjà mis en en téléchargement gratuit ligne plusieurs mémoires de Marcel Jousse et Rémy et Edgard sont en rapport avec les responsables canadiens pour assurer la numérisation des mémoires restant.

Or Words to That Effect – Orality and the writing of literary history’, recueil d’essais sur l’oralité, édité par Daniel F. Chamberlain et J. Edward Chamberlin de l’University of Toronto, inclut un article d’Edgard: ‘Levelling the Orality-Literacy Playing Field: Marcel Jousse’s Laboratory of Awareness and the Oral-Literary Continuum.’ – Mettre sur un pied d’égalité l’oral et l’écrit : le laboratoire de prise de conscience de Marcel Jousse et le continuum entre les pôles oral et écrit.

Le sous-titrage en anglais de la vidéo ‘Sur les pas de Marcel Jousse’ est en cours d’exécution.

Activités 2016

Les animateurs de ‘Parole Vivante’, accueillant également des personnes ne faisant pas partie de ce groupe, ont organisé le 16, 17, et 18 février une rencontre rassemblant une soixantaine de personnes. L’objectif a été de se remémorer ensemble des récitatifs déjà appris, d’apprendre de nouveaux récitatifs, de travailler les gestes en les approfondissant, d’échanger sur les expériences et questions des uns et des autres.

Vendredi 27 mai : rencontre-discussion avec les pratiquants des récitatifs sur le thème ‘Geste et parole’

Samedi 28 mai : au théâtre Victor Hugo de Bagneux, journée autour de Marcel Jousse, en compagnie d’Edgard Sienaert, organisée par Muriel Roland (Université Paris 8), dans le cadre d’un programme plus vaste, dénommé ‘Geste’stations’. Muriel prépare une thèse sur le mime Marceau.

Vendredi 4 novembre : suivi de la manifestation à Bagneux sur le thème (provisoire) de ‘Cinémimisme et cinéma : Marcel Jousse et Charlie Chaplin’, avec Adolphe Nysenholc, auteur, entre autres d’une thèse sur Charlie Chaplin.

Samedi 5 novembre : Assemblée générale annuelle de l’Association.

La prochaine réunion du bureau aura lieu le dimanche 29 mai, de 14 à 18 heures.

Hommage à Albert Petit, auditeur témoin de Marcel Jousse, membre fondateur de la « Fondation Marcel Jousse »

Début décembre 2014, Albert Petit, ancien auditeur de Marcel Jousse, a rendu son dernier souffle. Pour moi, Albert a un été un orienteur de premier ordre dans ma recherche concernant Jousse. Je l’avais rencontré au tout début, rue Saint André des Arts. Quelle joie de rencontrer un témoin rayonnant, passionné et enthousiaste. Il avait eu cette phrase éclairante qui ne m’aura jamais quitté durant toutes ces années de recherche « Qu’est-ce que Jousse dit, lui-même, de son œuvre ? ». Albert a été, comme Jousse, un passionné de l’homme vivant et de cet « homme admirable » Iéshoua.

Je me souviens avec émotion de la passion, avec laquelle il nous avait mimo-dramatisé la délinquance de la magistrature lors du colloque d’Angers et avec laquelle il avait simulé une plaidoirie pour le procès de canonisation de Jousse lors du 40ème anniversaire de la mort de celui-ci.

Quand, avec Gérard Rouzier, dans la phase préparatoire du rejeu de cours de Jousse, nous étions allés le lui redonner en avant première, pour avoir son avis d’auditeur, il n’avait donné qu’un seul conseil à Gérard « Soyez-vous même !».

Albert n’était pas présent physiquement au colloque universitaire de Lyon, ni à celui de Bordeaux d’ailleurs, mais d’une certaine façon, il en a été l’initiateur. Je lui en suis infiniment reconnaissant.

Pour lui rendre hommage, nous reproduisons ici l’article qu’il avait rédigé en 1965 pour la revue des Nouvelles littéraires à l’occasion de la sortie du livre de Gabrielle Baron « Marcel Jousse, introduction à sa vie et à son œuvre » et nous vous recommandons d’écouter l’interview ci-dessous qu’il avait accordé à Christian-Léon Bois en 2011 à l’occasion du 50ème anniversaire de la mort de Jousse.

Rémy Guérinel

Albert Petit parle de Marcel Jousse from Le Geste, le Verbe et le Souffle on Vimeo.

Le Copernic de la mécanique humaine

(Les Nouvelles Littéraires, 10 juin 1965, p. 6)

A dix-huit ans, sans savoir très bien comment, je me suis trouvé un beau soir à l’amphithéâtre Turgot de la Sorbonne en face de Jousse. Élevé jusqu’alors sous le toit d’un homme au jugement quasi infaillible en littérature, en philosophie, comme en peinture ou en art nègre, ami de Claudel, de Giraudoux et de Max Jacob, disciple de Bergson, traducteur de Kierkegaard et de Maitre Eckart, j’étais une sorte de barbare, heureux quand même de savoir qu’existaient tant de richesses, mais peu soucieux d’en faire mon miel. J’avais envie, non pas de lire, mais de vivre. Comme tant d’autres, j’étais Tête d’Or.

Et voilà Jousse qui entre soudain dans ma vie à raison de trois conférences par semaine. Grands dieux ! Quel acteur et quel spectacle ! Il était là debout, parlant d’abondance avec un simple plan de son cours et quelques livres où il piquera une citation, exprimant de tout son corps les résultats de quarante années de recherche en linguistique, en phonétique, en rythmique, en psychologie, en pédagogie, en ethnologie, comme s’il voulait nous associer à ses découvertes, nous obliger à observer avec lui ce qui n’avait pas été vu sous l’angle de l’Anthropologie du geste. On est pris, il ne vous lâche plus, où qu’il aille il faut le suivre.

Soudain, c’est l’hilarité générale. Pour faire saisir la permanence de la loi du Mimisme sous le carcan des conventions sociales, il s’est mis à imiter les dames élégantes des tribunes de Longchamp, au maintien réservé, aux belles toilettes et aux longues mains gantées, dont le regard se tend vers la course et qui tout à coup, se mettent inconsciemment à rejouer, d’abord de leurs avant-bras, puis de tout leur être global, le galop de leur cheval… Mais un instant plus tard, c’est le silence, presque l’effroi, car ce sont les grands mécanismes de vie, de conscience, de sclérose et de mort dont il nous montre l’affrontement universel et permanent dans la vie de chaque jour, dans les hôpitaux psychiatriques ou sur les champs de bataille. Mais voici qu’il nous détend en nous donnant la joie d’admirer l’enfant, ce monde en formation devant lequel il éprouve un tel respect, et, avec l’enfant, les poètes et les savants – ces grands enfants qui ont gardé la fraîcheur de leurs impressions premières et qui continuent à jouer et à rejouer les grands gestes de l’univers.

Au cours des premières conférences, on a du mal à s’y reconnaître car tout y passe. Les neuf muses sont là, galamment traitées chacune à leur tour, mais rappelées à l’ordre pour avoir si souvent vagabondé depuis deux mille ans et délaissé le service des hommes. Le pauvre Platon est mis au coin pour quelques pages assurément malheureuses sur les idées, l’âme et le corps. Mais Homère, le grand Homère est choyé avec ses émules de tous les temps : compositeurs basques, bretons, corses ou finlandais et tant d’autres ; Indiens aux corps souples et mimeurs, peuples spontanés qui nous révèlent, en leurs mimiques si riches de réel, les grandes lois de l’expression humaine globale. Comme elle nous paraît soudain petite et pauvre, sur le plan de la connaissance de l’homme, notre civilisation occidentale qui a réduit le composé humain au bout d’un stylographe !

Mais, sous ces dissertations brillantes, exquises ou émouvantes – où se mêlaient parfois, comme il le reconnaissait volontiers lui-même, quelques scories – on pouvait suivre l’observateur rigoureusement objectif, démontant les mécanismes si complexes et si variés de l’expression humaine ethnisée, pour y découvrir le jeu des lois anthropologiques vivantes. Décidément, nous ne sommes pas seulement en face d’un érudit, ni d’un poète, ni d’un ethnologue ou d’un philosophe, mais avant tout, devant un savant expérimental.

Pourtant, j’étais parfois saisi d’un vertige et d’un doute. Car ne prétend-il pas, ni plus ni moins, le Révérend Père, avoir trouvé les lois fondamentales et spécifiques du comportement humain, lois infiniment souples comme tout ce qui est vivant, mais qui jouent implacablement sous les ethnies particulières. Comportement humain d’une infinie richesse et complexité ( mais les molécules des organismes vivants ne le sont-elles pas pour le chimiste ?) fondée sur les lois de l’Anthropologie du geste, science neuve avec sa méthodologie particulière, son vocabulaire précis et adapté, ses laboratoires – le laboratoire maternel où peut s’observer les montage des gestes humains, l’immense laboratoire ethnique, et même celui de l’asile où sont étudiés les pauvres démontages des gestes – en un mot, une science digne de ce nom. Combien de fois me suis-je interrogé : Est-ce un imposteur, un illuminé ou un grand génie ? « Il y a Copernic, Newton et Jousse… » « Aujourd’hui, c’est joussien, demain ce sera mondial », nous disait-il avec une tranquille assurance, sans une once de vanité (et sur ce point, je m’y connaissais). Une science nouvelle, aux irradiations indéfinies, était-elle en train de naître sous nos yeux ? Une science que personne n’aurait songé possible, si tant est que quelqu’un y eut songé !

Le miracle s’est accompli

Vingt ans ont passé et je sais maintenant que le mot d’Henri Brémond n’est pas une boutade. Jousse est bien le Copernic de la mécanique humaine. Comment, dans l’homme, s’enregistrent, se montent et s’imbriquent les gestes de l’Univers par le jeu de ses mécanismes oculaires, auditifs, olfactifs, tactiles, comment l’homme en prend conscience et comment il les exprime, corporellement, manuellement, graphiquement, buccalement, voilà l’objet immense de l’Anthropologie du geste, science de l’homme, de tout l’homme. Le miracle pour moi s’est accompli. L’art, l’artiste authentique seront demain, au cœur de la cité, au service de l’homme. Qu’est-ce qu’un grand classique, sinon celui qui sait faire jouer en l’homme les grands gestes humains et lui en faire prendre conscience pour mieux les diriger ? L’homme, aujourd’hui morcelé, sera demain unifié par l’Anthropologie du geste. L’artiste se fera savant authentique et la science anthropologique aidera les arts à s’accomplir sans rien perdre de leur force particulière.

Demain ? Non ! Pas demain. Car depuis Copernic et Newton les astronomes ont travaillé. « Je n’ai fait que donner le B.A. BA, nous disait Jousse. Je n’ai fait qu’ouvrir la voie et montrer la méthode. Un jour viendra où tout ce que j’ai découvert sera d’une simplicité enfantine pour le premier étudiant venu. » Et il appelait des milliers et des milliers de chercheurs, de toutes les disciplines pour poursuivre ses travaux, chacun dans leur voie.

« Peut-être un dieu ! »

Parmi les grands classiques qu’évoquait Jousse, comment ne pas parler de celui vers lequel se tendaient toutes ses recherches : le Rabbi paysan de Galilée qui fut, avec la science, la grande passion de sa vie ? Il nous le montrait, Rabbi parmi les Rabbis, maîtrisant la pédagogie orale de son milieu ethnique palestinien – lui-même informé, dès l’enfance, par cette riche pédagogie, formant à son tour méthodiquement ses Appreneurs à qui il enseignait rythmomélodiquement, en d’immortelles paraboles, toute cette régulation des gestes humains qui est la base de notre civilisation, et les envoyant ensuite porter au monde entier ces paroles et ces gestes nouveaux. « Un grand génie classique, nous disait Jousse, le plus prestigieux, et peut-être un Dieu ! » Mais pour lui, le Dieu s’imposait et il l’a suivi dans toute la simplicité de son cœur jusqu’à son dernier souffle.

Voilà Jousse, tel que je l’ai reçu, dans toute sa rigueur, sa puissance, sa simplicité et tel que je l’ai retrouvé, avec joie, dans la très belle étude que Gabrielle Baron lui a consacrée. Mais à mesure que je poursuivais le lecture si attachante de son Introduction à la vie et à l’oeuvre de Marcel Jousse, je comprenais mieux encore l’appel du maître – car il ne nous invitait pas à nous arrêter à lui pour l’admirer, mais plutôt à progresser chacun dans sa voie propre en prenant conscience du monde qu’il porte en lui. Jousse n’a fait que cela. Jousse, c’est un appel au travail, au martyre et à la joie du travail.

Albert Petit

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