chercheur, anthropologue, pédagogue

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Au programme de la rencontre du 19 et 20 novembre 2022

Nous sommes heureux de pouvoir reprendre cette année nos rencontres à Paris. Et pour les personnes qui nous suivent depuis le reste du monde, nous allons mettre en place une retransmission en direct par visio-conférence. Réservez votre week-end !

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Séminaire De l’actualité du paysanisme

Marcel Jousse (1886-1961) fonde une méthode anthropologique originale au début des années 30 : l’anthropologie du geste et du rythme, qu’il enseigne en Sorbonne et dans d’autres établissements parisiens jusqu’en 1957. Le paysanisme figure parmi les éléments constitutifs de sa méthode. Le terme peut paraître étrange. Le professeur Jousse s’en explique : « Nous avons donné au mot “paysan” un sens universel. (…) Être paysan, c’est être in-formé par son pays. » (cours du 28/01/1955)

Le séminaire, animé par Edgard Sienaert (Afrique du Sud), nous invite à découvrir un aspect de l’anthropologie joussienne qui se révèle être particulièrement en prise avec notre actualité écologique : une anthropologie de l’habitant et de l’habitat, du pays et du paysage, en interaction – l’habitant habite et modèle son paysage, le paysage habite et modèle les habitants. Marcel Jousse a élargi et approfondi ce thème du pays et du paysan en le situant à la racine d’une anthropologie de la connaissance et de l’expression et aux fondements de la culture ; le thème du paysanisme représente aussi une entrée pour comprendre le style d’enseignement du professeur Jousse et introduit à sa méthode anthropologique.

Le point de départ pour cette exploration est un extrait du cours de Jousse à l’École d’Anthropologie, le 23 janvier 1950 :

Si nous adhérons au pays, c’est que nous adhérons au Paysage …
Toute cette clarté, tous ces élancements de peupliers, toutes ces haies si bien divisantes, toutes ces routes si bien conduisantes, comme tout cela nous a formés !
Taine disait qu’il fallait rechercher la terre dans la formation des esprits. Je le crois bien ! Que serions-nous donc si les gestes de la terre ne nous avaient pas modelés !
Si vous voulez comprendre le Joussisme, qui est le Mimisme à sa proie attachée, allez sur le petit pont de Beaumont et regardez la Sarthe avec ses peupliers reflétants et reflétés, en écho chosal.
Allez à St Christophe-du-Jambet, où ma mère a été élevée, et vous saurez ce que c’est qu’une Université paysanne, maîtresse d’elle-même parce que coordonnée.
Le Paysanisme, adhérent au Pays, adhérent au Paysage, adhérent aux Paysans.

Samedi 19 novembre de 14h à 17h30, à l’Institut Catholique de Paris – ouvert à tous, sur inscription préalable uniquement

  • Entrée par le 74 rue de Vaugirard 75006 Paris  /  Bâtiment W, Salle W10 (2ème étage, escalier et ascenseur)
  • Ou en visioconférence sur Zoom  (ID de réunion : 813 6777 5524 – Code secret : 280277)

L’annonce de ce séminaire est publiée sur Calenda, calendrier des sciences humaines et sociales.

Accueil à 14h

14h30 : Titus Jacquignon

« Paysan et fier de l’être : une “pride“ rurale et conservatrice ou un geste méthodologique et un style d’enseignement ? »

Titus Jacquignon est désormais docteur en didactique des langues et des cultures de l’Université de Bordeaux Montaigne. Après de longues années de travail patient à travers les quelques 1000 transcriptions des cours oraux de Jousse, il a soutenu sa thèse ce 14 octobre. C’est avec cette vision globale de l’enseignement du Professeur Jousse qu’il nous aidera à mieux comprendre ce que signifie pour lui “être paysan”.

15h à 15h15 : Échanges avec l’intervenant

15h15 : Gabriel Bourdin

« Le proverbe paysan »

Gabriel Bourdin, professeur d’anthropologie à l’UNAM, nous présentera, en visio-conférence depuis le Mexique, quelques fruits d’une enquête ethnographique réalisée cette année à propos des savoirs vernaculaires véhiculés par les proverbes météorologiques, dans le sud de l’Espagne et au Mexique.

15h45 à 16h : Échanges avec l’intervenant

16h00 : Muriel Roland

« Le paysanisme ou la co-création du monde par un anthropos oeuvrier »

Muriel Roland, formée à l’école du mime Marceau, est artiste de théâtre. Elle termine actuellement une thèse de doctorat sur “le geste actoral antagoniste”. Elle nous montrera comment le paysanisme prend sens dans le mouvement joussien entre l’intussusception-impression et la projection-expression, entre ‘jeu’ et ‘rejeu’ global. C’est pour elle une source de résistance précieuse dans un monde où conception et exécution du geste se séparent, amputant l’Anthropos du sens de son travail et de son existence.

16h30 à 16h45 : Échanges avec l’intervenante

16h45 : Échanges

Fin du séminaire à 17h30.

 

Rencontre de l’Association Marcel Jousse

Dimanche 20 novembre de 10h à 17h – 26 rue Boissonade 75014 Paris

Cette rue est située entre le n°160 du Boulevard Montparnasse et le n°237 du Boulevard Raspail.  Métro : Raspail (lignes 6 et 4), ou RER : Port Royal

Ou en visioconférence sur Zoom  (ID de réunion : 876 6422 2042 – Code secret : 464769)

Accueil à partir de 10h

10h30 : Assemblée générale

Présentation du rapport moral et du rapport financier, suivis du vote des adhérents.

11h : Interventions

Voici le programme prévisionnel. La journée sera animée par Thomas Marshall. Son objectif est de mettre en valeur les travaux des membres qui contribuent à réaliser la mission de l’association, ainsi que de favoriser la réflexion, les échanges, les collaborations.

11h – Actualités de la diffusion de la pensée de Jousse

  • Titus Jacquignon – Perspectives suite à la récente soutenance de sa thèse de doctorat : « L’expression, le geste et le rythme : fondements épistémologiques, exégèse critique et corpus analytique de l’œuvre et de la méthode développées par Marcel Jousse (1886-1961) »
  • Gabriel Bourdin – Découverte de l’anthropologie du geste dans le monde académique en Amérique Latine : retour sur la publication d’un dossier dans la revue Mundau  (Brésil), sur une conférence en Argentine…
  • Francisco Garcia – Introduction de l’anthropologie du geste de Marcel Jousse dans le domaine universitaire espagnol : retour suite à la conférence donnée à l’Université ecclésiastique San Dámaso.

11h50 – Frédéric Herrera – Projection et commentaire d’extraits en vidéo de son spectacle “Géant de sel”, présenté le 15 septembre en Espagne. Frédéric est danseur butoh, il a créé ce spectacle au bord de la Mer morte à partir d’une exploration sensorielle de l’argile, inspiré par la lecture de la Genèse par Marcel Jousse : le mimodrame de la création d’Adam, le Terreux.

Le Géant de Sel – Spectacle de Frédéric Herrera le 15 septembre 2022 à Moraira Valencia, Espagne.

12h30 : Déjeuner

Un déjeuner est prévu sur place (plateau-repas à 18 €). Veuillez-vous inscrire à l’aide du bulletin ci-joint.

14h – 17h : Suite des interventions et des échanges

14h – Guylain Prince – L’exégèse anthropologique de Marcel Jousse : Source de malentendus et … de vie !

Cette présentation vise à partager un grand moment de clarification pour celui qui termine sa thèse de doctorat, en partie sur Marcel Jousse. Bibliste et exégète, le P. Guylain Prince s’est posé la question de l’incompréhension mutuelle entre Marcel Jousse et les exégètes de son temps. Pourquoi Jousse est-il si pertinent au plan anthropologique, tout en étant si mal compris par les exégètes professionnels ? Se pourrait-il aussi que Marcel Jousse n’ait pas bien compris le propre du travail de l’historien ou de l’exégète qui se penche sur les mêmes Écritures que lui ? Guylain Prince semble avoir solutionné le tout, surtout en ayant recours à la philosophie de P. Ricoeur et de F.R. Ankersmit sur le rôle de la mémoire dans le travail de l’historien. En quoi Jousse est-il unique en regard d’autres études sur les traditions juive et chrétienne ? Quelle est sa perspective propre dans le concert des diverses approches actuelles ? Comment peuvent-elles dialoguer ?

14h30 – Échanges avec l’intervenant

 

14h40 – Pierre Perrier – Actualités de la refondation des connaissances sur les Évangiles et l’évangélisation au 1er siècle

A la suite de sa présentation, il y a 1 an, au sujet du colloque historique tenu au Vatican, Pierre Perrier nous parlera de la poursuite des démarches collectives auxquelles il contribue, dans le prolongement des travaux de Jousse sur le style oral biblique ainsi que de l’héritage araméen des Églises d’Orient.

15h20 – Échanges avec l’intervenant

 

15h30 – Florence Louvet – La conversion à la bienveillance en entreprise à partir de l’étude de l’anthropologie de Marcel Jousse

Elle nous parlera de sa thèse de doctorat en préparation dans le cadre de la chaire “Entreprises et bien commun” de l’Institut Catholique de Paris. Lors de cette première année de travail, elle a pu consulter des archives (Marcel Jousse et Gabrielle Baron à l’ICP, Archives de Vanves, Lyon, Vincennes et USA) et visiter des différents lieux importants dans la vie de Jousse (dans la Sarthe et à Jersey).

16h – Échanges avec l’intervenant

 

16h10 – Rémy GuérinelPéguy, l’arrière-pays commun à Marcel Jousse et Bruno Latour

Rémy Guérinel cherche depuis de nombreuses années à relier Jousse avec des chercheurs en poste actuellement. L’original professeur Bruno Latour (1947-2022) est décédé le 9 octobre dernier, le 14 octobre un membre du jury de thèse de Titus soulignait l’intérêt de relier Marcel Jousse et Bruno Latour. Dans cette intervention, il nous propose d’abord de reparcourir comment Jousse et Latour se sont croisés dans ses recherches, puis comment, à l’occasion de cette demande récente, ils se sont mis à résonner par l’entremise de leur intérêt commun pour l’anti-moderne Charles Péguy.

16h40 – Échanges avec l’intervenant

 

16h50 – Clôture de la rencontre

Willy Bakeroot nous a quitté

« Il avait gardé une âme d’enfant », me disait Edgard au sujet de Willy.

L’association tient à transmettre à ses membres la triste nouvelle du décès de Willy Bakeroot, à 90 ans, le 9 mars dernier. Ses obsèques auront lieu le mercredi 23 mars 2022 au Crématorium de Clamart à 10h.

Nous exprimons notre émotion et notre soutien moral à sa famille et à l’ensemble de ses proches ; il nous manque déjà beaucoup.

Depuis longtemps, Willy tissait des liens entre l’anthropologie de Marcel Jousse, la musicologie et la musicothérapie ; il avait aussi une passion étonnante pour les Saints du calendrier…

Willy avait écrit dans le courant de l’année dernière un article de relecture autobiographique intitulé « Bois d’œuvre » qui est paru dans la Lettre de Maredsous, où il avait été élève. Nous vous le rendons ici accessible, avec l’aimable autorisation de l’abbaye de Maredsous.

En lien :

Bon vent Willy !

Tes amis
Edgard, Rémy et Titus – l’Association Marcel Jousse

 

Le rythme verbo-musical en musicothérapie active : une question joussienne from Le Geste, le Verbe et le Souffle on Vimeo.

Un spectacle sur le Modelage de l’Adâm-Terreux

une photo du spectacle

Marcel Jousse a joué un rôle fondamental dans ma vie d’artiste et d’homme tout court.

Il y a une dizaine d’années, j’ai eu une rencontre avec Adâm le Terreux en Israël !

“Faisons le Terreux
d’après notre mimème
et selon notre analogème”
Marcel Jousse – L’Intussusception par Insufflation

De cette rencontre est né un spectacle : “Le Géant de Sel”.

Je partage avec vous un article sur ce travail, illustré de photos du spectacle :

Modelage de l’Adâm-Terreux— Création, créativité et créateurs

Fred Herrera

A propos du spectacle :

Gigante de Sal (Fragmento) from La Sandía on Vimeo.

“De notre corps émane un autre corps : fantastique, monstrueux, intense, rêvé, avec une soif d’éternité…”.

Cette vidéo est un fragment du spectacle de danse Butoh “Gigante de Sal”, conçu et interprété par Fred Herrera. L’auteur définit son œuvre comme “un chant corporel à la nuit antique, œuf primordial où le ver se métamorphose en papillon et où la momie enterrée avec ses trésors parcourt le labyrinthe de sa pyramide en s’abreuvant à la rivière de la mémoire. La danse de l’imagination”.

La pièce a été créée au Costa Rica le 4 juin 2013 au Teatro de la Danza del Centro Nacional de la Cultura (CENAC).

L’équipe de La Sandía est heureuse d’avoir réalisé cette vidéo et exprime sa plus sincère admiration à Fred Herrera pour avoir conçu une œuvre exceptionnelle.

Violences et sociétés au 21ème siècle – Approches croisées

Suite au séminaire du 20 novembre 2021, cette page a vocation à rassembler au fur et à mesure des contributions sur ce thème, pour garder la réflexion ouverte et la développer avec le temps – pourquoi pas avec votre participation ?

Sommaire de la page :

 

Voici un résumé visuel de la problématique proposée comme point de départ du séminaire :

Lire le document d’introduction au séminaire

A travers ces différentes présentations, vous vous apercevrez que le mot “violence” a des significations variables. Il ne s’agit pas en effet d’un concept spécifique dans la pensée de Jousse. D’ailleurs, pour lui, les “idées” n’existent pas en tant que tel (en dehors d’un individu particulier). La question posée par Jousse au sujet des mots que nous employons couramment : quels sont les faits concrets et observables que ce mot désigne pour chacun de vous, en fonction de votre propre expérience du monde et de ce que vous cherchez à exprimer ? Quel est le geste interactionnel sous-jacent que je mets derrière ce mot ? Dès lors, nous pouvons mieux nous approcher de la pensée de l’autre, en essayant de refaire ses gestes et pas seulement en entendant ou en lisant ses mots.
Si vous souhaitez communiquer avec l’un ou l’une des intervenants, écrivez-nous !

 

La colonisation gestuelle : lecture d’un extrait de cours de Marcel Jousse

Muriel Roland, artiste de théâtre, nous donne à entendre un extrait de cours de Marcel Jousse, le 2 mai 1945 à l’École des Hautes Études. Il s’agit d’une sorte de “bande-annonce” faite par le professeur Jousse à son auditoire, car il développera ce thème tout au long de l’année suivante dans ses conférences à l’École d’Anthropologie.

 

Violence, mimisme et désenchantement du monde dans les sociétés du XXIe siècle

Gabriel Bourdin est professeur d’anthropologie à l’UNAM (Mexique). Dans cette communication faite en ouverture du séminaire du 20/11/2021, il présente la perspective de Jousse sur la guerre et la colonisation, comme étant une expression des relations de prédation à l’œuvre dans le monde animal – qu’il s’agit, à l’aide de l’anthropologie du mimisme, de dévoiler, et de dépasser dans des relations de fraternisation. (32 minutes)

 

René Girard et Marcel Jousse : une complémentarité pour comprendre la violence ?

Muriel Roland se nourrit de la pensée de ces deux chercheurs, qui éclairent sa pratique théâtrale et sa compréhension de la condition humaine. Elle partage ici d’une façon orale improvisée en quoi elles peuvent se conjuguer pour expliquer la violence des sociétés humaines (environ 30 min). La vidéo se termine par un échange avec Gabriel Bourdin sur la question du dépassement des logiques sacrificielles.

Pour René Girard, le désir mimétique est à l’origine de la violence humaine. C’est pour réguler cette violence que les communautés ont de tous temps et en tous lieux pratiqué sacrifices et rituels, ceci conduisant à la naissance du sacré, et par conséquent, de la culture. Pour Marcel Jousse, c’est le mimisme qui permet la transmission gestuelle, laquelle humanise littéralement et pacifie les individus comme les communautés. Ces deux versants de la mimésis et leur nécessaire articulation sont au centre du message des évangiles et ce n’est pas un hasard si les deux hommes ont fait du texte biblique leur terrain de prédilection.

 

La vie est un combat : le thème de la violence à travers les cours de Marcel Jousse

Titus Jacquignon a fait sa thèse de doctorat à partir des transcriptions des cours de Marcel Jousse. Il nous donne ici un article de synthèse mettant en lumière différentes facettes de la question de la violence, de la lutte et du combat dans le contenu et la forme de son enseignement oral (environ 1000 conférences sténotypées de façon professionnelle puis transcrites, couvrant la période de 1930 à 1957).

Le sujet de la violence, et plus largement celui de la lutte et du combat, sont omniprésents dans les cours de Marcel Jousse. Pour mieux s’en rendre compte, il suffit d’y rechercher les thèmes opposés : la douceur ou la paix – elles n’y apparaissent que furtivement. En tant que chercheur et professeur, Jousse est un combattant. Il ne se contente pas d’étudier l’être humain à travers son anthropologie, il s’en fait le défenseur contre toutes les conventions sociales et culturelles qui l’empêchent d’être lui-même. Ce positionnement se comprend à travers son parcours personnel, et à travers sa position assumée d’étranger, sur le plan culturel, par rapport au contexte intellectuel parisien où il intervient. Sa manière très personnelle d’enseigner s’inscrit dans une intention de susciter des réactions, des prises de conscience parmi son auditoire. Il veut nous réveiller à ce que nous sommes profondément, et sur cette base, remettre en question la manière dont nous traitons, en tant que société, tout ceux qui de son point de vue sont restés plus vivants : les enfants, les peuples indigènes, les cultures orales et paysannes…

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Comment cesser notre auto-destruction ? Vers une culture de la transformation des traumatismes

Thomas Marshall partage le résultat de son questionnement sur les causes anthropologiques de la crise écologique contemporaine. L’approche gestuelle de Jousse donne l’occasion de mettre en lien des connaissances issues de différents domaines, pour changer notre regard sur la fragilité de la condition humaine.

Les violences exercées de façon intentionnelle ou non par les êtres humains envers leurs congénères et sur les systèmes écologiques ont pris une ampleur telle que leurs effets dans l’espace et le temps échappent radicalement à nos capacités de perception. Notre incapacité collective à tirer des conséquences pratiques des alertes présentées par les scientifiques donne l’impression que les sociétés technologiquement avancées du monde entier sont engagées dans une dynamique d’auto-destruction impactant l’ensemble de la vie sur Terre. Cette situation suscite chez un grand nombre de nos contemporains, les jeunes en particulier, une grande anxiété.
Jousse a notamment nourri son anthropologie du mimisme des observations des cliniciens de la « santé mentale », à la suite des recherches de son maître Pierre Janet. Il a formulé des diagnostics sur les maladies dont notre civilisation était selon lui victime, en s’inspirant de la terminologie médicale. Cette démarche d’investigation psycho-physiologique des maux contemporains de notre espèce mérite d’être réactualisée à la lumière des découvertes de ces dernières décennies sur le système nerveux, et en particulier sur les mécanismes de survie impliqués dans l’apparition, dans la reproduction et dans la possible transformation des traumatismes individuels et collectifs.

Au programme de la rencontre du dimanche 21 novembre 2021

A la suite du séminaire proposé samedi, les rencontres annuelles de l’Association Marcel Jousse se poursuivent en vidéo-conférence dimanche après-midi.

A 14h30 :  Assemblée Générale

A l’ordre du jour, pour les membres :  présentation et réponse aux questions sur le rapport moral et le rapport financier ; présentation des personnes candidates pour le renouvellement du Bureau de l’association jusqu’en 2024. Les votes auront lieu via un formulaire électronique.

Intermède : un texte de Marcel Jousse lu par Céline Perrot.

Jusqu’à 16h :  Partage des actualités et projets des membres contribuant à la diffusion de la pensée de Jousse dans le monde, en particulier hispanophone.

Les bas-reliefs de Kong Wang Shan en Chine

De 16h à 17h15 : Pierre Perrier (Académie des Sciences)

Présentation suite à un colloque du Comité Pontifical de Sciences Historiques, au Vatican (27-29/10/2021) :

« Enquête sur l’histoire des premiers siècles de l’Église »

Voir le résumé  et la vidéo de cette intervention

 

De 17h15 à 17h30 : conclusion des rencontres

 

* * * * * *

 

Sur le même thème que la présentation de Pierre Perrier, pour nos amis hispanophones, nous partageons cette information :

Lundi 29 novembre 2021, à 19 h 40 (heure de Paris) une conférence aura lieu sous le titre :

« L’Anthropologie du Geste de Marcel Jousse : nouvelles recherches sur l’oralité »

à l’Université Ecclésiastique San Dámaso (Madrid) et virtuellement via la chaîne YouTube de ladite université.  

Il s’agit de la 4ème journée du Cycle de Conférences intitulé : « La pédagogie de l’Église des Apôtres »

L’exposé sera proposé par le Dr. M. Francisco José López Sáez (Université Pontificale Comillas / Université Ecclésiastique San Dámaso) et M. Francisco García Baca (Université Pontificale Comillas) qui offriront une introduction biographique de Marcel Jousse et une initiation à son Anthropologie du Geste, suivies d’une présentation des nouvelles recherches sur l’oralité.

Télécharger la présentation

Une nouvelle vie pour les archives Jousse

Le 31 mars 2021, les archives Jousse ont été reçues à la bibliothèque de l’Institut Catholique de Paris. Elles vont ainsi pouvoir être conservées et classées par des professionnels, puis rendues accessibles aux chercheurs, pour une meilleure connaissance de sa vie et de son œuvre.

Après la mise à disposition du public de l’ensemble des transcriptions de ses cours, l’Association Marcel Jousse accomplit à nouveau un grand pas pour la postérité de l’œuvre de Jousse.

Un sympathisant venu prêter main forte, dans la cour de l’ICP

Ces 7 caisses d’archives comprennent des documents sur la vie et les recherches de Jousse, ainsi que sur le travail de sa collaboratrice Gabrielle Baron après sa mort, ayant conduit à la création de l’Association Marcel Jousse.

Élisabeth d’Eudeville, secrétaire de l’association, a été très persévérante depuis de nombreuses années dans la recherche d’une institution qui pourrait recevoir ces archives. Un accord a finalement été trouvé avec l’Institut Catholique de Paris… et le contexte de l’épidémie de COVID avait à nouveau repoussé ce transfert. Voilà donc qui est fait !

Nous vous donnerons des nouvelles du travail de valorisation qui sera mené sous la responsabilité de Guillaume Boyer, conservateur des fonds anciens et patrimoniaux.

Le prochain événement est la publication prévue en avril d’un numéro spécial sur Marcel Jousse de la revue universitaire de l’ICP, Transversalités.

A suivre !

Au programme des rencontres 2020 de l’Association Marcel Jousse

Soyons présents même si nous sommes loin !

Cette année, les circonstances exceptionnelles ne permettant pas l’organisation des rencontres habituelles à Paris, nous avons décidé d’expérimenter un déroulement adapté en vidéo-conférence.

Nous espérons que vous serez nombreux à vous joindre à nous, grâce à l’internet, où que vous habitiez en France ou dans le monde. Ces rencontres sont gratuites et ouvertes à toutes les personnes curieuses de connaître l’anthropologie initiée par le Professeur Marcel Jousse… elle reste encore peu connue et est pourtant d’une étonnante actualité.

La puissance des télécommunications ne produit toutefois pas la même chose que d’être corporellement présents dans la même pièce. C’est pourquoi nous demanderons particulièrement aux intervenants et intervenantes de veiller à la connexion avec nous en s’exprimant de la façon la plus compréhensible et vivante possible.

Pour ménager notre attention, les temps d’intervention sont délibérément courts et vous permettront de poser des questions. Des supports écrits pourront aussi être partagés par celles et ceux qui voudraient en dire davantage… Et puisqu’il n’y a pas de contraintes de déplacement, pourquoi ne pas organiser d’autres séances d’ici la fin du mois de novembre pour approfondir l’un des sujets avec les personnes intéressées ?

Notre abonnement sur Zoom permet de réunir jusqu’à 100 participants en simultané. Le fait d’avoir une caméra et un micro installés sur votre ordinateur n’est pas nécessaire pour assister aux présentations, mais c’est préférable si vous souhaitez vous joindre aux temps d’échanges en groupes proposés à la suite. Comme indiqué plus bas, vous pouvez même suivre les présentations avec un simple téléphone.

Si jamais nous atteignions la limite de 100 participants et que vous ne puissiez pas vous connecter à Zoom, j’indiquerai sur cette page comment voir malgré tout les présentations.

Il sera aussi possible de suivre les temps de présentation en différé jusqu’à la fin de mois de novembre, si vous êtes indisponible pour participer en direct. Toutefois, ces vidéos n’ont pas vocation à être publiées de façon pérenne.

Suite à l’appel à contribution, nous avons le plaisir de vous présenter le programme prévisionnel de nos rencontres.

Thomas Marshall  (organisateur des rencontres, membre du Bureau de l’Association Marcel Jousse)

 

Voici le déroulement effectif de ces rencontres qui ont réuni samedi et dimanche environ 35 participants, et que vous pouvez suivre en différé.

Si vous souhaitez être informé d’éventuelles suites à ces échanges dans les jours qui viennent, merci de vous inscrire à la lettre d’informations. Vous pouvez aussi nous écrire pour demander à rejoindre le réseau social “Réseau Marcel Jousse” sur la plateforme Whaller afin de partager avec d’autres passionnés de la pensée de Jousse et de ses prolongements contemporains.

Samedi 14 novembre de 14h30 à 17h :
Comprendre et diffuser la pensée de Jousse

Le programme

14h15 – Ouverture de la salle sur Zoom. Proposition de découvrir des histoires du pays de Jousse trouvées ici.

14h30 – Accueil par Thomas Marshall : présentation du déroulement, des possibilités d’interaction via Zoom

14h45 – Edgard Sienaert (15 min de présentation + 10 min de questions)

Comment et pourquoi j’ai intitulé mon livre en anglais sur Jousse : In search of coherence – “En quête de cohérence” ou “A la recherche d’une cohérence”

Edgard Sienaert est chercheur associé honoraire de l’Université du Free State à Bloemfontein en Afrique du Sud. Il est le traducteur en anglais de l’œuvre de Jousse. Il est président de l’Association Marcel Jousse depuis 2015. En savoir plus

15h10 – Titus Jacquignon (15 min de présentation + 10 min de questions)

“Le récit, le geste et le rythme” : un vade-mecum pour explorer la pensée de Jousse

Je présenterai le plan d’ensemble de ma thèse sur l’anthropologie de Jousse. J’ai travaillé à partir du corpus des transcriptions de cours de Jousse, là où sa pensée se donne de façon vivante. J’en ai effectué une synthèse afin de la rendre plus facile d’accès. Je vois dans l’anthropologie de l’expression humaine proposée par Jousse les ressources pour une approche des mondes non-modernes qui échappe à l’ethnocentrisme et à la colonisation culturelle.

Titus Jacquignon est dans l’attente de la soutenance de sa thèse de doctorat en sciences du langage à l’Université Bordeaux Montaigne, sous la direction de Jean Rémi Lapaire. Il est membre du Bureau de l’Association Marcel Jousse depuis 2015.

15h35 – Gabriel Bourdin (15 min de présentation + 10 min de questions)

A propos de mon travail pour faire connaître l’anthropologie de Jousse en Amérique Latine

Je vous parlerai de mon livre “La Jungla Antropológica”, et de la traduction en espagnol du livre qui a fait connaître Jousse en 1925 : “Le style oral”.

Originaire d’Argentine, Gabriel Bourdin est professeur d’anthropologie à l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM).

16h – Pause

16h10 – Clara-Elisabeth Vasseur (15 min de présentation + 10 min de questions)

L’aventure d’une thèse – Un travail d’équipe et non une traversée en solitaire

Entre la mise en place du projet de cotutelle en 2016, le moment critique de la soutenance il y a un an et l’achèvement avec la publication l’an prochain du livre chez Beauchesne, ce projet m’a conduit à des rencontres et à la découverte de documents historiques, qui seront publiés pour la première fois. Je présenterai mon plan général – tripartite – et comment se fait le passage entre “Marcel Jousse, philosophe, Dialogue avec Bergson.” (la thèse) et “Marcel Jousse, lecteur de Bergson” (le livre).

Clara-Elisabeth Vasseur a obtenu en 2020 un doctorat en philosophie pour sa thèse menée sous la direction d’Emmanuel Falque (Institut Catholique de Paris) et de Walter Schweidler, KU Eichstätt-Ingolstadt.

16h35 – Muriel Roland (15 min de présentation + 10 min de questions)

Le geste ou la fabrique du corps humain

Le corps humain produit-il des gestes ou est-il produit par des gestes? Au carrefour entre le corps matériel et les gestes culturels de la verticalisation, de la bipédie, etc., le Devenir-corps-psyché humain fait apparaître le geste comme instance majeure et nécessaire de l’humanisation.

Muriel Roland est artiste de théâtre, doctorante. Sa thèse en cours de rédaction a pour titre : « Le geste actoral antagoniste : Faire-voir-entendre le Devenir-corps de la psyché et le Devenir-psyché du corps », sous la direction de Katia Légeret.

17h – Clôture

17h05 – Fin de la séance

17h15 à 17h45 – Le Off : Après une petite pause, possibilité d’échanges informels en plusieurs groupes avec un ou plusieurs intervenants de l’après-midi.

 

Dimanche 15 novembre de 10h à 13h

Assemblée Générale

10h – Rapport moral et rapport financier : lecture et questions. Le vote, pour les membres à jour de leur cotisation, est par correspondance (mèl ou courrier).
Informations et questions diverses.

Recherches anthropologiques sur Jésus, la Bible et les Évangiles

10h40 – Francisco Garcia (15 min de présentation + 15 min de discussion)

Autour du plan de recherche pour ma thèse de doctorat : “La dimension trinitaire du geste humain dans l’Anthropologie de Marcel Jousse”

Francisco Garcia est curé d’un village appelé Abrera, en Espagne. Il prépare actuellement un doctorat en Théologie Spirituelle à l’Université Pontificale de Comillas à Madrid.

11h10 – Pierre Perrier (30 min de présentation + 20 min de discussion)

Annonce de la publication imminente du livre “Les Braises de la Révélation”

Cet ouvrage est le produit de cinq ans de travaux de Pierre Perrier et Bernard Scherrer pour retrouver le texte source en araméen oral, antérieur à la traduction et mise par écrit en grec des évangiles de Pierre (Marc) et Jean. C’est un livre avec une traduction en français mémorisable, pour permettre une tradition de style global-oral dans le cadre des groupes de mémorisation de « l’Évangile au cœur ». Mais ce sera aussi un des textes de base qui seront examinés dans le colloque du Vatican en 2021 sur la révision de l’histoire des premiers siècles chrétiens.

12h00 – Guylain Prince (30 min de présentation + 15 min de discussion)

Inviter Marcel Jousse au conclave de John P. Meier : La contribution d’une approche ethno-culturelle dans la quête du Jésus historique

Guylain Prince est franciscain, prêtre et bibliste. Il a été membre du conseil d’administration de l’Association canadienne du récitatif biblique pendant près de 30 ans. Il a traduit et commenté les textes, ainsi que composé des mélodies de récitatifs. Depuis septembre 2017, il poursuit sa recherche sur la contribution de Marcel Jousse à la recherche historique sur Jésus.

12h45 – Clôture de la séance

13h – Fin des rencontres

Rencontres à distance les 14 et 15 novembre : appel à contribution

La crise sanitaire ne nous permet pas de nous réunir à Paris comme chaque année, en novembre.
Le Bureau de l’Association Marcel Jousse a donc décidé de proposer un temps de présentations et échanges, ainsi que l’Assemblée Générale, par visioconférence.

La séance consacrée aux interventions aura lieu le samedi 14 novembre après-midi, en principe de 14h30 à 17h.

L’assemblée générale annuelle se tiendra : le dimanche 15 novembre à 10h. Et nous continuerons nos échanges jusqu’à 13h, en fonction des propositions et demandes.

Vous pouvez encore soutenir l’association par votre cotisation pour l’année 2020.

Les modalités de vidéo-conférence

L’Association Marcel Jousse a pris un abonnement à Zoom pour disposer d’un service de vidéo-conférence de qualité (par internet). Il sera possible d’accueillir jusqu’à 100 participants simultanément. Comme dans une grande salle, seuls l’orateur ou l’oratrice pourront s’exprimer, sauf si nous “donnons le micro” à un participant qui souhaite intervenir. En parallèle, un canal de partage par des messages textuels pourra être utilisé pour poser des questions. Enfin, s’il y a un besoin d’interactivité plus important, il sera possible de partager l’assemblée en plus petits groupes pour une durée déterminée.

Nous avons le souci que ce dispositif technique ne soit pas excluant. Il sera donc possible de s’y connecter soit par le biais d’un ordinateur, soit à défaut par le biais d’une ligne téléphonique (fixe ou portable). Nous vous donnerons des instructions précises pour faciliter votre connexion.

Le programme limite volontairement la durée des activités sur chaque journée afin de ménager nos capacités de concentration et la fatigue visuelle. Si nous avions trop d’interventions prévues par rapport au temps imparti, nous pourrons envisager d’ajouter des créneaux sur d’autres journées de novembre.

Pour palier à la moindre convivialité de la vidéo-conférence, pourquoi ne pas vous réunir à cette occasion avec quelques personnes de votre région qui s’intéressent à la pensée de Jousse ? L’écran de l’ordinateur dans le salon et hop, vous pouvez regarder ensemble des présentations et en discuter ensuite.

Appel à contributions

Chaque année, les rencontres de l’Association sont l’occasion de partager et de croiser une diversité de recherches théoriques et/ou appliquées en lien avec l’anthropologie du geste de Jousse. Il y a parfois une séance avec plusieurs conférences autour d’un thème. Nous n’en avons pas pour l’instant, donc nous sommes ouverts à toute proposition.

Nous serions particulièrement heureux d’accueillir des interventions de personnes qui n’ont pas habituellement la possibilité de se déplacer pour un week-end à Paris, qu’elles vivent en France ou partout ailleurs.

Il sera possible, pour les intervenants qui l’acceptent, que nous fassions un enregistrement vidéo de leur présentation : soit à conserver de façon interne à l’association, soit pour une diffusion sur la chaîne You Tube de l’association, de façon à donner une audience plus grande et pérenne à des présentations susceptibles d’intéresser un public plus large.

D’ailleurs, l’Association pourrait produire davantage de vidéos : nous avons pour cela besoin de bénévole(s) ayant un ordinateur assez puissant et le savoir-faire pour réaliser des montages simples. Contactez-nous !

Pour votre contribution, merci de nous écrire de préférence d’ici fin octobre en précisant :
– un titre et un court résumé pour votre intervention,
– la durée dont vous souhaitez disposer (10, 20, 30, 40 minutes).

Un temps de coordination préalable avec les membres du bureau et de test technique aura lieu afin que tout se passe de la manière la plus fluide possible le jour J.

Le changement humain, un geste après l’autre – Pierre Février

A l’invitation de l’Association Marcel Jousse, Pierre Février propose un atelier samedi 10 novembre 2018 à Paris.

Docteur en sciences, ingénieur chez Michelin, il est tombé sur l’ouvrage d’Edgard Sienaert “Au commencement était le mimisme” et cela a été pour lui une révélation (lire son témoignage publié sur le site). Ses recherches originales dans le domaine de la formation professionnelle et du développement personnel nous ont donné envie de l’inviter. Il nous fera expérimenter un processus issu de techniques théâtrales pour concrétiser nos intentions dans de nouvelles manières d’être et de faire.

L’atelier

Qui aurait l’idée d’offrir aux enfants pour Noël un livre pour leur apprendre à faire du vélo ? Alors que le fonctionnement d’une bicyclette suppose la maîtrise de phénomènes physiques complexes, on trouve tout naturel de l’apprendre avec son corps.

Mais lorsqu’un adulte veut apprendre comment être plus heureux dans sa vie, il achète des livres de développement personnel… Le constat que j’ai pu faire est que la lecture, même approfondie, de tels livres n’a pas eu beaucoup d’effet sur moi et sur mes comportements. De même, j’ai appris à être manager mais avec du recul c’est surtout en observant les autres manager et en me frottant au réel que j’ai appris à manager. Ce qui m’a conduit à explorer d’autres voies et sur ce chemin l’apport de l’anthropologie du Geste de Marcel Jousse a été déterminant.

Par des jeux corporels, nous ferons l’expérience de ses principes fondamentaux. Puis nous expérimenterons un processus pour l’incorporation de savoir-être, basé sur des techniques théâtrales. Le thème proposé pour l’atelier est celui du pardon.

Infos pratiques

Lieu :   92 bis Bd du Montparnasse – 75014 Paris

Repas possible sur place à partir de 12h avec d’autres participants, sur inscription préalable, pour 10 € par personne.

Pour vous inscrire, merci de contacter Élisabeth d’Eudeville

  • par mèl : elisabeth.deudeville*[arobase]*gmail.com
  • ou par courrier, avec votre chèque à l’ordre de l’Association Marcel Jousse, E. d’Eudeville, 108 avenue Denfert-Rochereau, 75014 Paris

Il est aussi possible d’apporter son pique-nique.

Atelier :  de 14h à 18h, ouvert à tous. Merci de vous inscrire par le formulaire ci-dessous afin de faciliter l’organisation.

Participation :

  • participation libre aux frais d’organisation
  • gratuit pour les adhérents de l’association

    Afin de faciliter l'organisation, nous vous remercions de vous pré-inscrire à l'aide du formulaire ci-dessous.

    Vos coordonnées resteront confidentielles.

    Pierre Février

    J’ai un diplôme d’ingénieur et un doctorat dans la spécialité dynamique des fluides. Après un post-doctorat aux États-Unis, j’ai rejoint le groupe Michelin en Recherche et Développement. J’ai travaillé pendant 9 ans dans le domaine de la recherche sur les problématiques d’adhérences, de sécurité routière et de comportement des véhicules, en tant que chercheur puis manager d’équipe. Puis j’ai été chef projet et manager pendant 7 ans dans la conception des pneumatiques tourisme. Depuis 2018, je travaille dans le service ressources humaines.

    En parallèle, j’ai une pratique régulière du théâtre en tant qu’amateur dans une troupe depuis 15 ans.

    L’article :

    Les participants recevront sous forme d’une brochure un très bel article de 22 pages dans lequel Pierre Février présente ses recherches. Ainsi, nous pourrons consacrer l’essentiel du temps à l’expérimentation et aux échanges… suivant l’invitation de Marcel Jousse à nous plonger dans des “laboratoires de prise de conscience”.

    Résumé

    Lorsqu’il s’agit de se développer et d’acquérir de nouveaux savoir-faire ou savoir être, que ce soit à titre personnel ou professionnel, nous avons habituellement recours au savoir : livres en développement personnel, formations en entreprise, sont principalement basés sur des approches discursives. Mais plus l’individu pousse l’abstraction, plus il développe la connaissance intellectuelle et moins il est capable de mettre cet enseignement en geste. On retrouve là une des problématiques des comédiens qui veulent travailler un personnage : plus vous poussez la connaissance intellectuelle d’un personnage, moins vous avez de facilité à le jouer (M. Chekhov). Il nous faut donc changer de paradigme : l’acte doit précéder la pensée, et une habitude doit précéder la capacité de susciter la pensée à volonté (Dewey). Il s’agit d’opérer une inversion par rapport à la psychologie ordinaire d’une pensée qui dirigerait le geste. C’est parce que l’on a incorporé les gestes en nous, que nous pouvons les convoquer par la pensée. Et c’est parce que ces gestes sont devenus de nouvelles habitudes qu’ils peuvent être convoqués à volonté.

    Devenir un homme libre, cela pourrait vouloir dire être dans la conduite et la conscience de ses gestes sans entrave extérieure, ni intérieure. La vraie liberté de la volonté implique de dégager celle-ci des attaches qui lient la spontanéité à l’habitude irréfléchie, de façon à pouvoir accomplir avec son corps les actions que l’on veut vraiment faire. Cette liberté n’est pas un don inné mais une compétence acquise (Dewey [1]). Pour qu’il y ait changement dans nos comportements, nous postulerons qu’il faut que ce changement se fasse dans le champ des habitudes. Comme le propose Alexander [1], il s’agit de remplacer les habitudes ‘inefficaces’ et ‘inintelligentes’ par de nouvelles habitudes positives ‘intelligentes’ et qui demeurent en permanence accessibles à un contrôle conscient. Ce travail est au cœur de la formule de Marcel Jousse : Il ne faut pas que le formulisme nous domine, il faut que nous utilisions le formulisme [2].

    En puisant dans l’Anthropologie du Geste de Marcel Jousse et en faisant un parallèle avec les pratiques des comédiens, cet article vise à identifier des idées forces pour orienter un travail de recherche sur la reconstruction des gestes et des habitudes. Une des propositions est qu’il y a une gestualité de la cognition [3], un lien étroit entre la vie intérieure et l’expression extérieure, ce qui nous donne en perspective la possibilité d’étendre les « techniques du corps » aux techniques « corps-esprit » [4]. A l’instar des comédiens, nous pourrions travailler nos gestes de « l’extérieur » vers « l’intérieur », c’est-à-dire travailler des gestes propositionnels de manière ample pour façonner notre vie intérieure et les répéter jusqu’à former de nouvelles habitudes.

    Quelques références :

    [1] Shusterman Richard. Conscience du corps. Pour une soma-esthétique, 2007

    [2] Sienaert Edgard. Au commencement était le mimisme. Essai de lecture globale des cours de Marcel Jousse. Association Marcel Jousse, 2014

    [3] Olivier G. La cognition gestuelle. Ou de l’écho à l’égo. Presses universitaires de Grenoble, 2012

    [4] Candau Joël, Gaucher Charles, Halloy Arnaud. “Geste et culture : état des lieux”. Anthropologie et sociétés, vol 36, N°3, 2012

    Le rapport moral de l’Association en novembre 2017 – Edgard Sienaert

    Association Marcel Jousse : Allocution pour l’Assemblée Générale annuelle 2017

    Je vous souhaite la bienvenue à cette 49ème assemblée générale annuelle de notre Association. En 1968, en effet, a été créée la Fondation Marcel Jousse, l’Association Marcel Jousse vingt ans plus tard, en 1988. Nous allons donc célébrer notre cinquantenaire l’année prochaine et nous aurons d’ici-là amplement le temps de réfléchir au chemin accompli et encore à parcourir. Je rappelle, à toutes fins utiles, la raison d’être de l’Association, formulée dans l’article 2.1 de nos statuts :

    Cette Association a pour but de promouvoir et développer l’étude et la diffusion fidèle de la pensée du professeur Marcel Jousse, par la connaissance de son œuvre et la continuation de ses travaux et plus généralement de promouvoir l’étude interdisciplinaire des fondements anthropologiques des traditions orales et de toute pédagogie.

    Voici maintenant ce qui a été fait depuis notre dernière réunion en novembre dernier. Certains points ont été abordé dans ma récente Lettre aux adhérents, mais pas tous.

    Le 28 mai 2016 notre Association a été heureuse de pouvoir collaborer à une initiative de Muriel Roland, dans le cadre de son programme Geste’Stations, initiative intitulée Rejouer les gestes de l’Univers – Sur les pas de Marcel Jousse. Les performances et interventions de cette journée peuvent être visitées ou revisitées sur deux vidéos, mises en ligne sur Artweb Paris 8. Les deux vidéos et le PDF explicatif qui les accompagne se trouvent aussi sur le site www.marceljousse.com

    Cette journée se prolonge d’autre part dans la publication internationale trimestrielle Degrés, revue de synthèse à orientation sémiologique, qui consacre son numéro de septembre aux Poïétiques du spectacle vivant entre recherche et création. Ce numéro inclut un article de Nadia Vadori-Gauthier, danseuse et praticienne somatique qui a participé à la journée du 28 mai, ainsi que le texte de référence de cette journée, et mon analyse de ce texte : Le geste doit précéder la parole. De l’anthropologie du mimisme de Marcel Jousse.

    Le bureau de l’Association a pris la décision importante de commander une nouvelle numérisation des CD des cours oraux de Marcel Jousse. Cette mise à jour des cours les rendra plus facilement lisibles pour les lecteurs et plus facilement consultables et publiables pour les chercheurs et praticiens de Jousse. Après avoir examiné plusieurs estimations de durée et de coût de l’opération, le bureau a opté pour la Société Arkhênum de Bordeaux, qui travaille notamment pour les Archives Nationales. Titus Jacquignon est l’intermédiaire entre la Société Arkhênum et notre Association. Jusqu’ici, l’ensemble des cours a été traité et une deuxième lecture est en cours. Il faudra une troisième lecture, celle-ci par des personnes connaissant l’œuvre de Jousse. Pour cela, il faudra constituer un comité éditorial.

    Une initiative en emmenant inévitablement une autre, cette digitalisation a induit notre webmestre Thomas Marshall à soulever la question de la gestion des droits d’auteur sur l’œuvre de Jousse et des cours en particulier. La question est importante, intellectuellement et légalement. Dans l’article fondateur de nos statuts, que j’ai cité, il y a un mot qui résume la difficulté : notre but est de promouvoir et développer l’étude et la diffusion fidèle de la pensée du professeur Marcel Jousse. Fidèle : comment décider de cette fidélité et comment la garantir, sans censurer ?

    Du point de vue international, l’année a été très fructueuse.

    L’anthropologue Gabriel Bourdin, de l’Université Autonome du Mexique, à Mexico, vient de terminer la traduction en espagnol du Style oral qui devrait être publiée dans le cours de l’année prochaine. Gabriel Bourdin est en train en même temps d’achever un long essai – il a aussi rédigé un essai de 160 pages sur la vie, l’œuvre et la pertinence (vigencia) de l’enseignement de Jousse dans le domaine des études anthropologiques.

    Avec l’Italie, nous avons depuis longtemps le contact suivi du musicologue Antonello Colimberti qui a publié, en 2012, une traduction de cours de Jousse en Sorbonne (1942-43) traitant du paysanisme (« Il contandino come maestro » – Le paysan comme maître) et plusieurs articles appuyés sur Jousse depuis. D’autre part, les éditions San Paolo veulent publier, en 2018 et 2019, les trois volumes de l’Anthropologie du geste, séparément en formats broché et électronique (« ebook »).

    Et surtout, nous avons avec nous Barbara Grespi, de l’Université de Bergame, et Chiara, qui a fait son doctorat en France et qui a traduit les cours de Jousse sur le cinéma dont Barbara nous parlera aujourd’hui.

    Un professeur de l’Université de Salvador de Bahia, Erico José Souza de Oliveira a commencé à écrire autour de Jousse.

    Quant au monde anglophone, j’ai eu publié, fin novembre dernier, « In search of coherence » – En quête de cohérence –, une présentation en anglais de l’ensemble de l’anthropologie du mimisme de Jousse. Il paraîtra, au début de l’année prochaine, une traduction des Dernières Dictées et des mémoires de Jousse sur la tradition orale araméo-galiléenne. Pour ces deux publications, j’ai eu l’appui très ferme de trois autorités en études néo-testamentaires : Werner Kelber, Richard Horsley et Kelly Iverson, tous les trois appuyant l’approche de Jousse en la matière. Il est évident que les joussiennes choses commencent à bouger dans ce monde-là. On me dira qu’après quarante ans d’efforts ce n’est pas trop tôt, mais le moulin universitaire moud lentement.

    J’aimerais terminer quelque peu par où j’ai commencé, et ce par le biais d’une anecdote personnelle que je voudrais tourner en proposition à discuter à un moment propice.

    J’ai fait un court séjour à l’hôpital universitaire à Bloemfontein et la veille de ma sortie, un médecin que m’était tout à inconnu m’a donné sa carte de visite, et puis a disparu. Or, sur cette carte de visite il a écrit de sa main : « Omnes una manet nox » – Une même nuit nous attend tous, ou, Tous nous entrerons dans la même nuit. Il s’avère que c’est un vers du poète latin du premier siècle, Horace, et un vers qui en explique un autre du même poète, mais beaucoup plus connu : « Carpe diem ». En effet, si nous sommes tous destinés à entrer dans une même nuit éternelle, pourquoi ne pas profiter du jour où nous sommes ?

    Jousse n’aimait guère Horace. Il rappelle dans un cours : « On nous a fait scander Horace et toute sa turpitude » (Sorbonne du 19 mars 1936) et, ailleurs, il parle de « ce sinistre Horace » (École des hautes études, le 27 janvier 1937). Il est vrai que Jousse est à l’opposé d’Horace. Pour Jousse, c’est notre ignorance qui nous fait appeler « la mort » ce qui est en réalité un mimodrame « qui est peut-être la vraie vie » parce que nous participons tous au grand souffle primordial de l’énergie universelle et que notre dernier souffle « remonte en Haut d’où il est venu ! » (Sorbonne du 3 mars 1955). A la nuit – nox – d’Horace, Jousse oppose la lumière – lux : « Je suis, dit-il, le grand angoissé de la clarté » (École d’anthropologie, le premier janvier 1937) ; ou encore : « Nous avons à vivre dans la clarté » (École d’anthropologie, le 18 janvier 1943). Ma proposition ainsi est que, si l’Association devait se chercher une devise, celle-ci pourrait bien être, et surtout dans les temps de confusion que nous vivons : « Vivre dans la clarté. »

    Je vous remercie,  Edgard Sienaert

    Paris, le 12 novembre 2017

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